mercredi 15 novembre 2017

Islamisme et politique 13.11.2017

En Syrie, la guerre pour le pétrole (14.11.2017)
Qu'est-ce que le mouvement BDS, qui prône le boycott des produits israéliens ? (14.11.2017)
"Moi à 14 ans" : les Américaines se mobilisent sur Twitter autour du consentement
Loi renseignement : une première «boîte noire» activée pour surveiller les communications (14.11.2017)
Investigation: ce que préconise la police pour simplifier les procédures (14.11.2017)
Séisme en Iran: Nétanyahou propose l'aide d'Israël aux victimes (15.11.2017)
Le business juteux des marchands de sommeil dans les pavillons d'Île-de-France
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Alerte sur le niveau de la filière S au lycée
Laurent Wauquiez : «On ne construit pas l'Europe contre l'avis des peuples» (15.11.2017)
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Airbus annonce une commande historique de 430 avions moyen-courriers pour plus de 40 milliards de dollars (15.11.2017)
Zimbabwe : l'armée intervient mais dément un coup d'État (15.11.2017)
Les Australiens se prononcent en faveur du mariage gay (15.11.2017)
Retro : Jamais filmé, «le plus beau but» de Pelé reconstitué par la magie du virtuel (14.11.2017)
À Tourcoing, Emmanuel Macron appelle à une «mobilisation nationale» pour les quartiers (14.11.2017)
Un trésor médiéval «exceptionnel» découvert à l'abbaye de Cluny (15.11.2017)
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Agression sexuelle: un directeur de recherche du CNRS révoqué (14.11.2017)




En Syrie, la guerre pour le pétrole (14.11.2017)

Par Georges Malbrunot
Mis à jour le 14/11/2017 à 18h58 | Publié le 14/11/2017 à 18h05
REPORTAGE - Washington et Moscou bataillent pour contrôler l'or noir. Les Américains ont laissé fuir les djihadistes de Raqqa qui auraient abandonné en contrepartie un site pétrolier majeur. De leur côté, les Russes déploient des mercenaires pour garder les installations pétrolières reprises  à Daech.
Envoyé spécial à Damas
Dans l'immensité du désert, entre champs pétroliers et sites mésopotamiens dominant l'Euphrate, se joue une grande partie de l'avenir de la Syrie. Le pays, ravagé par sept ans de guerre, restera-t-il uni en un seul bloc au fur et à mesure que Damas regagne du terrain sur Daech? Ou sera-t-il, lorsque les armes se seront tues, amputé de territoires tenus aujourd'hui par les forces kurdes pro-américaines dans le nord-est du pays?
Le long du fleuve qui s'écoule jusqu'à l'Irak voisin, l'armée syrienne, alliée à la Russie et à l'Iran, est en concurrence frontale avec des combattants kurdes et arabes (FDS), appuyés par les États-Unis, pour récupérer le terrain cédé par Daech. La dernière grande bataille se joue à Abu Kamal, ville frontière avec l'Irak, que des djihadistes cachés dans des tunnels ont reprise à Damas, le 11 novembre, quelques jours après l'avoir perdue.
Mais ces ultimes combats dans le désert cachent un autre enjeu plus important à terme. Un triple enjeu en fait: quel sera l'avenir des Kurdes syriens qui aspirent à une certaine autonomie? Que deviendront les bases américaines qui les protègent et qui contrôlera le pétrole, arme indispensable pour financer les ambitions des uns et des autres?
Dans le salon de sa maison près du quartier rebelle de Jobar à Damas, Naji Homsi déplie la carte des installations pétrolières dans cette région au centre de toutes les convoitises. «Regardez les pipelines, l'un part vers Homs à l'ouest, l'autre vers Baniyas sur la Méditerranée, un autre vient de l'Irak», commente ce spécialiste du pétrole, au chômage depuis qu'il a quitté Deir ez-Zor en 2013.
«Aujourd'hui que le régime syrien regagne du terrain, la politique américaine vise à empêcher Bachar el-Assad de reprendre ces puits»
Un ambassadeur arabe à Damas
La plupart de ces puits, passés ensuite aux mains des djihadistes de l'État islamique, ont été repris ces derniers mois, grâce à l'appui américain, par les forces arabo-kurdes. «Mais aujourd'hui que le régime syrien regagne du terrain, la politique américaine vise à empêcher Bachar el-Assad de reprendre ces puits», confie un ambassadeur arabe à Damas.
Début octobre, l'armée syrienne s'est approchée de Conocco, la plus importante installation de gaz de Syrie, tenue par Daech, à une quinzaine de kilomètres de Deir ez-Zor. Mais dans un bombardement, l'aviation américaine avait déjà détruit la salle des opérations pour que Daech ne l'exploite pas. «800 millions de dollars investis par le gouvernement syrien sont partis en fumée», constate, amer, un homme d'affaires à Damas. «Ce ne sont pas n'importe quelles pièces qui sont détruites, renchérit Naji Homsi, mais des pièces détachées que l'on ne trouve pas sur le marché syrien, il faudra les acheter en Europe ou aux États-Unis, or la Syrie est sous sanction, donc ce sera théoriquement impossible.»
Le dernier épisode de cette guerre des sables eut lieu fin octobre autour du champ d'al-Omar, le plus important de Syrie (200.000 barils/jour avant 2011), à une quinzaine de kilomètres de la ville de Deir ez-Zor que Damas a reprise à Daech, avant les FDS, début novembre. L'armée syrienne était à 3 km seulement d'al-Omar, tenu par les djihadistes. Mais soudainement, l'aviation américaine a héliporté des forces arabo-kurdes positionnées à 45 km plus à l'ouest.
«J'accuse les Américains d'avoir entériné un accord entre les Kurdes et Daech»
Nawaf Bashir, un leader tribal de Deir ez-Zor
«J'accuse les Américains d'avoir entériné un accord entre les Kurdes et Daech, gronde Nawaf Bashir, un leader tribal de Deir ez-Zor. Les Kurdes ont autorisé 400 djihadistes à évacuer Raqqa vers Abu Kamal et en contrepartie, Daech a laissé les FDS prendre al-Omar. En une heure, dit-il, les pro-Américains ont repris le champ sans que Daech combatte.» D'où les critiques acerbes de la Russie qui accusa Washington de «troubler» les opérations antiterroristes dans cette région. D'autant que dans la foulée, les FDS ont repris également al-Jafra plus au nord, exploité avant la guerre par Total.
Pour contrer Washington, Moscou déploie des centaines d'hommes qui montent la garde autour des installations pétrolières reconquises à Daech. Il s'agit en fait de mercenaires privés appartenant à la société Evro Polis, dirigée par un oligarque Evgueni Prigozhin, proche de Vladimir Poutine, et à ChVK Wagner, qui recrute parmi des anciens «volontaires» de la Crimée. Ces «gros bras» opèrent déjà près de Palmyre au sud de Deir ez-Zor, où ils ont entamé la réparation des infrastructures stratégiques. Car le temps presse. Les entreprises pétrolières russes sont déjà à pied d'œuvre. En vertu d'un accord arraché à Bachar el-Assad, Moscou devrait rafler l'essentiel de la production pétrolière dans la Syrie de demain, laissant aux Iraniens les minerais, l'agriculture et certaines activités de raffinage.
Dans ces régions du Nord-Est, peuplées d'Arabes et de Kurdes, de plus en plus d'Arabes se sont, sous pression américaine, enrôlés depuis un an avec les forces kurdes pour chasser Daech. «Six mille membres de ma tribu, les Bagharas, ont combattu Daech avec les Kurdes à Raqqa», affirme Nawaf Bashir. «Mais quand ils vont voir que les Kurdes ne peuvent ni gérer Raqqa, et encore moins Deir ez-Zor, où les Arabes les détestent, les membres de ma tribu reviendront dans le giron de l'État syrien.» Celui-ci les courtise. Nawaf Bashir est une plus belle prise de guerre. En 2011, il a rejoint l'opposition syrienne en exil à Istanbul. «Mais j'ai rapidement découvert que c'est l'étranger, le Qatar en particulier avec ses alliés Frères musulmans, qui dictait notre agenda», se souvient le chef de clan en costume-cravate. En 2013, Nawaf Bashir a frappé de nouveau à la porte du pouvoir. «Cela m'a pris trois ans avant de rentrer, dit-il, des gens ici à Damas n'y étaient pas favorables». Menacé, il arrive au rendez-vous avec son escorte tribale. Pour prix de son ralliement, il a donné 600 hommes de sa tribu qui ont combattu à Deir ez-Zor au côté de l'armée syrienne et de ses alliés, le Hezbollah libanais et les Iraniens qui leur auraient donné des armes.
Américains et Égyptiens ont un autre homme dans leur chapeau : Ahmed Jarba, chef tribal de l'Est syrien et ancien leader de l'opposition à Assad.
De quel côté vont pencher les tribus arabes de l'Est syrien? «C'est l'argent qui les intéresse, elles iront avec le plus fort», tranche Tareq Ahmad, un responsable de la province de Homs.
Damas pourrait apparaître comme un recours, un moindre mal. «Regardez à Raqqa, rien ne se passe», constate Nawaf Bashir. La ville a été anéantie à plus de 80 % par quatre mois de bombardements de la coalition. «La situation humanitaire n'a jamais été aussi mauvaise», regrette le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). De 90.000, le nombre des réfugiés entassés dans des camps de fortune a grimpé à 300.000. «Les gens vont commencer à se plaindre», avertit le CICR. Or, en visitant la ville libérée, l'émissaire américain pour la lutte anti-Daech, Brett H. McGurck a bien prévenu: «On ne fera que de la stabilisation pas de reconstruction.» Bref, pas d'argent tant que Bachar el-Assad sera au pouvoir.
Des loyalistes affirment que Nawaf Bashir sera l'homme que Damas réinstallera, le moment venu, à Raqqa. «Une ville toujours occupée tant qu'elle n'est pas reconquise», a averti le ministre des Affaires étrangères, Walid el-Mouallem. «Le pari du régime de réinstaller Nawaf Bashir à Raqqa ne marchera pas», assure Abou Leyla, un opposant du nord-est, joint au téléphone. «Bashir s'est discrédité en revenant avec le régime. »
Américains et Égyptiens ont un autre homme dans leur chapeau: Ahmed Jarba, chef tribal de l'Est syrien et ancien leader de l'opposition à Assad. «Il a de l'argent, qu'il avait amassé du temps de Bandar Ben Sultan, le prince saoudien qui en avait fait son homme», confie un journaliste à Damas.
«Si les Américains lâchent les Kurdes, dans certaines villes comme Hassaké, les Arabes pourraient les attaquer»
Un journaliste syrien
Dans ce grand jeu, «combien de temps les États-Unis vont-ils soutenir les Kurdes?», s'est récemment interrogé, Robert Ford, l'ancien ambassadeur de Washington à Damas. Dans la région, le Pentagone dispose de plusieurs points de présence, en plus de deux bases entre Raqqa et Qamichli, où des avions peuvent atterrir. «Les Américains resteront dans le Nord-Est quelque temps encore», assure l'ambassadeur arabe à Damas. «Ils le doivent pour contrer l'avancée iranienne dans cette région limitrophe de l'Irak». Dans cette zone multiethnique, une autre menace affleure. «Si les Américains lâchent les Kurdes, dans certaines villes comme Hassaké, les Arabes pourraient les attaquer», prévient le journaliste syrien précité, qui rappelle que l'avancée kurde de ces dernières années s'est faite parfois aux prix d'exactions contre des civils arabes.
En attendant, «les Kurdes prennent des gages territoriaux pour mieux négocier», analyse le chercheur Fabrice Balanche à Washington. Un haut responsable militaire kurde est allé récemment à Moscou. Habilement, les Kurdes jouent de leurs amitiés avec les Américains, qui leur ont livré des armes, et avec les Russes, qui sont prêts à leur accorder une certaine autonomie dans la Syrie de demain. «On pourra leur concéder que le gouverneur de ces régions ne soit plus désigné par Bachar el-Assad, mais élu par leurs habitants», confie un proche du président.
Sous la pression de Moscou, Damas a dû faire des concessions. «Pour la première fois, mi-octobre, j'ai été autorisé par le régime syrien à présenter un projet kurde devant les principaux responsables du parti Baas», avoue Omar Oussi, ancien proche du leader kurde Abdullah Öcalan, resté favorable à Damas. Certaines sources ont même évoqué une offre du régime d'offrir aux Kurdes une certaine autonomie en échange de quoi ceux-ci se retireraient des territoires arabes du nord-est de la Syrie. Bref, alors que Daech recule, d'autres grandes manœuvres ont commencé.

