jeudi 19 mars 2020

Histoire : Comment la France peut-elle célébrer le 19 mars 1962 ?

Le 19 mars 2016, le président de la République, François Hollande, s’était déshonoré en prenant la décision de commémorer, pour la première fois, la date du 19 mars 1962 et les « Accords d’Evian ».

Le président Emmanuel Macron a eu raison de l’affirmer : il y a bien eu « crimes contre l’humanité » en Algérie, mais ils ont été commis par les assassins du FLN et de l’ALN ce 19 mars 1962 et jusqu’en juillet de cette même année, et même au cours des mois qui ont suivi.
Le 19 mars 1962 : fin de la guerre d’Algérie ? Il s’agit-là d’un mensonge d’Etat.
Les « Accords d’Evian » obligeaient la France à un « cessez le feu » mais autorisaient ses ennemis à enlever, à assassiner, à massacrer, à volonté, de jeunes soldats, des civils innocents et des harkis, alors que l’armée française avait l’obligation de rester « l’arme au pied », sur ordre de De Gaulle.
Ce même jour, 19 mars 62, à Eckmühl (Oran), 16 personnes, dont 3 femmes, sont enfermées dans un hangar et l’ALN y met le feu. Elles toutes été carbonisées.
Ce même jour, la gendarmerie d’Oran signale que des dizaines d’européens sont séquestrés, jusqu’à ce que mort s’ensuive, pour servir de donneurs de sang pour les combattants de l’ALN. On les retrouvera la peau collée aux os et totalement vidés de leur sang.
Après ce 19 mars 62, et je cite sous le contrôle de M. Eugène-Jean Duval, inspecteur général des armées et les archives officielles :
*91 actions de guerre de l’ALN et du FLN contre la France.
*Le 20 mars, 18 soldats tués et trois blessés.
*90 soldats français disparus.
*239 soldats français fait prisonniers par l’ALN, qui ne sont jamais revenus.
*1580 civils européens disparus (dont des dizaines de femmes expédiées vers des bordels militaires de l’ALN).
*Entre le 19 mars et le 5 juillet 62, plus de 5000 enlèvements.
*1165 civils assassinés
*1773 disparus.
*Plus de 60.000 harkis massacrés, ainsi que leurs familles.
Interdiction par le gouvernement français, à la Croix Rouge Internationale, de s’y intéresser par ce télégramme (très secret) signé Louis Joxe et daté du 2 avril 1962 : « Je serais, pour ma part, hostile à une intervention quelconque de la Croix Rouge internationale dans tout ce qui concerne les arrestations et détentions d’européens. »
Après le 19 mars 62, blocus de Bab-el-Oued. L’armée française, l’aviation, les tanks, tirent sur les habitants.
*Le 26 mars 62, sur ordre de de Gaulle, confirmé par Christian Fouchet, Haut-commissaire en Algérie à l’époque et ministre de l’Intérieur par la suite, l’armée française tire sur une population désarmée qui manifestait devant la Grande Poste de la rue d’Isly, à Alger : plus de 50 morts et 200 blessés.
La France a reconnu officiellement des « morts pour la France », en Algérie, après ce 19 mars 62 et c’est bien la preuve que les « Accords d’Evian » n’ont jamais marqués la fin de la guerre.
Sous les ordres des généraux Ailleret et Katz, l’armée française a terminé cette guerre, gagnée totalement sur le terrain, dans le déshonneur le plus total.
Manuel Gomez


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