vendredi 23 mars 2018

Mgr Gollnisch: «Les questions que se posent les chrétiens en Syrie» (23.03.2018)


Mgr Gollnisch.

En pleine offensive sur la Goutha, le directeur général de l'Œuvre d'Orient s'interroge sur un discours officiel qui passe sous silence la complexité extrême sur le terrain.

Cela fait désormais sept années que la Syrie martyrisée est en guerre. Les horreurs de cette tragédie sont bien connues: morts, blessés, déplacés, réfugiés, ainsi que les villes détruites, une économie à bout de souffle, la fragilisation considérable des structures sociales de base. Les chrétiens de Syrie partagent les souffrances de la population dans son ensemble, mais ils voient de surcroît leur communauté menacée en tant que telle, malgré un début de retour et un effort de reconstruction.

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Les chrétiens de Syrie veulent des réponses

Ils entendent l'information occidentale condamnant l'attitude du gouvernement syrien, les bombardements des quartiers urbains, les prisons surchargées, les services secrets, etc. Mais ils aimeraient des réponses à leurs questions. Est-il vrai qu'avant le début de la crise les slogans des Frères musulmans étaient: «Les Alaouites au cimetière, les chrétiens au Liban»? Est-il vrai que, lors des premières manifestations considérées comme pacifiques, des armes étaient entassées dans certaines mosquées? Est-il vrai que les rebelles, en particulier dans la Ghouta orientale, ont retenu la population civile comme bouclier humain, exécutant sommairement ceux qui essayaient de fuir, tandis que des missiles étaient tirés vers la ville de Damas, en particulier sur les écoles chrétiennes? Est-il vrai que, durant les premières années de crise, les combattants djihadistes, les armes, les munitions, le pétrole et le coton vendus par Daech ont transité librement par la Turquie? De quels soutiens ont bénéficié les groupes proches de Daech mais aussi d'al-Qaida? Qui leur a livré des armes? Quelle est la situation des prisonniers et de la justice dans les zones rebelles, même en dehors des territoires de Daech? Est-ce que vraiment les Kurdes syriens représentent un danger pour la Turquie, au point de justifier l'entrée de l'armée turque en Syrie et en Irak? Est-il vrai que l'Observatoire syrien des droits de l'homme, considéré par beaucoup comme source exclusive d'information, est cofinancé par le Qatar?

Chacun se sent autorisé à intervenir selon ses intérêts

Je sais qu'en relayant ces questions on m'accusera de prendre parti pour un camp, alors que je souhaite seulement exposer la complexité extrême sur le terrain. Je m'y attends, j'y suis prêt. Pourtant, parce que prêtre et français - et donc non syrien -, je considère que je n'ai pas à m'immiscer dans la politique syrienne. Non que je n'aurais rien à dire, mais parce qu'il faut donner priorité à ce qui peut favoriser la paix. Parce qu'aujourd'hui la Syrie devient le terrain d'un jeu guerrier où chacun se sent autorisé à intervenir selon ses intérêts: l'Iran, la Russie, les pays du Golfe, les États-Unis, l'Europe, le Hezbollah. La Syrie et ses habitants ont le droit d'être entendus sur leur avenir.

Les rebelles doivent avoir le courage des concessions

Les chancelleries occidentales, il y a sept ans, ont misé sur la chute rapide du président Assad, sur le ralliement de la Russie au point de vue occidental, à la capacité des rebelles de former un gouvernement alternatif, laïque et démocratique. Sept ans plus tard, la réalité est tout autre ; il faudrait donc réévaluer les actions diplomatiques possibles.

Les rebelles doivent avoir le courage des concessions. Le gouvernement de Syrie ne doit pas se limiter à la victoire militaire. Il doit s'interroger sur les conditions de l'avenir et de la paix en Syrie.

La Syrie a besoin de prophètes qui lui redonnent confiance et espérance.


Publié le 23/03/2018 à 10h02

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