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Grand reporter, spécialiste du Moyen-Orient
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Qu'est-ce que le mouvement BDS, qui prône le boycott des produits israéliens ? (14.11.2017)

  • Mis à jour le 14/11/2017 à 20:57 

  • Publié le 14/11/2017 à 20:56

FOCUS - Des élus français issus de la France insoumise et du Parti communiste sont désormais interdits d'entrée en Israël. Leur proximité avec Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) pourrait être en cause. Ce mouvement, créé en 2005, milite pour le rejet de produits israéliens en représailles de la politique de colonisation israélienne.
Sept élus français qui devaient se rendre en Israël dans le cadre d'une délégation de vingt parlementaires ont appris qu'ils n'en auraient pas le droit. Le ministère israélien de la Sécurité intérieure a fait part de sa volonté, lundi, de leur interdire l'entrée. Les motivations de cette décision n'ont pas été précisées, mais une source ministérielle a indiqué qu'elle avait été prise «après une enquête rapide du bureau des Affaires stratégiques». Or cette structure surveille notamment les activités de la campagne internationale Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), un mouvement propalestinien régulièrement sujet à controverse.
• Un mouvement initié en 2005
La campagne palestinienne Boycott, désinvestissement, sanctions est née en 2005 à Ramallah, à l'initiative d'Omar Barghouti, sans lien de parenté avec le prisonnier Marwane Barghouti que souhaitaient rencontrer les parlementaires. Ce mouvement se fonde sur un appel au boycott des produits confectionnés en Israël et des activités liées au pays afin d'exercer une pression publique contre les colonies israéliennes en territoires palestiniens, dont celles implantées depuis 1967 sont considérées comme illégales au regard du droit international. L'appel initial invitait «à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d'investissement contre Israëlsemblables à ceux appliqués à l'Afrique du Sud à l'époque de l'Apartheid».
Les domaines d'actions du BDS se veulent multiples: l'économie donc, mais aussi la culture, le sport ou l'éducation. Cette action dans plusieurs domaines et à plusieurs niveaux se retrouve dans le nom du mouvement. Le boycott touche à la consommation, quand l'idée de désinvestissement renvoie aux pressions exercées sur les entreprises et institutions pour ne plus coopérer avec Israël. Les sanctions font référence aux demandes de réactions internationales, et notamment la remise en cause des accords économiques avec l'Union européenne.
• Quelles revendications?
Le boycott «se poursuivra jusqu'à ce qu'Israël s'engage clairement dans le respect du droit international, la fin de l'occupation et de la colonisation», affirme BDS France. De fait, le mouvement demande «le droit au retour pour tous les réfugiés» palestiniens maintenus à l'extérieur des frontières israéliennes, «la fin de la colonisation, de l'occupation, du blocus de Gaza et le démantèlement du Mur» qui entoure la Cisjordanie, ainsi que «la fin de l'apartheid pour les Palestiniens de 1948», une référence à la minorité palestinienne d'Israël ayant fui la guerre.
L'action de BDS «ne vise pas des personnes ou des groupes en raison de leur origine ou de leur religion juive, ni leurs entreprises ou leurs produits», ajoute le mouvement, qui assure ne pas viser «la société israélienne ni les individus qui la composent, en tant que tels», mais bien «la politique coloniale d'occupation israélienne et ses partisans».
• Une branche BDS France formée en 2009
Quatre ans après le lancement du mouvement, dans la foulée de l'offensive israélienne «Plomb durci» sur Gaza, un appel à une campagne de ce type en France donne naissance à la branche française du BDS. À ce jour, un peu plus d'une cinquantaine d'organisations nationales y participent, dont des syndicats et des partis politiques.
Ce développement a donné lieu à une série de procédures judiciaires, notamment en raison d'une circulaire de février 2010 demandant aux parquets d'assurer une «répression ferme» contre les militants pro-boycott. Si ces derniers revendiquent leur droit à la liberté d'expression, les poursuites juridiques à leur encontre associent en effet leur discours à de la «provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne en raison de son origine ou de son appartenance ou non-appartenance à une ethnie, nation, race ou religion».
Plusieurs militants de BDS ont ainsi été poursuivis devant la justice française, avec des conséquences variées. En octobre 2015, la Cour de cassation a confirmé la condamnation à des dommages et intérêts et une amende de 14 personnes qui avaient appelé au boycott des produits israéliens dans un supermarché de Colmar, faisant de la France l'un des rares pays à condamner ce genre d'appel. L'année précédente, la relaxe de trois autres militants avait été confirmée en appel, fautes d'éléments de preuve. Plus récemment, en février 2017, la cour d'appel de Montpellier a également relaxé deux militantspoursuivis pour un message publié sur leur page Facebook, jugeant que les faits n'étaient pas qualifiés.
• Le boycott, une question qui a pris de l'ampleur
La question d'un boycott de certains ou de la totalité des produits israéliens a pris de l'ampleur au cours de la dernière décennie. En 2010, la décision de Veolia de se retirer du chantier de tramway à Jérusalem avait été perçue comme une possible réaction aux pressions politiques liées au fait que la ligne devait s'étendre à Jérusalem-Est. Une information toutefois démentie par l'opérateur français.
En 2015, l'annonce par le patron d'Orange d'une rupture possible d'un accord de licence avec l'opérateur israélien Partner avait suscité un début de crise diplomatique. Stéphane Richard avait par la suite reconnu auprès du Monde avoir «totalement sous-estimé» le caractère sensible, en Israël, de la question du boycott. Le sujet était pourtant brûlant: quelques mois plus tard, l'Union européenne imposait un étiquetage spécifique pour les produits fabriqués dans les colonies israéliennes, une décision qui remontait à 2012 mais n'avait jamais été concrétisée.
• Un impact limité mais surveillé
Outre les 171 ONG palestiniennes soutenant le mouvement, des personnalités ont également approuvé publiquement la démarche à son lancement, rappelle Jeune Afrique . Sur son site, le mouvement BDS international revendique d'ailleurs le soutien de personnalités américaines, parmi lesquelles le Nobel de la paix sud-africain Desmond Tutu. Le mouvement estime par ailleurs avoir une capacité à «influencer la façon dont la cause palestinienne est perçue publiquement».
L'influence économique et politique réelle du BDS reste difficile à évaluer et fait l'objet de débats. D'autant que le boycott revendiqué de tous les produits d'Israël peut être contesté par des partisans d'un boycott des seuls produits des colonies. Mais une chose semble certaine: l'impact politique de cette campagne est mis en avant par les autorités israéliennes. Signe de leur préoccupation et de leur fermeté sur ce sujet: en mars 2017, le Parlement israélien a adopté une loi visant à empêcher l'attribution de visas ou de permis de résidence à des ressortissants étrangers qui appellent au boycott, suscitant une controverse dans le pays.
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"Moi à 14 ans" : les Américaines se mobilisent sur Twitter autour du consentement
Mooréa Lahalle avec AFP | Le 14 novembre 2017
 #MeAt14, moi à 14 ans
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Alors qu'un magistrat est accusé d'agressions sexuelles par deux femmes, qui avaient 14 et 16 ans à l'époque des faits, anonymes et célèbres publient des photos d'elles à ces âges.
En ce moment
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#MeAt14 («Moi à 14 ans») est le nouveau hashtag qui entend sensibiliser à la notion de consentement sur Twitter. Depuis le 10 novembre, de nombreuses femmes américaines ont publié sur le réseau social des photos d'elles à 14 ans, accompagnées de légendes, afin de souligner l'importance de l'assentiment dans les relations.

Ces témoignages font suite aux accusations portées contre un magistrat républicain ultraconservateur. Roy Moore, aujourd'hui âgé de 70 ans, est soupçonné d'attouchements sexuels sur mineurs. Leigh Corfman, une des victimes présumées, a assuré le 9 novembre au Washington Post que l'homme l'avait embrassé alors qu'elle n'avait que 14 ans et lui 32. Il l'aurait également caressée à travers ses sous-vêtements lors d'une seconde entrevue. Une deuxième victime, Beverly Young Nelson, l'accuse quant à elle dans le New York Times d'avoir essayé de la violer dans une voiture lorsqu'elle avait 16 ans. Le candidat au siège de sénateur de Washington dément les faits. Mais le magistrat américain peine à convaincre. Et personnalités et anonymes prennent la parole sur le sujet, regroupées sous le hashtag #MeAt14.

Boule de neige

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 Catherine R L Lawson @catlawson
Can’t consent at 14.
Not in Alabama.
Not anywhere. #MeAt14
5:03 AM - Nov 10, 2017
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Catherine Lawson, avocate de Caroline du Nord, est la première à l'avoir utilisé. «Il n'y a pas de consentement à 14 ans. Pas en Alabama. Nulle part», a-t-elle écrit pour illustrer une photo d'elle adolescente. Un hashtag qui a ensuite eu l'effet d'une boule de neige. Pour souligner qu'à 14 ans l'on est encore une enfant.

Alyssa Milano, qui avait déjà réagi lors du lancement du hashtag #MeToo, a aussi publié une photo d'elle à 14 ans, précisant : «Je vénérais mon frère. J'adorais mon chien, Pucci. J'adorais OMD (Orchestral Manoeuvres in the Dark, groupe new wave, NDLR). J'avais les cheveux longs. J'étais heureuse. J'étais innocente. Partagez votre #MeAt14».

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 Alyssa Milano @Alyssa_Milano
#MeAt14 I worshipped my brother. I loved my dog, Pucci. I loved OMD. I had Big hair. I was happy. I was innocent.

Please share your #MeAt14.
5:34 AM - Nov 12, 2017
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Lizz Winstead, cofondatrice du célèbre «Daily Show», a posé la question sur Twitter : «Qui étiez-vous à 14 ans ?». «C'est moi à 14 ans. J'étais dans l'équipe de gymnastique et je chantais à la chorale. Je ne sortais pas avec un homme de 32 ans», a-t-elle écrit en légende d'un portrait d'elle à cet âge.

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 Lizz Winstead @lizzwinstead
This is me at 14. I was on the gymnastics team and sang in the choir. I was not dating a 32 year old man. Who were you at 14? Tweet a pic, tell us who you were and pic to the top of your page #MeAt14 #NoMoore
3:12 AM - Nov 12, 2017
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Aux témoignages de personnalités connues viennent s'ajouter ceux de nombreuses utilisatrices anonymes.

«C'est moi à 14 ans. Je ne sortais pas avec un homme de 32 ans. Je montais à cheval, je jouais au basketball et j'essayais de survivre à ma première année au lycée.» Avant d'ajouter #Moià14 et #NoMoore, en référence au nom du magistrat.

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 Sandra Londino @SandraLondino
This is me at 14. I wasn’t dating a 32 year old male. I was riding horses, playing basketball, and trying to survive freshman year of high school. #MeAt14 #NoMoore
5:13 PM - Nov 12, 2017
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«Moià14ans», «#PlusJamaisMoore», «RoyMooreDémissionne», avant d'ajouter «14 ans, c'est trop jeune pour consentir».

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 melissa goin beutler @melissagoin
#MeAt14#NoMoreMoore #RoyMooreStepDown
14 is too young to consent
8:42 AM - Nov 11, 2017
 1 1 Reply   9 9 Retweets   39 39 likes
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«Pas assez âgée pour conduire. Pas assez âgée pour travailler sans autorisation. Pas assez âgée pour voir un film interdit aux moins de 17 ans. Pas assez âgée pour consentir», a tweeté une autre utilisatrice.

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 Mary Ann Campbell @Memberberryvine
Not old enough to drive. Not old enough to work without a permit. Not old enough to see an R-rated movie. Not old enough to consent. #MeAt14
3:26 AM - Nov 12, 2017 · Virginia, USA
 11 11 Replies   351 351 Retweets   1,300 1,300 likes
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À la suite des révélations, de nombreux républicains, y compris le chef de la majorité au Sénat, ont appelé Roy Moore à retirer sa candidature et ont menacé de l'exclure de la chambre haute s'il était élu.

En Île-de-France, une campagne de sensibilisation a été lancée ce lundi. Intitulée #TuMaimesTuMeRespectes, elle s'adresse aux jeunes entre 15 et 18 ans et espère les aider à identifier les différentes formes de violences sexistes et sexuelles et à lutter contre elles.

Loi renseignement : une première «boîte noire» activée pour surveiller les communications (14.11.2017)

  • Mis à jour le 14/11/2017 à 15:49 

  • Publié le 14/11/2017 à 15:46

Ce dispositif donne aux services de renseignement français un moyen d'analyser automatiquement les métadonnées des communications Internet, notamment pour lutter contre le terrorisme.
De Grenoble
De nouvelles oreilles pour le renseignement. Longtemps inactives, les boîtes noires sont désormais en cours de déploiement. Francis Delon, le président de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR), l'a révélé à l'occasion d'une conférence organisée à Grenoble. Il précise qu'une première boîte noire a été activée «début octobre», à l'issue d'un «travail qui a duré plusieurs mois».
Prévu par l'article 851-3 du Code de la sécurité intérieure, le dispositif a été particulièrement critiqué en amont du vote de la loi renseignement de 2015. Il permet aux services de renseignement d'analyser de grandes quantités de métadonnées (relatives au contexte d'un message, comme son origine ou sa date d'envoi) à la volée, afin de détecter une éventuelle menace terroriste. Francis Delon se veut néanmoins rassurant. «Les données récoltées sont des données de connexion anonymisées, recueillies de façon non ciblée pour être mises dans une sorte de grande marmite étanche», a-t-il résumé, par une métaphore de son cru.
Aucune demande de désanonymisation à ce jour
«L'algorithme seul accède aux données et sort les éléments qui méritent l'attention», a indiqué Francis Delon. Les données brassées sont censées ne pas révéler le contenu des messages. Elles portent sur ce qui entoure les communications, à savoir qui communique avec qui, et quand ces communications ont été enregistrées.
En cas de détection de signaux laissant apparaître une menace terroriste, les services peuvent demander une «désanonymisation» des données. Cette initiative fait par la suite l'objet d'un avis de la CNCTR, nécessaire pour solliciter la mise en œuvre de techniques de surveillance ciblées. «Ces données ne sont pas accessibles au service avant que l'algorithme ait déterminé des éléments intéressants», a indiqué Francis Delon. D'après lui, aucune demande de «désanonymisation» n'a à ce jour été formulée par les services de renseignement.
Les modalités techniques de ce dispositif ne sont pas publiques. Aucun moyen, donc, de savoir chez quel acteur a été mis en place la première «boîte noire», ni même s'il s'agit d'un FAI ou d'un hébergeur. Une telle annonce devrait inquiéter les défenseurs des libertés numériques, qui voient en ces «boîtes noires» le dispositif de surveillance le plus massif déployé par les services de renseignement sur les communications des citoyens français. Parmi les associations qui s'étaient impliquées contre la loi renseignement, Amnesty International, le Conseil national du numérique ou La Quadrature du Net.
La rédaction vous conseille

Investigation: ce que préconise la police pour simplifier les procédures (14.11.2017)
Par Christophe Cornevin
Mis à jour le 15/11/2017 à 07h42 | Publié le 14/11/2017 à 20h26
INFO LE FIGARO - Une «feuille de route» nourrie par des enquêteurs de terrain est diffusée à tous les services pour être enrichie.
En première ligne face à la délinquance, les policiers veulent en finir avec les lourdeurs procédurales qui enkystent leur quotidien. Menacés d'embolie au point de provoquer une grogne au printemps dernier, ils entendent profiter de la bouffée d'oxygène que leur offrent les «chantiers de la justice», lancés par la garde des Sceaux, et qui donneront lieu à un projet de loi au printemps prochain pour jeter les bases d'une refonte de l'investigation. Pragmatique, la Direction générale de la police nationale a associé les 7 et 8 novembre derniers «31 acteurs de terrain, de tout grade et spécialité» à la rédaction d'une «feuille de route» ambitieuse. Préparatoire à la future police de sécurité du quotidien, elle se décline en trois objectifs et 29 propositions, dont Le Figaro dévoile le contenu. Diffusé ce mardi dans tous les services dans le but d'être enrichi, ce document vise à participer à un débat susceptible d'alléger le fardeau de 25.000 enquêteurs.
• Simplifier le traitement des procédures
La «feuille de route» propose d'«élargir le champ d'application des procédures simplifiées» aux contentieux de masse. Pour les petits litiges économiques ou encore des délits routiers, l'enquêteur pourrait recourir à un «seul et même procès-verbal» retraçant à la fois «l'interpellation, l'audition et la notification d'une décision du parquet» afin de pouvoir «traiter le dossier en temps réel», «éviter la multiplication des actes» et «dégager du temps pour les faits les plus graves». Au diapason avec leur ministre Gérard Collomb, les enquêteurs se disent en outre très enclins à la «mise en œuvre d'une amende forfaitaire pour réprimer des infractions relatives aux contentieux de masse qui font actuellement l'objet d'une absence de réponse pénale ou d'une réponse pénale d'un niveau limité (rappel à la loi, etc.)». Objectif? «Améliorer l'efficacité du traitement» et l'«effet dissuasif» en ce qui concerne l'usage des stupéfiants, la «conduite malgré la perte totale des points», la «vente à la sauvette», les «occupations de halls d'immeubles», les «vols à l'étalage», mais aussi le «recours à la prostitution». Seule limite: les policiers refuseraient les recouvrements en espèces.
La feuille de route suggère que les officiers de police judiciaire se voient faciliter le «recours au classement sans investigation» pour les contentieux de petite ou moyenne intensité»
Plus iconoclaste et risquant de heurter la sensibilité de magistrats très attentifs au sacro-saint principe d'opportunité des poursuites, la feuille de route suggère que les officiers de police judiciaire se voient faciliter le «recours au classement sans investigation» pour les contentieux de petite ou moyenne intensité. L'OPJ userait de ce pouvoir inédit quand «aucun élément ne constitue l'infraction» dénoncée, en raison de la «faiblesse du préjudice» ou en l'«absence d'éléments exploitables». Demandant en outre d'«étendre la durée de l'enquête de flagrance à un mois» et de supprimer «l'obligation de réaliser un acte par jour» afin de maintenir la procédure, les praticiens préconisent aussi de simplifier le «régime d'enquête applicable aux mineurs» en autorisant notamment le «recours à l'audition libre pour un mineur conduit librement au service». Pour l'heure, la loi impose la garde à vue et les lourdeurs qu'elle engendre. Enfin, l'idée de «créer un délai initial de garde à vue de 48 heures» pour le «crime, la délinquance organisée et le terrorisme» risque de faire grincer les juges.
• Moderniser l'enquête
Pour tordre le cou à l'hydre de papier qui les étouffe et obtenir des «gains majeurs à long terme (productivité, temps)», les policiers souhaitent «dématérialiser la procédure et sa transmission» aux magistrats, quels que soient les contentieux et les procédures signées électroniquement par les policiers, mis en cause ou témoins. La feuille de route propose de «développer un outil de gestion des gardes à vue» en remplacement des antédiluviens registres cartonnés où sont mentionnés à la main chaque incident, l'heure des repas et le résultat des fouilles. Par ailleurs, des «plateformes de garde à vue», à l'image de celle expérimentée dans le Bas-Rhin, pourraient se généraliser pour gérer les notifications des droits, la venue des familles, interprètes, médecins et avocats. Toujours au nom du «désengorgement des services», les policiers réclament le «dépôt de plainte 100 % en ligne» via un portail permettant «accessibilité et rapidité pour le citoyen» et un «traitement dématérialisé et rapide» pour la justice. Enfin, outre l'emploi d'un logiciel de reconnaissance vocale pour «gagner du temps dans la rédaction de tous les PV», un recours systématique à la visioconférence pourrait éviter de fastidieuses escortes pour prolonger une garde à vue ou présenter un mis en cause.
• Adapter les pouvoirs des enquêteurs
Pour alléger le fardeau des OPJ, devenu tellement pesant que ces derniers subissent une crise des vocations, les agents de police judiciaire (au grade de gardiens de la paix, NDLR) pourraient bénéficier d'un «champ élargi» pour effectuer des «contrôles d'alcoolémie et de conduite après usage de produits stupéfiants», exploiter les bandes de vidéo- protection en cas de risque de dépérissement de preuves. Outre l'extension de l'emploi des techniques spéciales d'enquête (sonorisation ou géolocalisation des terroristes) aux enlèvements, aux viols, voire aux cambriolages en série pour «simplifier le travail et réduire les risques de nullité», les enquêteurs souhaiteraient que chaque administration spécialisée (DGFiP, Ursaaf, CAF, équipements…) traite désormais ses contentieux de A à Z. Ce qui éviterait aux policiers de plonger dans d'inextricables dossiers de grues défectueuses ou de recouvrements qui les dépassent techniquement. Et participent à leur démotivation.

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Rédacteur en chef adjoint, spécialiste sécurité et renseignement
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Séisme en Iran: Nétanyahou propose l'aide d'Israël aux victimes (15.11.2017)
  • Par  Le Figaro.fr avec AFP 

  • Mis à jour le 15/11/2017 à 08:43 

  • Publié le 15/11/2017 à 07:54
Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a proposé qu'Israël fournisse par l'intermédiaire de la Croix-Rouge une aide médicale aux victimes du séisme qui a fait plus de 400 morts en Irak et surtout en Iran, pays considéré ennemi par l'Etat hébreu. «Après avoir vu les images déchirantes d'hommes, de femmes et d'enfants ensevelis sous les décombres, j'ai donné ordre de proposer à la Croix-Rouge une assistance médicale pour les victimes irakiennes et iraniennes», a affirmé hier soir Benyamin Nétanyahou.
Le Premier ministre a tenu ces propos diffusés aujourd'hui par les médias israéliens lors d'un discours-vidéo destiné aux participants de la Conférence des fédérations juives d'Amérique du Nord réunis à Los Angeles en Californie.
«J'ai affirmé à de nombreuses reprises que nous n'avons pas de conflit avec le peuple iranien. Notre conflit concerne uniquement le régime tyrannique qui les a pris (les Iraniens) en otages et menace notre destruction. Mais notre sens de l'humanité est plus fort que leur haine», a ajouté le Premier ministre.
Selon les médias israéliens, le Comité International de la Croix-Rouge a rejeté la proposition de Nétanyahou en raison du refus de tout contact des autorités iraniennes avec Israël. Israël et l'Iran se considèrent mutuellement contre des pays ennemis. Les dirigeants israéliens ne cessent de dénoncer les plans selon eux hégémoniques de Téhéran notamment en Syrie et au Liban, pays frontaliers d'Israël, ainsi que les ambitions nucléaires iraniennes.

Le business juteux des marchands de sommeil dans les pavillons d'Île-de-France

Par Jean-Yves Guérin
Mis à jour le 14/11/2017 à 18h58 | Publié le 13/11/2017 à 19h53
ENQUÊTE - L'exécutif veut durcir les sanctions contre les propriétaires qui louent des logements indignes dans des maisons.
Promis juré. Dans la prochaine loi logement qu'il présentera d'ici à la fin de l'année, le gouvernement va sévir contre les marchands de sommeil. Selon nos informations, quatre ou cinq articles viseront ces propriétaires sans scrupule qui logent dans des conditions indignes des populations précarisées. C'est qu'il y a urgence à agir. Car ces trafiquants d'un nouveau genre font preuve d'ingéniosité pour faire prospérer leurs sinistres affaires. «De plus en plus, les marchands de sommeil achètent des pavillons qu'ils découpent en micrologements au mépris de toutes les règles. Des familles se retrouvent dans des caves, des garages ou des abris de jardin à peine aménagés», affirme Geoffroy Didier, vice-président LR de la région Ile-de-France, qui a rendu un rapport en septembre sur ce qu'on appelle la «division pavillonnaire».
Si ce phénomène est en plein boom, c'est qu'il a les faveurs des marchands de sommeil: il leur permet de s'implanter plus discrètement que dans des immeubles.
Cette pratique touche essentiellement les banlieues populaires de Paris où l'on peut acquérir de grandes maisons en mauvais état à des prix dérisoires pour l'Ile-de-France (moins de 300.000 euros). Une mise qui rend ce business sordide très rentable car les loyers dans ces logements insalubres sont prohibitifs: 650 euros pour 15 m² à Pierrefitte-sur-Seine, 600 euros pour 16 m² à Stains, deux communes de Seine-Saint-Denis. Quand le pavillon est découpé en six lots, cela assure un revenu mensuel jusqu'à 3900 euros, souvent payé en liquide. Résultat: entre 2003 et 2013, une maison sur cent aurait fait l'objet d'une «division pavillonnaire» en Seine-Saint-Denis. Dans certaines communes du département, ces micrologements représenteraient 40 % de l'offre locative.
«La tension est telle sur le marché du logement en région parisienne que des populations fragilisées (familles monoparentales, immigrés parlant mal français…) acceptent de vivre dans ces logements, faute de mieux.»
Éric Constantin, directeur de l'agence Ile-de-France de la fondation Abbé Pierre
«La tension est telle sur le marché du logement en région parisienne que des populations fragilisées (familles monoparentales, immigrés parlant mal français…) acceptent de vivre dans ces logements, faute de mieux», estime Éric Constantin, directeur de l'agence Ile-de-France de la fondation Abbé Pierre. Ce problème est devenu une vraie préoccupation car ces pratiques font des dégâts à tous les étages: les victimes de ces marchands de sommeil vivent dans des conditions épouvantables (absence de lumière, isolation déficiente, risque d'incendie et de maladie…); les riverains se plaignent que, avec cette suroccupation des pavillons proches du leur, leur bien ait perdu de la valeur et que la vie quotidienne soit devenue difficile (manque de places de parking, multiplication des allées et venues qui nuisent à leur tranquillité…). Quant aux communes, elles doivent faire face à l'explosion des coûts liés à la densité excessive de population dans ces pavillons: ouverture de classes supplémentaires, renforcement du ramassage des ordures, etc. Évidemment, les élus ne restent pas les bras croisés face à ces marchands de sommeil et multiplient les procédures judiciaires contre cette nouvelle catégorie de gangsters. Mais, dans ces départements populaires, les tribunaux sont débordés. Et les affaires d'habitat indigne ne sont pas prioritaires.
«Dans 50 % des cas, les plaintes ne sont pas instruites. Et dans les dossiers qui vont au bout, il faut compter trois ou quatre ans pour avoir une condamnation.»
Stéphane Peu, député PC de Seine-Saint-Denis
«Dans 50 % des cas, les plaintes ne sont pas instruites. Et dans les dossiers qui vont au bout, il faut compter trois ou quatre ans pour avoir une condamnation», témoigne Stéphane Peu, député PC de Seine-Saint-Denis, qui déplore qu'il n'y ait plus dans ce département que trois officiers de police judiciaire affectés à l'habitat indigne contre sept auparavant. La faiblesse des condamnations prononcées par la justice explique aussi que les marchands de sommeil continuent à prospérer. Certes, cette année, le tribunal de grande instance de Bobigny a condamné un couple de marchands de sommeil, qui exerçait ses sinistres talents à Aubervilliers, à dix-huit mois de prison ferme pour l'un et douze mois pour l'autre. Avec en prime la confiscation d'un pavillon. Mais il est très rare que les sanctions soient aussi lourdes. Du coup, les communes en sont réduites à utiliser des biais pour effrayer ces rois de l'arnaque: par exemple, la mairie de Saint-Denis a fait radier du barreau un avocat condamné pour des faits de ce genre. Pour enrayer ce phénomène, Geoffroy Didier a ébauché quelques pistes. «Il faudrait confisquer systématiquement son bien au marchand de sommeil et lui interdire d'en acheter d'autres», glisse-t-il. Rendez-vous dans quelques semaines pour voir si l'exécutif reprend ces propositions.
Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 14/11/2017. Accédez à sa version PDF en cliquant ici
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Journaliste
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Père Matthieu Rougé : «Traduire les Écritures… une œuvre redoutable» (15.11.2017)
Par Jean-Marie Guénois
Mis à jour le 15/11/2017 à 19h02 | Publié le 15/11/2017 à 18h52
INTERVIEW - Le Père Matthieu Rougé, professeur à la faculté Notre-Dame (Collège des Bernardins), explique la nouvelle version du «Notre Père» à travers l'histoire du christianisme.
LE FIGARO.- Pourquoi le «Notre Père» est-il la prière la plus importante du christianisme?
Père Matthieu ROUGÉ - L«Notre Père»est la prière que Jésus lui-même a enseignée à ses disciples, en les invitant à ne pas «rabâcher comme les païens». Inspirée de la prière juive du kaddish - récitée en particulier à l'occasion des obsèques -, elle en constitue une réinterprétation. Jésus engage ceux qui croient en Lui à invoquer Dieu fraternellement comme leur père, à cultiver par la prière une relation de confiance filiale en Dieu et d'ouverture à l'accomplissement de Sa volonté. Se découvrir et se vouloir enfant de Dieu, c'est l'expérience centrale de la vie chrétienne.
Pourquoi cette prière du Christ ne figure-t-elle que dans deux Évangiles sur quatre?
Chez Matthieu et Luc (qui donnent une version très proche du «Notre Père»), les paroles mêmes de Jésus sont plus nombreuses que chez Marc, attentif cependant à montrer Jésus tourné et entraînant vers le Père, qu'il nomme «Abba». Quant à Jean, il déploie magnifiquement la prière filiale de Jésus et de ses disciples au chapitre 17 de son Évangile. Même si la lettre de l'Écriture et sa traduction sont importantes, le plus décisif demeure l'esprit que suscite la lettre et que chaque évangéliste présente et nourrit avec son génie et sa grâce propres.
«Les premiers traités sur la prière, chez saint Augustin par exemple, se sont présentés comme des explications du “Notre Père”»
L'usage de cette prière s'est-il imposé dès le début du christianisme?
Le «Notre Père» est devenu d'emblée la prière quotidienne - et même pluriquotidienne - des chrétiens. La préparation des adultes au baptême s'est structurée dès l'Antiquité autour de l'apprentissage de la foi et de la vie spirituelle par les commentaires du Symbole des Apôtres (le Credo) et du «Notre Père». Les premiers traités sur la prière, chez saint Augustin par exemple, se sont présentés comme des explications du «Notre Père».
La traduction du «Notre Père» a-t-elle fait l'objet de variations importantes ou de controverses notables dans l'histoire du christianisme?
Traduire les Écritures est toujours pour les croyants une œuvre redoutable, car il s'agit de répercuter la Parole de Dieu. En même temps, il s'agit d'un acte d'interprétation qui fait partie de la vérité de l'acte humain de foi. Par ailleurs, l'hébreu et l'araméen «se cachent» derrière le grec des Évangiles et le latin de la liturgie traditionnelle, ce qui peut susciter des difficultés de compréhension supplémentaires. L'universalité de la foi chrétienne et la nécessité de traduire les Évangiles et les mots de la prière dans toutes les langues de la Terre constituent également un immense défi. Les discussions qui aboutissent au changement actuel ont pu être vives car elles touchent le plus quotidien et le plus intime de la prière chrétienne. Mais elles constituent surtout une occasion privilégiée de mettre en œuvre une dynamique d'interrogation et d'approfondissement qui fait partie de la vie de foi pleinement authentique.
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Rédacteur en chef,
chargé des religions
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Alerte sur le niveau de la filière S au lycée
Cours de mathématiques au lycée Arago, à Paris.
  1.  

  1. Actualité

  1. France
http://plus.lefigaro.fr/sites/default/files/imagecache/Petite/images/avatar-journalistes-defaut.jpg
Par Paul de Coustin
Mis à jour le 15/11/2017 à 18h41 | Publié le 15/11/2017 à 18h36
Les professeurs de classes préparatoires scientifiques et l'Académie des sciences estiment que les jeunes ne sont pas assez bien formés, notamment en mathématiques.
Pour lui, l'équation est simple: il faut redonner aux lycéens «un goût prononcé pour les sciences». Mickaël Prost, président de l'Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques (UPS), veut profiter de la réforme du baccalauréat engagée par le ministère de l'Éducation nationale pour appeler à la refondation de l'enseignement scientifique au lycée. Ouverte ce lundi, la consultation menée par le ministère verra se succéder quelque 70 entretiens bilatéraux jusqu'au mois de janvier, dont l'un sera accordé à l'UPS. Un rapport sera rendu au mois de février pour guider une réforme du baccalauréat, et par extension, du déroulement des trois années de lycée.
«La filière S ne remplit plus son rôle de formation en sciences au lycée et il y a un consensus, dans les formations scienti­fiques de l'enseignement supérieur, pour pousser un cri d'alarme»
Mickaël Prost, président de l'UPS et professeur de mathématiques en classe préparatoire au lycée Chaptal
«La filière S ne remplit plus son rôle de formation en sciences au lycée», accuse le professeur de mathématiques en classe préparatoire au lycée Chaptal, à Paris. Très prisée des parents d'élèves pour sa réputation de filière sélective et prestigieuse, la série scientifique serait devenue «une filière généraliste» vidée de son «bagage scientifique». «Il y a un consensus, dans les formations scientifiques de l'enseignement supérieur, pour pousser un cri d'alarme», assure Mickaël Prost. Une note publiée à la fin du mois d'octobre par l'Académie des sciences appelle également à une restructuration de «l'enseignement de la physique, de la chimie et des mathématiques dans la série S». Une vingtaine de membres de l'Académie ainsi que plusieurs enseignants et universitaires dressent un bilan préoccupant des réformes successives du lycée, menées en 2000 et 2010. «Les programmes sont dispersés, émiettés, et ils ne préparent plus les lycéens de la série S à l'enseignement supérieur scientifique», résume Éric Westhof, membre de l'Académie des sciences, délégué à l'éducation.
Recréer les «synergies naturelles»
Dans le viseur de l'Académie, la réduction du volume horaire dévolu aux sciences. «En classe de première, en physique et chimie, un passage de 4 h 30 hebdomadaires (2001) à 3 heures (2011), et en mathématiques, un passage de 5 heures hebdomadaires à 4 heures», compte l'Académie. Ensuite, les signataires de la note déplorent les lacunes «très importantes» des élèves en calcul, dues à «l'utilisation mal gérée des calculettes». Enfin, à cause d'une dispersion des programmes et des contenus, les académiciens regrettent «la disparition du lien» entre les différentes matières. «On a supprimé l'usage des mathématiques en physique pour éviter de confronter les élèves aux difficultés», abonde Mickaël Prost, qui estime que les lycéens ne mettent plus «les mains dans le cambouis».
«Un lycée modulaire pourra permettre aux lycées d'inciter les élèves à suivre des parcours fortement structurés, cohérents»
Mickaël Prost, président de l'UPS et professeur de mathématiques en classe préparatoire au lycée Chaptal
Les conséquences «négatives» de ces réformes sont confirmées, selon Mickaël Prost et la note de l'Académie, par «l'effondrement de la France» dans les enquêtes internationales. En décembre 2016, le classement Pisa, qui évalue le niveau des élèves de 15 ans des pays de l'OCDE, classait l'Hexagone en 26e position en sciences, juste au-dessus de la moyenne. Peu avant, le classement TIMSS, qui évaluait le niveau des élèves de CM1, plaçait les jeunes Français bons derniers (22e) de l'Union européenne en mathématiques, et avant-derniers en sciences, devant Chypre.
En février, l'Assemblée nationale réagissait en prenant une résolution sur l'enseignement des sciences à l'école et au lycée. «Nos décideurs ont été interpellés», note Mickaël Prost, qui se réjouit qu'une «véritable concertation» soit ouverte par le ministère. Si le sujet prioritaire semble être la réforme du bac, «il s'agit avant tout de réformer le lycée» pour le président de l'UPS. Lui compte bien relayer le cri d'alarme de ses collègues enseignants et professeurs scientifiques auprès du ministère de l'Éducation nationale. Il considère par exemple la suppression envisagée des séries L, ES et S comme «très intéressante». «Un lycée modulaire pourra permettre aux lycées d'inciter les élèves à suivre des parcours fortement structurés, cohérents.» Et ainsi de recréer les «synergies naturelles entre les matières scientifiques». Attention tout de même, selon Mickaël Prost, à ne pas tomber dans l'écueil du «tout à la carte», qui pourrait entraîner un «éparpillement disciplinaire».
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Laurent Wauquiez : «On ne construit pas l'Europe contre l'avis des peuples» (15.11.2017)
Par Arnaud de La Grange et Marion MourgueMis à jour le 15/11/2017 à 18h50 | Publié le 15/11/2017 à 18h30
INTERVIEW - Le candidat à la présidence des Républicains propose son projet pour l'Union européenne, face à celui d'Emmanuel Macron.
LE FIGARO. - Alain Juppé a évoqué un «grand mouvement central» pour les européennes. Était-ce une erreur?
Laurent WAUQUIEZ. - J'ai beaucoup de considération pour Alain Juppé. Il souhaite ouvrir un débat sur l'Europe, tant mieux! La famille politique que je veux refonder ne doit pas avoir peur de ces débats. Ma vocation est de rassembler, y compris lorsque s'expriment des positions différentes. Le deuxième débat qui est ouvert par Alain Juppé est celui d'un grand parti central où la droite et les socialistes se fondraient autour d'Emmanuel Macron. C'est pour moi une profonde erreur. Cette alliance contre nature ouvrirait la voie à une droite qui ne fait rien, qui ne sait plus où sont ses valeurs. Ensuite, ce parti unique ouvrirait un large espace aux extrêmes. Et je sais qu'Alain Juppé est très préoccupé de cela. Tout mon combat, c'est de rappeler cette évidence: la droite n'est pas soluble dans En marche! et la démocratie française a besoin de la droite républicaine. Ce que je veux reconstruire, c'est une alternative face à Emmanuel Macron ; les Français ont le droit au choix.
«Je proposerai au contraire que sur le prochain mandat du Parlement européen il n'y ait plus aucun élargissement»
Laurent Wauquiez, candidat à la présidence des Républicains
Prônez-vous des listes LR pour les européennes?
Bien sûr. Et au fond Alain Juppé lui-même a précisé sa pensée. C'est une profonde erreur que de commencer à poser la question par le plus petit bout de la lorgnette, celle des alliances électorales. La droite ne peut être une simple décalcomanie de la vision que porte Emmanuel Macron. Nous avons au contraire de profondes différences d'approche.
Qu'est-ce qui distingue votre projet de celui d'Emmanuel Macron?
Emmanuel Macron fait trois erreurs. Premièrement, il reprend tous les poncifs des discours européens depuis les années 1950. Son projet consiste à continuer comme si de rien était. Or tout a changé. Les peuples ont exprimé des doutes, le Royaume-Uni est en passe de sortir de l'Union européenne, celle-ci est de moins en moins opérationnelle. On est au bord du gouffre et Emmanuel Macron propose de faire un pas en avant et d'élargir l'Union aux Balkans. Je proposerai au contraire que sur le prochain mandat du Parlement européen il n'y ait plus aucun élargissement. Emmanuel Macron renvoie avec mépris tous les doutes exprimés par les Européens à des passions tristes au lieu de chercher à les comprendre. La deuxième erreur d'Emmanuel Macron, c'est de n'avoir toujours pas compris qu'on ne fera pas l'Europe contre les peuples.
Vous parliez de trois erreurs...
Sa profonde erreur, c'est aussi d'opposer la souveraineté française à la construction européenne quand il faut au contraire les marier ; c'est de penser qu'il faut aller vers toujours plus de fédéralisme. Je crois au contraire à l'Union des États nations.
Que pensez-vous de la une de Time qui place Macron en leader de l'Europe?
Un vrai leadership implique de défendre les intérêts de la France! Le leadership, c'était quand Nicolas Sarkozy présidait l'Union européenne. Quand on va brader Alstom en nous faisant croire que l'on va créer un géant européen, il n'y a ni leadership européen ni défense des intérêts français.
«Je crois profondément qu'il y a un autre chemin à trouver entre le fédéralisme technocratique de Macron et le Frexit de Le Pen et Mélenchon»Laurent WAUQUIEZ
Laurent Wauquiez, candidat à la présidence des Républicains
Quel projet européen défendez-vous?
Je crois profondément qu'il y a un autre chemin à trouver entre le fédéralisme technocratique de Macron et le Frexit de Le Pen et Mélenchon. Nous devons sortir de l'opposition entre proeuropéens et eurosceptiques. Emmanuel Macron a tort de les opposer. Moi, je veux réconcilier, rassembler.
Le risque de fracture est fort à droite…
Je ne le crois pas. Le chemin que je propose est la réconciliation entre la famille issue de Monnet et la filiation de Séguin pour sortir du gouffre ouvert au moment de Maastricht. À l'époque, on a sédimenté deux blocs: celui des proeuropéens qui excluaient de faire la moindre critique sur l'Union européenne et celui des eurosceptiques qui donnaient le sentiment de vouloir tuer l'Europe. Le moment est venu de les réunir.
L'Europe ne sert-elle pas souvent de bouc émissaire pour les politiques?
C'est vrai. Les politiques français ont affublé l'Europe de tous les maux qu'ils n'étaient pas capables de traiter par lâcheté. L'Europe n'est pas responsable des difficultés actuelles de la France. Comme François Fillon l'avait compris, si la France veut changer l'Europe, qu'elle commence par se changer elle-même.
«Si on veut sauver l'Europe, il faut la refonder profondément. Je veux que la France prenne l'initiative d'un traité de refondation de l'Union européenne»
Laurent Wauquiez, candidat à la présidence des Républicains
On vous accole l'étiquette d'eurosceptique. Vous définissez-vous comme «européen»?
Je rejette l'étiquette d'eurosceptique ; je suis un européen convaincu. Face à la mondialisation et pour que la France pèse et se protège, il est indispensable de s'adosser à l'Europe qui doit être un bouclier de protection et un moteur de conquête. Mais je refuse de continuer comme nous l'avons fait depuis quarante ans. C'est ce qui a amené l'Europe dans l'impasse. Si on veut sauver l'Europe, il faut la refonder profondément. Je veux que la France prenne l'initiative d'un traité de refondation de l'Union européenne.
Quels seraient les grands piliers de cette refondation?
Il y a quatre grands axes selon moi. Le premier, c'est de revoir l'architecture de l'Union européenne comme le propose Édouard Balladur. À vingt-sept, cela ne marche pas. Je propose donc d'organiser l'Europe autour de trois cercles. Le premier, c'est un noyau dur, sans doute autour de douze pays, dans lequel nous devrons aller beaucoup plus loin en matière d'harmonisation fiscale, de droit du travail, de règles sociales, pour supprimer le dumping social. Autour, un deuxième cercle, celui de la zone euro, dans laquelle l'objectif principal serait de renforcer tout ce qui permet de soutenir l'euro et d'en faire un outil monétaire au service de la création d'emplois et de valeur. Ensuite le troisième cercle: une zone de libre-échange renforcée, dans laquelle il faudra redonner des compétences de la Commission aux États-membres s'ils le souhaitent. Et le Royaume-Uni y aurait toute sa place.
Le Brexit est-il donc une erreur?
Je suis ahuri de voir qu'on se félicite de se séparer de la deuxième économie européenne! Grâce à cette organisation en cercles, nous pourrions proposer au Royaume-Uni de réintégrer une Union européenne qui correspondrait à ce que sont ses attentes, sans pour autant affaiblir ce que nous nous souhaitons pour l'Europe.
Et les autres axes?
La deuxième chose que je souhaite, c'est que l'Europe réassume ses valeurs et sa civilisation. Emmanuel Macron a tort: il n'y a pas de nation européenne. Il y a en revanche une civilisation européenne. L'Union européenne s'est construite sur une vision de marché économique mais on a fini par oublier les fondamentaux de sa culture humaniste qui sont à la base du projet européen: les racines gréco-latines, les racines judéo-chrétiennes et l'héritage des révolutions et des Lumières. Ils devront figurer dans le traité de refondation. La troisième chose, c'est de faire le toilettage des compétences de l'Union européenne et des projets. Cela fait combien de temps que l'on n'est pas parvenu à illustrer l'apport de l'Union européenne à travers un grand projet?
«Je préconise que la France retrouve la souveraineté sur sa politique migratoire et qu'on bâtisse un nouveau Schengen, sans cette politique migratoire»
Laurent Wauquiez, candidat à la présidence des Républicains
Quels projets proposez-vous?
J'en suggère quatre. D'abord, prendre une grande initiative pour que l'Europe soit le premier continent au monde à découvrir les vaccins contre les maladies neuro-dégénératives et Alzheimer. Deuxièmement, que l'Europe prenne l'initiative d'une couverture intégrale du territoire européen en 4G, avec 30 gigas de débit minimum. Troisièmement, Erasmus. Seulement 5 % d'une génération d'étudiants font Erasmus, c'est anormal. Nous devrions concentrer les investissements sur la jeunesse, l'avenir. Enfin, que l'Union européenne prenne elle-même la réalisation de grands équipements. Toutes les grandes infrastructures européennes sont à l'arrêt parce qu'elles dépendent des cofinancements des États. L'UE peut faire pourtant là la preuve de son utilité.
Où, ailleurs, est-elle inutile?
Il y a des domaines où cela ne marche pas et il faut que l'on puisse en sortir sans que cela soit un drame. L'Europe de l'immigration, cela ne marche pas! Je préconise que la France retrouve la souveraineté sur sa politique migratoire et qu'on bâtisse un nouveau Schengen, sans cette politique migratoire. Au fond, une règle simple: partout où on est plus fort ensemble, on s'appuie sur l'Europe. Ailleurs, la liberté. Enfin, dernier élément de cette refondation, retrouver le but initial de l'Europe, défendre nos emplois, faire grandir nos entreprises. C'était l'ambition initiale des pères fondateurs. Jusqu'à Amsterdam, la préférence communautaire était fixée comme un des objectifs de l'Union européenne. Je souhaite donc un «buy european act», qui donne une priorité d'accès aux marchés publics, comme le font les Américains pour défendre leurs intérêts.
«J'ai été ministre des Affaires européennes, j'ai vu l'ankylose progressive de l'Europe. Je refuse le décrochage de l'Europe comme je refuse celui de la France, c'est le même combat»
Laurent Wauquiez, candidat à la présidence des Républicains
Pour ce traité de refondation, êtes-vous partisan d'un référendum?
Oui, car on ne construit pas l'Europe contre l'avis des peuples.
Sur l'Europe, vous avez évolué…
À 18 ans, j'étais un fédéraliste européen, j'étais convaincu que ma génération serait celle qui élirait un président de l'Europe au suffrage universel. Et croyez-moi, je suis malheureux de la perte de ce rêve européen car j'ai l'ambition européenne chevillée au corps. Mais ma conviction est que cela passe aujourd'hui par un discours de lucidité et non d'utopie qui empêche l'Europe d'ouvrir les yeux sur ce qui est en train de la tuer. J'ai été ministre des Affaires européennes, j'ai vu l'ankylose progressive de l'Europe. Je refuse le décrochage de l'Europe comme je refuse celui de la France, c'est le même combat. Je ne suis pas un homme de résignation.

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Violences sexuelles: le délicat travail des forces de l'ordre pour recueillir les plaintes (15.11.2017)
Par Caroline Piquet
Mis à jour le 15/11/2017 à 18h00 | Publié le 15/11/2017 à 17h56
Plusieurs gendarmes et policiers expliquent au Figaro comment ils prennent les plaintes pour violences sexuelles et comment ils accueillent les victimes dans les commissariats et brigades de gendarmerie.
Dans la foulée de l'affaire Weinstein, les services de police et de gendarmerie ont vu le nombre de plaintes pour violences sexuelles augmenter ces dernières semaines. Rien que sur le mois d'octobre - par rapport à la même période de 2016 -, elles ont bondi de 23% en zone police (+445 faits) et de 30% en zone gendarmerie (+360 faits), annonçait lundi le ministère de l'Intérieur. Beaucoup y voient l'effet de l'affaire Weinstein, du nom de ce producteur américain accusé par une centaine de femmes de harcèlement sexuel. L'appel sur les réseaux sociaux sous les hashtags #balancetonporc et #metoo à dénoncer harcèlement et agressions sexuelles a eu pour effet de libérer la parole des victimes et a vraisemblablement poussé certaines à porter plainte.
Les autorités ont pris l'affaire très au sérieux. Dans les commissariats, les policiers ont été sensibilisés oralement aux conditions d'accueil des victimes. «On a rappelé aux collègues qu'il fallait être particulièrement attentifs à ce qu'elles disaient et à la manière dont elles étaient reçues», explique Yvan Assioma, secrétaire régional Paris du syndicat de police Alliance. De même, dans une note envoyée le 10 novembre, le directeur général de la gendarmerie Richard Lizurey rappelait que «la lutte contre les violences faites aux femmes exige(ait) une mobilisation de l'ensemble des échelons et unités de la gendarmerie nationale».
Prendre rendez-vous par téléphone
Franchir la porte du commissariat ou de la brigade de gendarmerie, avancer jusqu'à l'accueil et dire pouquoi on veut porter plainte: c'est sans doute une des étapes les plus difficiles pour les victimes de violences sexuelles. Parfois, il faut l'annoncer dans le brouhaha d'un poste de police ou de gendarmerie très fréquenté, entre un vol à l'arraché et un cambriolage, sans trop d'intimité. «C'est vrai que ce n'est pas forcément évident pour la victime de dire le motif de sa présence dans ces conditions», admet Thierry Guerrero, gendarme dans une brigade territoriale de Gironde. «Nos locaux sont parfois anciens, mal adaptés à ce genre de situation. Et malheureusement, on ne peut pas leur réserver un accueil particulier», ajoute le président de l'Association Gendarmes et citoyens qui conseille aux victimes de prendre rendez-vous par téléphone afin de s'éviter un moment potentiellement gênant. C'est d'ailleurs une des raisons qui pousse la ministre de la Justice Nicole Belloubet à réfléchir un système de préplainte en ligne pour les victimes d'agressions sexuelles. Une solution intéressante, selon plusieurs gendarmes et policiers.
«Nous, on connaît la victime depuis deux minutes, mais elle, ça fait des années qu'elle pense à ce moment-là»
Kervin Jorcin, vice-président de l'Association professionnelle nationale des militaires de la gendarmerie du XXIème siècle
«On fait toujours en sorte d'accueillir les victimes dans les meilleures conditions», promet de son côté Kervin Jorcin, gendarme dans une brigade du Tarn-et-Garonne. «Dès qu'on sent une gêne chez la victime, on prend le temps de s'isoler et on essaie de comprendre le motif de sa venue», raconte celui qui est aussi vice-président de l'Association professionnelle nationale des militaires de la gendarmerie du XXIe siècle. Pour les cas les plus lourds, il n'est pas rare que la victime éclate en sanglots. «Porter plainte est souvent l'aboutissement d'un long chemin intellectuel», tient à rappeler le militaire. «Le fait de venir nous voir est souvent un moment très intense pour elle. Nous, on la connaît depuis deux minutes, mais elle, ça fait des années qu'elle pense à ce moment-là».
Généralement, gendarme ou policier propose ensuite à la victime de s'installer dans un bureau pour qu'elle puisse raconter son histoire. «Et si ce n'est pas possible - parce qu'on est en sous-effectif par exemple - on lui donne rendez-vous pour pouvoir l'accueillir dans de bonnes conditions», insiste Kevin Jorcin. Car il en est convaincu: «La première prise de contact avec la victime est cruciale. Si vous la laissez partir sans l'avoir écouté, il se peut qu'elle ne revienne jamais.»
Pas de question commençant par «Pourquoi»
La première audition de la victime est tout aussi capitale. À charge pour l'enquêteur de récolter le maximum d'éléments pour mener à bien ses investigations. «La difficulté ici, c'est de rentrer dans son intimité et de la mettre en confiance pour qu'elle livre de manière spontanée et sincère son histoire», explique encore le gendarme Kevin Jorcin. À Paris, Sébastien*, qui a travaillé pendant plusieurs années à la Brigade locale de protection de la famille, fait en sorte de rassurer la plaignante: dès le début de l'entretien, «je lui dis qu'elle a bien fait de venir, je lui présente mes collègues avec qui je partage le bureau et je la préviens qu'on va lui poser des questions très intimes». Et «si la victime préfère être seule, mes collègues sortent», ajoute le policier.
Le début de l'audition est toujours libre. «On laisse la victime parler, sans l'interrompre, on part du principe qu'elle est de bonne foi et c'est ensuite qu'on va commencer à l'interroger», décrit le lieutenant-colonel Karine Lejeune, porte-parole de la gendarmerie. Pour mener son audition, qui peut durer jusqu'à trois-quatre heures pour les cas les plus difficiles, le gendarme s'appuie sur le Logiciel de rédaction des procédures de la gendarmerie nationale, autrement appelé «LRPGN» («LRP PN 3» chez les policiers, ndlr), à partir duquel il pourra suivre une grille de questions spécifiques à poser à la victime. «L'objectif, c'est d'être le plus complet possible pour lui éviter d'une part de multiplier les auditions et d'autre part, pour opposer un maximum d'éléments à l'auteur des faits le moment venu», explique le gendarme Kevin Jorcin. L'enquêteur reste toutefois libre de poser ses questions mais il se doit de respecter certaines règles. Par exemple, «on ne pose jamais de question commençant par “pourquoi” parce que c'est trop accusatoire et trop culpabilisant pour la victime», détaille le lieutenant-colonel Lejeune.
Feuille blanche
Lorsque la victime a du mal à parler, il faut alors trouver «un moyen de déclencher la parole», raconte ensuite le militaire Thierry Guerrero. Il se souvient notamment de cette «gamine de 13 ans» prostituée par sa mère. «Au départ, elle ne parlait pas. Et puis je lui ai proposé d'écrire. Je l'ai laissée seule avec une feuille blanche et un crayon et elle a fini par tout me raconter. À chaque fois, il faut trouver un angle d'attaque», résume-t-il. Dans certains commissariats, les policiers peuvent compter sur la présence d'un psychologue. «Mais ce n'est pas possible partout», souligne Sébastien, le policier parisien.
Interroger la victime, c'est aussi poser des questions délicates, parfois crues. Certaines peuvent même paraître intrusives ou gênantes. C'est notamment le cas lorsque la victime est interrogée sur sa tenue vestimentaire. «Je sais que cette question peut choquer mais nous la posons pour déterminer la personnalité de l'auteur et pour dater les faits», explique le maréchal des logis-chef Guerrero. «Loin de nous l'idée d'insinuer que la victime a provoqué son agresseur si elle portait telle ou telle tenue.» À l'inverse, d'autres questions, étonnantes, sont encore posées, comme celle-ci: «Avez-vous pris du plaisir pendant l'agression?» Lors d'une interview, un gendarme nous a confié l'avoir déjà demandé à une victime, sans pouvoir expliquer clairement en quoi cet élément pouvait contribuer à faire avancer l'enquête. Interrogée à ce sujet, la porte-parole de la gendarmerie nous a confirmé que cette question était «illégitime» et n'avait pas à être posée.
Des référents et un kit pédagogique
Comment policiers et gendarmes sont-ils formés à accueillir les victimes de violences sexuelles? Il n'existe à ce stade aucune formation spécifique à ce sujet. Pour autant, les élèves policiers et gendarmes apprennent, dans leur formation initiale, à accueillir le public et en particulier les victimes avec des mises en situation. Durant leur carrière, ils peuvent s'appuyer sur un réseau de «référents violences intrafamiliales», notamment formés aux problématiques des violences faites aux femmes: ils sont 1800 dans la gendarmerie, 1300 dans la police. «Ces derniers forment leurs collègues, les conseillent et peuvent intervenir sur les cas les plus graves», précise le lieutenant-colonel Karine Lejeune, porte-parole de la gendarmerie.
En 2015, un kit pédagogique intitulé Anna, comprenant un court-métrage et une fiche réflexe, a également été diffusé aux forces de l'ordre pour les aider à l'audition des victimes de violences conjugales et sexuelles. Il y a aussi des journées de sensibilisation et des colloques auxquelles les gendarmes et policiers peuvent assister sur la base du volontariat. Par exemple, la police organise vendredi dans les Yvelines une journée de sensibilisation sur les violences au sein du couple. «Cela fait très longtemps que la police attire l'attention de ses agents à ces problématiques», assure-t-on à la Direction générale de la police nationale. «Déjà en 1987, un colloque avait été organisé sur les violences faites aux femmes.» Dans la pratique, certains d'entre eux n'ont pas toujours l'impression d'être suffisamment formés. «On apprend beaucoup sur le tas», estime le gendarme Thierry Guerrero. «Je travaille sur des acquis mais rien ne me dit que j'ai les bons réflexes», ajoute son collègue Kevin Jorcin qui dit avoir assisté à une «simple information» de deux heures sur le sujet il y a plusieurs années.
«Jamais de la vie on ne devrait décourager une victime à porter plainte»
Thierry Guerrero, président de l'Association Gendarmes et citoyens
Les policiers et gendarmes interrogés par Le Figaro sont relativement d'accord pour dire que l'accueil des victimes reste «perfectible». Après l'affaire Weinstein, certaines victimes ayant témoigné sur les réseaux sociaux ou dans les médias ont fait part de leurs mauvaises expériences lorsqu'elles étaient allées porter plainte. Remarques déplacées, blagues sexistes... Le policier Sébastien n'est pas surpris: «On est recruté sur concours, la police est le reflet de la société. Donc vous avez des gens biens mais aussi des lourdauds et des imbéciles.»
D'autres victimes avaient parfois l'impression qu'on les décourageait en leur disant que la procédure n'aboutirait pas ou lorsqu'elles repartaient avec une simple main courante. «Je sais que ça existe», reconnaît le gendarme Thierry Guerrero. «Jamais de la vie on ne devrait décourager une victime. Ce n'est pas à nous d'apprécier l'issue d'une plainte», ajoute-t-il, tout en précisant que ces comportements sont «minoritaires». Le maréchal des logis-chef Jorcin abonde: «Certains sont tentés par la facilité en consignant des faits d'agressions sexuelles sous la forme d'un renseignement judiciaire (main courante chez les policiers). Je l'ai vu faire et je le combats», affirme-t-il. Tous tiennent tout de même à souligner des évolutions positives. «J'ai vu des collègues changer de comportement et se montrer plus prévenants avec des victimes», poursuit le gendarme Kevin Jorcin. «Même les associations reconnaissent qu'on a fait des progrès», conclut le lieutenant-colonel Lejeune.
* Le prénom a été modifié.
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Menace terroriste: Belgique-Japon a failli être annulé
  • Par  Le Figaro.fr avec AFP 

  • Mis à jour le 15/11/2017 à 07:54 

  • Publié le 15/11/2017 à 07:50
Le match de football qui opposait la Belgique au Japon (1-0) mardi soir à Bruges a failli être annulé en raison d'une menace terroriste jugée crédible par la police belge, rapportaient des médias locaux mercredi. «Une heure avant le match, nous ne savions pas si nous allions jouer», a pour sa part déclaré Stefaan Van Loock, porte-parole de la fédération belge.
Selon divers médias, lors d'écoutes téléphoniques, la police de Bruxelles a entendu parler d'un attentat programmé au stade Jan Breydel. La police de Bruges en a été avisée ainsi que l'organisme en charge de l'analyse de la menace (OCAM).
L'annulation du match a été un moment envisagée et les contrôles à l'entrée du stade ont été renforcés. En raison de ces contrôles, plusieurs centaines de spectateurs n'ont pu pénétrer dans le stade qu'une demi-heure après le début de la rencontre. Les analyses de la police se sont finalement révélées rassurantes et, à la fin de la rencontre, les spectateurs ont pu quitter le stade sans problème.

Daech menace Lionel Messi et le Mondial en Russie (25.10.2017)
  • Mis à jour le 25/10/2017 à 11:40
Lionel Messi avec le maillot du FC Barcelone le 21 octobre dernier face à Malaga. Crédits photo : GTRES/SFP / Panoramic
LE SCAN SPORT - L'Etat Islamique a diffusé un montage photo représentant l'attaquant argentin, l'œil ensanglanté et emprisonné.
La sécurité face au terrorisme sera l'un des grands enjeux de la Coupe du monde 2018 en Russie (14 juin-15 juillet 2018). A moins d'un an de la compétition, l'Etat Islamique vient de faire planer la menace d'attaques lors de l'événement avec la diffusion d'un photomontage via l'un de ses canaux de propagande, Wafa Media Foundation. Ce cliché montre Lionel Messi, en habit de prisonnier derrière les barreaux, le teint blafard avec une larme de sang coulant sur son visage. Selon le journal La Nacion, l'entourage de Lionel Messi n'a pas accordé d'importance à ce montage.

Crédits photo : Twitter
Repéré par l'agence Site Intel Group spécialisée sur les questions liées au terrorisme, l'affiche de propagande est accompagnée de la légende: «Vous combattez un Etat qui ne connait pas le mot échec». Cette nouvelle intimidation intervient au moment où l'Etat Islamique recule sur tous les fronts en Syrie avec la récente perte de la ville de Raqqa, dernier fief de l'organisation terroriste.
L'Etat Islamique a déjà menacé la Russie et la Coupe du monde
Ce n'est pas la première fois que l'EI cible le monde du football. Un récent photomontage montrait un combattant masqué armé aux côtés d'une bombe devant le logo du Mondial avec, en arrière-plan, un des stades de la compétition. La semaine passée, un cliché similaire représentait un djihadiste en tenue de combat, de dos et le regard tourné vers un stade russe avec une charge explosive à ses pieds, accompagné d'un message s'en prenant aux «ennemis de Allah».

Airbus annonce une commande historique de 430 avions moyen-courriers pour plus de 40 milliards de dollars (15.11.2017)
  • Par  Le Figaro.fr avec AFP 

  • Mis à jour le 15/11/2017 à 08:19 

  • Publié le 15/11/2017 à 06:46
Airbus vient de confirmer une commande historique de 430 moyen-courriers pour un montant supérieur à 40 milliards de dollars. Cette commande, de l'entreprise américaine d'investissements Indigo Partners, une société d'investissement spécialisée dans la location d'avions à des sociétés à bas coût, fondée par l'américain Bill Franke, l'une des figures les plus influentes du monde aérien, porte sur des A320neo et des A321neo, la version re-motorisée du best-seller d'Airbus, selon cette source.
Dépasser Boeing
Cette commande est la plus importante de l'histoire d'Airbus. Elle va plus que doubler le carnet de commandes nettes du géant européen cette année, qui ressortait à 288 appareils à fin octobre. Elle permettrait également à Airbus de dépasser son rival américain Boeing en commandes cette année, avec 718 commandes contre 605 pour le groupe américain à ce jour.
Cette commande permettra également de renforcer le leadership d'Airbus sur le marché des moyen-courriers re-motorisés, que le groupe de Toulouse domine avec plus de 55% des parts de marché. Il devrait ainsi dépasser les 5.500 appareils commandés depuis le lancement de l'A320neo en 2010. Boeing a de son côté engrangé plus de 4.000 commandes pour les différentes versions du 737 MAX. Les deux appareils sont dotés de moteurs de nouvelle génération qui leur permettent de réduire de 15% la consommation de carburant par rapport aux actuels A320ceo et 737 NG.
Ce sera enfin l'un des derniers grand coup de l'emblématique directeur commercial d'Airbus, John Leahy, qui se prépare à quitter le groupe après avoir vendu près de 15.000 avions durant sa carrière. 
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Zimbabwe : l'armée intervient mais dément un coup d'État (15.11.2017)

  • Mis à jour le 15/11/2017 à 08:02 

  • Publié le 15/11/2017 à 07:04

Des officiers de l'armée ont fait irruption dans la nuit à la télévision nationale. Ils ont expliqué viser des «criminels» dans l'entourage du président Robert Mugabe, affirmant que ce dernier est sain et sauf. Ce matin, des blindés contrôlent les accès au Parlement et aux bureaux où se réunit le gouvernement.
Des blindés de l'armée du Zimbabwe contrôlent ce mercredi matin, dans la capitale Harare, les accès au Parlement, au siège du parti au pouvoir et aux bureaux où le président Robert Mugabe réunit son gouvernement.
Dans la nuit, des officiers de l'armée ont annoncé être intervenus pour éliminer des «criminels» proches du président mais ont démenti toute tentative de coup d'État contre le maître absolu du pays depuis 1980. «Dès que notre mission sera accomplie, a affirmé le général Sibusiso Moyo à la télévision nationale, nous nous attendons à ce que la situation retourne à la normale». «Nous assurons à la Nation que son Excellence le président (...) et sa famille sont sains et saufs et que leur sécurité est garantie», a-t-il ajouté.
Mercredi matin, des soldats empêchaient les véhicules de passer devant le Parlement. Des échanges de tirs nourrisont été entendus dans la nuit près de la résidence privée de Robert Mugabe, a rapporté un témoin à l'Agence France-Presse. Mardi, un convoi de blindés avait été observé en mouvement près de la capitale, nourrissant les rumeurs d'un coup d'État militaire en préparation contre le président, qui règne sans partage sur le pays depuis son indépendance. Dans un communiqué publié tard mardi soir, l'ambassade des États-Unis au Zimbabwe avait recommandé à ses ressortissants de rester chez eux «à l'abri» en raison des «incertitudes politiques».
Robert Mugabe, 93 ans, est engagé dans un bras de fer sans précédent avec le chef de l'armée qui a dénoncé lundi sa décision de limoger le vice-président Mnangagwa. L'armée pourrait «intervenir» si cette «purge» ne cessait pas au sein du parti présidentiel, avait mis en garde devant la presse le chef d'état-major, le général Constantino Chiwenga.
Le parti du président Mugabe, la Zanu-PF, a accusé en retour mardi le chef de l'armée de «conduite relevant de la trahison» et dénoncé sa volonté de «perturber la paix nationale» et «encourager au soulèvement».
L'ancien vice-président Mnangagwa a été démis de ses fonctions et a fui le pays, après un bras de fer avec la Première dame, Grace Mugabe. Figure controversée connue pour ses accès de colère, Grace Mugabe compte de nombreux opposants au sein du parti et du gouvernement. Avec le limogeage de Mnangagwa, Grace Mugabe se retrouve en position idéale pour succéder à son époux. Le sort du chef d'état-major de l'armée restait inconnu tôt mercredi matin.
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Les Australiens se prononcent en faveur du mariage gay (15.11.2017)

  • Mis à jour le 15/11/2017 à 08:13

  • Publié le 15/11/2017 à 07:57
Alors qu'ils avaient deux mois pour se prononcer lors d'un vote postal, 62% des 12,7 millions de votants ont voté pour la légalistion du mariage homosexuel en Australie. Il doit à présent être entériné dans la loi pour être légal. Des scènes de liesse ont eu lieu dans plusieurs villes du pays.
Les Australiens ont dit «oui» au mariage gay. Invités à se prononcer lors d'un vote postal, une consultation non contraignante qui a duré deux mois, 62% des 12,7 millions de votants ont accepté le mariage homosexuel. La publication des résultats, qui doivent à présent être entérinés dans la loi, a donné lieu, mercredi, à des manifestations de joie à travers le pays.
Dans toute l'Australie, des milliers de partisans du mariage entre personnes du même sexe sont descendus dans la rue pour danser et chanter sous des nuages de confettis. Le premier ministre Malcolm Turnbull a souhaité que la loi soit modifiée d'ici à Noël. Les Australiens se «sont exprimés par millions et ils ont voté à une très grande majorité pour l'égalité devant le mariage», a-t-il dit aux journalistes. «Ils ont voté oui pour la justice, l'engagement et l'amour».
Près de 80% de l'électorat a participé à la consultation alors que beaucoup craignaient que les jeunes nés à l'ère d'Internet refusent de s'exprimer par courrier. «Cela veut tout dire, cela veut tout dire», s'est réjoui Chrys, un manifestant lors d'un rassemblement géant à Sydney.

D'après le Bureau australien des statistiques, qui a organisé le vote, le «oui» l'a emporté dans chacun des États et territoires du vaste pays-continent. Le «non» a recueilli 38,4% des suffrages. «Les Australiens peuvent être certains que ces chiffres reflètent les vues de l'électorat», a déclaré David Kalisch, chef du Bureau des statistiques.
Le premier ministre, personnellement favorable au mariage entre personnes du même sexe, avait organisé cette consultation pour faire pression sur les parlementaires hostiles à la réforme, pour la plupart issus de son propre camp conservateur. Malcom Turnbull s'est dit certain que les parlementaires voteraient «en leur âme et conscience», sans tenir compte de la ligne de leur parti, pour modifier la loi. L'Australie semble ainsi partie pour tourner la page après des années d'impasse politique sur le sujet.
Alan Joyce, le patron d'origine irlandaise de la compagnie aérienne Qantas, qui n'a jamais fait mystère de son homosexualité, avait du mal à retenir ses larmes. «J'étais si fier de l'Irlande qui a voté pour l'égalité devant le mariage en mai 2015. Mais aujourd'hui, je suis encore plus fier de l'Australie, le pays que j'ai choisi.»
Le projet de loi présenté au Sénat jeudi
Les partisans du «non» ont félicité leurs adversaires mais prévenu qu'ils chercheraient à obtenir des exemptions et concessions. «En démocratie, ce n'est pas parce qu'on gagne qu'on peut avancer comme un bulldozer», a déclaré le sénateur Eric Abetz, militant pur et dur du «non». «Il faut se rappeler qu'il y a 4,8 millions d'Australiens qui ont en fait voté non. Est-ce qu'on va refuser de les entendre? Ou va-t-on tenter d'apaiser leurs craintes afin de pouvoir avancer en tant que nation?»
La ligne dure du Parti libéral de Malcolm Turnbull va tenter d'obtenir des changements législatifs pour permettre aux entreprises organisatrices de mariages de refuser des couples homosexuels ou aux parents de retirer leurs enfants des écoles portant atteinte à leurs yeux aux valeurs traditionnelles. Le premier ministre et l'opposition travailliste eux sont favorables à un projet de loi plus simple qui légaliserait le mariage gay tout en permettant à certaines institutions religieuses de refuser de marier les couples homosexuels si elles sont contre le principe. Ce projet de loi devrait être présenté au Sénat dès jeudi.

Selon un sondage réalisé auprès des parlementaires fédéraux par le groupe de médias Australian Broadcasting Corporation, 72% des membres de la Chambre des représentants et 69% des sénateurs voteraient pour changer la loi. Si le vote constitue une victoire historique aux yeux des défenseurs des droits LGBTIQ (lesbiennes, gays, bisexuels, trans, intersexes et queer), il a aussi révélé de profondes divisions sociétales.
Les militants du «oui» ont déclaré qu'il avait déchaîné sur les gays des discours de haine, ceux du «non» se sont plaints d'être accusés de bigoterie. Avant même l'envoi du matériel de vote en septembre, le débat avait pris une tournure nauséabonde avec des affiches «Arrêtez les pédés» à Melbourne et des tracts décrivant l'homosexualité comme étant une «malédiction de la mort» à Sydney.
Le sujet a divisé jusqu'à certaines familles. L'ex-premier ministre conservateur Tony Abbott a milité de toutes ses forces pour le «non», à l'inverse de sa sœur Christine Forster, qui est lesbienne.


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Retro : Jamais filmé, «le plus beau but» de Pelé reconstitué par la magie du virtuel (14.11.2017)

  • Publié le 14/11/2017 à 15:49

LE SCAN SPORT - Retour sur un chef-d'œuvre du «Roi Pelé» longtemps resté oublié, mais qui a pu être reconstitué en images de synthèse grâce à différents témoignages, dont celui du joueur.
Nous sommes le 2 août 1959, Pelé n'a que 18ans. Mais le Brésilien inscrit déjà l'un de ses plus beaux buts avec son club de Santos, contre l'Atlético Juventus. Un but génial resté longtemps confidentiel et invisible puisqu'à l'époque aucune caméra de télévision n'a pu le filmer. Finalement, c'est 55 ans plus tard, en 2014, après le recueil de plusieurs témoignages dont celui du joueur lui-même et grâce à la technologie, que cette fantastique réalisation du «Roi Pelé» a été rendu visible en images de synthèse. Une reconstitution en 3D, minutieuse et précise, rendue possible grâce à la magie des outils de captation et de montages virtuels. Ou quand la technologie se met au service de l'histoire du football.
Quatre sombreros et un coup de tête
Alors que son équipe mène déjà 3-0, la légende brésilienne offre un bijou aux quelques privilégiés présents dans le stade, en inscrivant un quatrième but somptueux. Encore plus fort que son but marqué après un coup du sombrero un an plus tôt, en finale de Coupe du Monde 1958, contre la Suède avec la Seleçao, cette fois Pelé, à la réception d'un centre de Durval, en enchaîne trois pour éliminer les défenseurs adverses. Le champion du monde ne s'arrête pas là puisqu'il ponctue son action acrobatique par un quatrième sombrero, après un contrôle du genou, qui élimine le gardien et lui permet de pousser le ballon au fond des filets d'un coup de tête. Une action de génie, une fois encore. D'ailleurs si parmi ses 757 réalisations en 812 matches, nombreux ont été les chefs-d'œuvre, ce but reste, pour le «Roi Pelé», «le plus beau» de sa carrière.

À Tourcoing, Emmanuel Macron appelle à une «mobilisation nationale» pour les quartiers (14.11.2017)

  • Mis à jour le 14/11/2017 à 14:58 

  • Publié le 14/11/2017 à 13:51
Dans un discours de près d'une heure et demie, mardi à Tourcoing, le chef de l'État a affiché son ambition de mettre en place une politique «économique et pas sociale» à destination des quartiers en difficulté.
Tourcoing
Les riverains de la Plaine Images à Tourcoing ont leur portable en main. Ils n'ont pas encore eu l'opportunité d'apercevoir le président de la République mais l'attendent de pied ferme. Dans le quartier de la Bourgogne, non loin de là, d'autres ont eu plus de chance et ont réalisé quelques selfies avec Emmanuel Macron, en visite dans la métropole lilloise, et qui a rencontré des acteurs locaux au centre social du quartier. Du social donc, pour celui qu'on a qualifié de «président des riches», suivi par une visite du fleuron local du jeu vidéo Ankama, puis par un discours centré sur ces quartiers prioritaires visés par la politique de la ville.
«Je ne sais pas ce que ça veut dire, “avoir une politique pour les riches”»
Emmanuel Macron
Et c'est cette image qu'a voulu modifier Emmanuel Macron à travers son intervention ce mardi midi. «Tout le gouvernement doit être mobilisé. Je veux tordre le cou à une idée qui en ce moment fait fureur: qu'il existe une politique économique ambitieuse pour ceux qui réussissent et une politique sociale et pas économique pour les quartiers en difficulté. Je ne sais pas ce que ça veut dire, “avoir une politique pour les riches”.» Pour les plus en difficulté, donc, le président de la République a promis un «plan de marche» d'ici fin février et des actions concrètes sur le terrain en conséquence. Avec deux axes principaux: «restaurer la République et parvenir à l'émancipation des personnes».
«Personne ne perdra le moindre crédit»
Devant de nombreux élus nordistes et des représentants d'associations, Emmanuel Macron a détaillé son plan: faire revenir le «droit commun» dans les quartiers à travers les services publics, ramener la sécurité avec la police de sécurité du quotidien, travailler contre la radicalisation, ou encore «garantir la dignité de chacun» et «réduire les discriminations» dans les quartiers. Devant le père de la politique de la ville, Jean-Louis Borloo, le président a aussi rappelé son engagement à doter l'Anru de dix milliards d'euros ces prochaines années. Concernant l'emploi, des promesses ont été faites sur la formation, l'apprentissage ou encore les emplois francs dont bénéficieront certains quartiers, dont la métropole lilloise.
«Personne ne perdra le moindre crédit en 2018», a promis aussi le chef de l'État dans un climat d'inquiétude des collectivités territoriales. «N'y voyez pas une politique sociale, c'est une vraie politique économique», a martelé Emmanuel Macron, assurant avoir entendu les signataires de l'appel de Grigny et de nombreuses voix venant du terrain, avant de conclure: «Je veux que les visages de nos quartiers aient changé à la fin de ce quinquennat. Le coeur de la bataille de notre République se joue là.»
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Un trésor médiéval «exceptionnel» découvert à l'abbaye de Cluny (15.11.2017)
  • Par  Le Figaro.fr avec AFP 

  • Mis à jour le 15/11/2017 à 08:22 

  • Publié le 15/11/2017 à 07:42
Ils sondaient l'angle d'un ancien bâtiment de l'abbaye deCluny quand ils sont tombés sur un trésor médiéval: plus de 2.000 pièces du XIIe siècle, une découverte «rare», selon des chercheurs de l'Université Lyon-II et le CNRS.
Mi-septembre, l'équipe d'Anne Baud, enseignante-chercheure à Lyon-II et d'Anne Flammin, ingénieure au CNRS, creusait à la pelle mécanique pour reconnaître l'angle de l'ancienne infirmerie de l'abbaye quand des pièces ont commencé à tomber au fond du sondage.

Plus de 2.200 deniers et obole en argent, en majorité émises par l'abbaye de Cluny, ainsi que 21 dinars musulmans en or enfermés dans une peau tannée, étaient regroupés dans un sac en toile. Il renfermait également une bague sigillaire en or marquée «Avete», une «parole de salutation dans un contexte religieux», une feuille d'or repliée de 24 grammes et une piécette en or.
«La valeur globale de ce trésor pour l'époque est estimée entre trois et huit chevaux, l'équivalent des voitures de nos jours, mais à l'échelle de l'abbaye c'est assez faible car cela représentait environ six jours d'approvisionnement en pain et en vin», selon le spécialiste des monnaies Vincent Borrel.

Au tribunal, Marcel Campion défend son marché de Noël (14.11.2017)

Par Delphine de Mallevoüe
Mis à jour le 14/11/2017 à 19h54 | Publié le 14/11/2017 à 19h41
Les forains étaient venus en nombre, mardi, à Paris, pour soutenir le «patron».
Ils sont venus, ils sont tous là, les visages du monde forain, pour soutenir leur patriarche, Marcel Campion, 77 ans, devant le juge des référés du tribunal administratif de Paris. De l'Ile-de-France mais aussi du Nord ou encore d'Angers, comme Adrien, vice-président du Syndicat national des industriels forains, qui a lâché le manège pour être aux côtés du «patron». Mardi après-midi, la justice administrative, saisie en urgence par le «roi des forains», examinait son recours déposé contre la Ville de Paris pour tenter de faire suspendre la décision de celle-ci de supprimer le marché de Noël des Champs-Élysées, exploité par Marcel Campion depuis sa création en 2008.
Les échanges qui suivent, plaidoiries alternées des avocats de la Ville de Paris et de Marcel Campion, sont techniques, sans effets de manche ni de style
Dans la salle d'audience, quoique dense et bigarrée, l'ambiance est à la sobriété et au silence. Marcel Campion, cheveux neige et long manteau noir, reste scrupuleusement muet, aux côtés de son épouse, sa fille et son petit-fils. Les avocats sont passés par là. Pas un forain qui s'ébroue ou qui bronche. En face, seule, la juge des référés, monacale, à peine audible, rappelle en préambule, dans un contraste comique, l'article R731-2 du Code de justice administrative: «Les personnes qui assistent à l'audience doivent observer une attitude digne (…) Il leur est interdit (…) de donner des signes d'approbation ou de désapprobation ou de causer quelque désordre que ce soit», dit-elle comme pour conjurer une prophétie, voire un préjugé.
Les échanges qui suivent, plaidoiries alternées des avocats de la Ville de Paris et de Marcel Campion, sont techniques, sans effets de manche ni de style. Les premiers font valoir que la suppression du marché de Noël est la simple non-reconduction d'une convention signée en octobre 2015 pour une durée de deux ans renouvelable deux fois. Non seulement au terme des bonnes échéances mais aussi après vote unanime du Conseil de Paris, en juillet dernier. Les seconds contestent en avançant un contrat de six ans renouvelable tacitement. Pour eux, c'est une résiliation et le motif d'intérêt général invoqué n'est «ni réel ni suffisant». La non-reconduction n'a jamais été envisagée, les encouragements et félicitations ont toujours été abondants, affirment Mes Assous et Canu-Bernard, conseils de Marcel Campion.
Les syndicats forains ont appelé à «une grosse mobilisation» le 18 novembre
La raison avancée par la mairie depuis quelques semaines dans les médias est «la qualité médiocre des animations et des produits vendus». Un argument sorti du chapeau, selon le monde forain, qu'on ne retrouve d'ailleurs pas dans la lettre adressée à la société de Marcel Campion pour lui signifier la suppression du marché. Elle stipulait vouloir «varier les modalités d'animation». Ce que confirme à l'audience Me Régis Froger, avocat de la Mairie de Paris, indiquant que «la médiocrité» n'est pas tant «en cause» que la volonté de la municipalité de «retrouver cette linéarité dessinée par Le Nôtre» entre les Tuileries et les Champs-Élysées, d'être plus «compatible», aussi, avec «la politique générale de la Ville pour les piétons».
Un «revirement» qui cache autre chose, pour la partie adverse. «On a inventé un motif, accuse Me Jérémie Assous, on a organisé la mise à mort, de manière infondée.» Il fallait, selon lui, «se désolidariser» de Campion, qui a été mis en examen en mai dernier pour recel de favoritisme dans l'attribution du marché de sa Grande Roue. Mais aussi «faire diversion» sur la propre mise en examen de la Ville dans ce dossier, vendredi dernier, en organisant «une campagne» de dénigrement dans la presse ces dernières semaines et en annonçant supprimer aussi la Grande Roue, réduire de moitié la Foire du Trône et annuler les Jours de fête au Grand Palais. «Mais ils n'y arriveront pas, souffle Marcel Campion en sortant de l'audience. Je suis très confiant.» D'ores et déjà, les syndicats forains ont appelé à «une grosse mobilisation» le 18 novembre «en fonction du résultat du référé». Une ordonnance qui sera rendue dans les tout prochains jours.

Persona non grata sur les Champs-Élysées, sauf le 1er janvier
Une autre convention permet à Marcel Campion, le «PDG manouche», d'occuper le domaine public des Champs-Élysées… jusqu'en 2018. C'est lui qui est en charge de la grande parade, le jour de l'An. Une convention pluriannuelle qui date de 2016 (signée après trois années déjà de parade) liant sa société, Loisirs Associés, et le Comité des Champs-Élysées, avec une subvention annuelle de 120.000 euros de… la Mairie de Paris. Sur un budget total de 169.000 euros en 2016 et de 147.000 en 2017 et 2018. Ce jour-là, la plus belle avenue du monde est piétonnisée pour recevoir chevaux, majorettes et fanfares du monde entier. Ce qui attire «plus de 200.000 visiteurs», vante le comité. Dans cette convention, on lit que «la société Loisirs Associés a une expérience reconnue depuis de nombreuses années dans l'organisation d'événements familiaux et populaires, notamment sur les Champs-Élysées». Quant à son article 4, il précise que le comité a obligation de «faire mention du soutien de la Ville de Paris sur tout support de communication». De quoi gêner la Mairie aux entournures, vu son conflit ouvert avec Campion

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Rohingyas: Tillerson veut accentuer la pression sur l'armée birmane (15.11.2017)
  • Par  Le Figaro.fr avec AFP 

  • Mis à jour le 15/11/2017 à 07:36 

  • Publié le 15/11/2017 à 07:30
Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, arrivé mercredi en Birmanie, va presser la dirigeante Aung San Suu Kyi et le chef de l'armée de mettre un terme à la violence qui ravage l'ouest du pays. Le ton se veut ferme à l'encontre des «dirigeants militaires», que le chef de la diplomatie américaine a jugés «responsables» de la crise de la minorité musulmane rohingya, dont plus de 600.000 membres ont fui au Bangladesh en deux mois et demi. L'ONU dénonce une opération «d'épuration ethnique».
Tillerson doit rencontrer d'abord le chef de l'armée Min Aung Hlaing pour lui demander de mettre fin à la violence et de mener une «enquête crédible» sur les exactions, a expliqué un haut responsable américain avant le voyage.
«Nous pensons que la Birmanie a fait beaucoup de progrès au cours des dernières années et nous ne voudrions pas voir ces progrès annulés par une réponse inadéquate à une crise comme celle-ci», a déclaré le responsable.
L'armée, qui a récemment démenti tout abus après une enquête interne, explique lutter contre la rébellion rohingya. Mais dans les camps au Bangladesh, où les Rohingyas se sont massés, les réfugiés témoignent des exactions de l'armée: meurtres, viols, torture, incendie de village. «Le monde ne peut pas (...) rester observateur face aux atrocités dont il est fait état», a martelé fin octobre Rex Tillerson.

Attentat de la rue Copernic: refuser de libérer Diab est «absurde» (14.11.2017)
  • Par  Le Figaro.fr avec AFP 

  • Mis à jour le 14/11/2017 à 22:47 

  • Publié le 14/11/2017 à 22:46
Le comité de soutien d'Hassan Diab a qualifié de "grotesquement absurde" la décision de la justice française de refuser mardi la remise en liberté de ce Libano-Canadien, seul suspect de l'attentat de la rue Copernic en 1980 à Paris.
La cour d'appel de Paris a infirmé mardi la décision d'un juge des libertés et de la détention (JLD) qui avait ordonné la semaine dernière le placement de Hassan Diab sous surveillance électronique dans l'attente de la fin de l'enquête.
"La décision de lui refuser sa libération illustre le côté ridicule" de cette affaire et "c'est grotesquement absurde", a estimé Roger Clark, membre du comité de soutien d'Hassan Diab.
Selon les avocats de l'ancien professeur d'université de 63 ans, c'était au moins la huitième fois qu'un magistrat ordonnait sa remise en liberté avant que la décision ne soit infirmée.
Selon une source judiciaire à Paris, le mandat de dépôt d'Hassan Diab, extradé du Canada en novembre 2014, a été prolongé mardi de six mois.
"Nous sommes confrontés à une situation inédite et ubuesque", ont réagi auprès de l'AFP ses avocats, William Bourdon, Apolline Cagnat et Amélie Lefebvre.
"Comme presque toujours dans les affaires les plus graves, la libération et la reconnaissance de l'innocence de celui qu'on a présenté à tort aux parties civiles comme le coupable possible prend du temps. Mais elle interviendra", ont-ils poursuivi.
Dans cette enquête qui touche à sa fin, Hassan Diab a été mis en examen. Il est soupçonné d'avoir perpétré l'attentat de la rue Copernic qui a fait quatre morts et une quarantaine de blessés le 3 octobre 1980 devant une synagogue du seizième arrondissement parisien.
M. Clark a estimé qu'avant la fin de la détention provisoire de six mois reconduite mardi, l'instruction déciderait de la tenue d'un procès ou d'accorder un non-lieu à M. Diab.
"Nous pouvons avoir de l'espoir parce qu'il y a des indices dans les médias que cela ne sera jamais jugé", a-t-il déclaré à l'AFP.
Après 37 ans d'investigations, les juges d'instruction avaient notifié en juillet la fin de leur enquête mais ils l'ont récemment rouverte pour examiner une "note blanche" (sans signature, ni en-tête, ni date) des services secrets israéliens, rédigée à charge contre M. Diab et transmise fin septembre à la justice française.
M. Clark a récemment rencontré le sexagénaire dans sa prison en France, le trouvant dans "un état de santé satisfaisant sans être bon" et "il a quelques difficultés à rester optimiste".
Selon lui, le gouvernement canadien par le biais du ministère des Affaires étrangères est devenu "plus actif" sur ce dossier.

Des djihadistes étrangers ont pu s'échapper de Raqqa (14.11.2017)
  • Par  Le Figaro.fr avec AFP 

  • Mis à jour le 14/11/2017 à 21:51 

  • Publié le 14/11/2017 à 21:46
Il est «possible» que des djihadistes étrangers du mouvement Etat islamique (EI) aient pu s'échapper de Raqa juste avant sa chute, a admis aujourd'hui la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, après la publication d'un reportage de la BBC.
Juste avant la chute de cette ville syrienne dont l'EI avait fait la capitale de son «califat», un convoi présenté comme transportant plus de 3000 civils avait quitté Raqqa le 14 octobre, à la faveur d'un accord négocié avec le «Conseil civil», une administration locale mise en place par les combattants antijihadistes kurdes et arabes des Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par la coalition. La coalition avait alors affirmé avoir reçu l'assurance des FDS que les combattants étrangers de l'EI ne pourraient pas quitter la ville.
Mais dans un reportage publié hier, la BBC a rapporté les propos de plusieurs chauffeurs des véhicules du convoi, qui ont raconté avoir transporté plusieurs centaines de combattants lourdement armés, notamment des étrangers. Selon la BBC, plusieurs d'entre eux auraient réussi à passer en Turquie pour y préparer des attentats en Europe.
Interrogé aujourd'hui à ce sujet lors d'une téléconférence au Pentagone, le porte-parole de la coalition, le colonel Ryan Dillon, a reconnu que «sur les 3500 civils qui ont quitté Raqqa à ce moment-là, moins de 300 ont été identifié comme de possibles combattants de l'EI».
L'accord avec les FDS était que les photos et les empreintes digitales de tous les hommes en âge de combattre seraient vérifiées pour éviter que des djihadistes connus puissent s'échapper, a ajouté le colonel Dillon. Mais «je ne peux pas dire avec 100% de certitude que chaque combattant ait été identifié à son départ de Raqqa», a-t-il ajouté.
«Que certains de ces combattants aient pu évoluer parmi les civils ou se faire passer pour un affilié local à l'EI, c'est possible», a précisé le porte-parole. Lorsque le convoi est parti de Raqqa, il a été surveillé par les drones de la coalition, mais il a été décidé de ne pas le bombarder en raison de la présence de ces 3000 civils, a-t-il expliqué.
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Macron souhaite que Hariri puisse retourner au Liban (14.11.2017)
  • Par  Le Figaro.fr avec AFP 

  • Mis à jour le 14/11/2017 à 22:35 

  • Publié le 14/11/2017 à 22:34
Emmanuel Macron, lors d'un entretien mardi avec le ministre libanais Affaires étrangères, a "réitéré son souhait que Saad Hariri puisse se rendre au Liban comme il l'a annoncé", a indiqué l'Elysée mardi soir.
Le chef de la diplomatie libanaise, Gebran Bassil, "a remercié la France pour son soutien au peuple libanais et son rôle actif dans la crise" et "insisté sur la nécessité que Saad Hariri puisse se rendre à Beyrouth dans les tout prochains jours pour officialiser sa démission, s'il le souhaite".
Déjà mardi après-midi le premier ministre Édouard Philippe a déclaré devant l'Assemblée nationale, que Saad Hariri devait pouvoir "retourner librement" dans son pays "pour clarifier sa situation conformément à la Constitution libanaise".
La démission de Saad Hariri de son poste de premier ministre, qu'il a annoncée depuis l'Arabie Saoudite, a ouvert "une période d'incertitude qu'il faut clore rapidement", a ajouté M. Philippe.
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian doit se rendre en Arabie saoudite mercredi et "examinera avec les autorités saoudiennes les moyens de sortir de la situation actuelle", selon le chef du gouvernement.
La démission surprise de Saad Hariri le 4 novembre depuis l'Arabie saoudite, d'où il a dénoncé la "mainmise" de l'Iran sur son pays, a précipité le Liban dans une nouvelle crise, beaucoup s'interrogeant sur sa liberté de mouvement à Ryad.
Depuis, la France, forte de ses liens avec tous les acteurs de la région, multiplie les initiatives pour tenter d'obtenir son retour au Liban. Pendant sa visite aux Emirats Arabes Unis, Emmanuel Macron a effectué un aller-retour impromptu à Ryad la semaine dernière notamment pour évoquer ce sujet.

Une journaliste suisse arrêtée en France (14.11.2017)
  • Par  Le Figaro.fr avec AFP 

  • Mis à jour le 14/11/2017 à 20:45 

  • Publié le 14/11/2017 à 20:28
Une journaliste suisse qui faisait un reportage sur les migrants dans la région de Briançon (Hautes-Alpes) en France a été arrêtée et interrogée par la gendarmerie, s'est scandalisé aujourd'hui le journal helvète Le Temps . «Ce n'est pas digne de la France à qui nous demandons des explications et des excuses», écrit le rédacteur en chef du journal, Stéphane Benoit-Godet, qualifiant les faits d'«intolérable attaque contre la presse».
L'envoyée spéciale du quotidien, Caroline Christinaz, avait pris place samedi dans une voiture d'un habitant des Hautes-Alpes, qui portait secours aux migrants franchissant le col de l'Echelle (1.762 mètres d'altitude), alors partiellement enneigé, pour entrer en France depuis l'Italie. Un second véhicule transportait un journaliste français de la radio France Culture, Raphaël Krafft.
A leur descente du col, ils ont été arrêtés par la gendarmerie, alors que les deux véhicules transportaient quatre migrants. Les deux journalistes ont été convoqués dimanche à la gendarmerie de Briançon.
«L'interrogatoire a duré deux heures», témoigne Caroline Christinaz. «Ils m'ont dit vouloir connaître mes capacités financières pour établir le montant de l'amende», dit-elle. Elle explique avoir été photographiée et ses empreintes digitales ont été relevées. «Devant l'insistance et la pression des deux gendarmes, elle finit par leur donner son téléphone portable, puis, de guerre lasse, son code d'accès», dénonce Le Temps, qui précise que les gendarmes lui ont redonné finalement son appareil.
«Quand elle les interroge sur le statut de cette audition, on lui répond qu'elle est mise en cause dans une procédure pour aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier d'étrangers sur le territoire français», explique le journal.
«Lors de son interrogatoire, notre consoeur a subi des tentatives d'intimidation de la part des gendarmes et du procureur, qui l'ont mise en cause alors qu'elle ne faisait qu'exercer sa profession», dénonce le rédacteur en chef.
Interrogé par l'AFP, le procureur de Gap Raphaël Balland a accusé Le Temps «de tenir des propos totalement diffamatoires à (son) encontre». Il assure «n'avoir été informé par les gendarmes de l'audition de la journaliste suisse qu'à son issue».
Il a aussi précisé que quand les gendarmes lui ont rendu compte de l'audition de la journaliste et du conducteur, il leur a dit qu'«au vu des premiers éléments de l'enquête», «il n'y avait pas d'éléments suffisants pour mettre en cause le deuxième journaliste», qui a donc été entendu comme «témoin».

Paris: ils volent pour 700.000€ de whisky (14.11.2017)
  • Par  Le Figaro.fr avec AFP 

  • Mis à jour le 14/11/2017 à 19:58 

  • Publié le 14/11/2017 à 19:48
Soixante-neuf bouteilles de whisky d'une valeur totale de près de 700.000 euros ont été volées dimanche dans une boutique de luxe à Paris, dont une japonaise estimée à plus de 100.000 euros, selon des sources concordantes.
Les cambrioleurs se sont emparés de «bouteilles qui étaient exposées dans la vitrine dédiée aux pièces de collection», précise le magasin dans un communiqué. Le préjudice total est évalué à entre «650.000 et 700.000 euros», a déclaré une source policière.
Parmi les bouteilles dérobées figure une pièce «unique», selon la Maison du Whisky, la boutique victime du cambriolage : «une des 41 bouteilles au monde de Karuizawa 1960», une bouteille baptisée The Squirrel. 
«Cette bouteille est unique en raison d'une particularité physique, ce qui la rend traçable et difficilement revendable», est-il ajouté. Le Karuizawa 1960, distillé et mis en fût en 1960, est le plus vieux single malt japonais jamais embouteillé.
La bouteille volée est «maintenant estimée à plus de 100.000 euros», souligne une source proche de l'enquête, expliquant que «le marché du whisky ressemble au marché de l'art». Contactée par l'AFP, la Maison du Whisky estime que c'est cette Squirrel qui était visée par les cambrioleurs.
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CANTONA : «J’AI ENVIE DE VOIR BENZEMA EN ÉQUIPE DE FRANCE» (14.11.2017)
Mis à jour le 14/11/2017 à 19h22 – Publié le 14/11/2017 à 19h14
Invité sur France Inter ce mardi, Eric Cantona a apporté son soutien à Karim Benzema, écarté de l'équipe de France depuis plus de deux ans«Evidemment qu’on a envie de voir les meilleurs joueurs. J’ai envie de voir Karim Benzema en équipe de France et à mon avis, je ne suis pas le seul», a confié l'ancien international. L'an dernier déjà, le «King» avait fait des déclarations fracassantes en faveur de l'attaquant du Real Madrid, mais aussi de Hatem Ben Arfa. 
«Benzema est un grand joueur, Ben Arfa est un grand joueur. Mais Deschamps, il a un nom très français, avait-il dénoncé. Peut-être qu'il est le seul en France à avoir un nom vraiment français. (...) Ben Arfa est peut-être le meilleur joueur en France aujourd'hui, mais il a des origines. Je suis autorisé à m'interroger à propos de ça (... ) Une chose est sûre, Benzema et Ben Arfa sont deux des meilleurs joueurs français et ne seront pas à l'Euro. Et pour sûr, Benzema et Ben Arfa ont des origines nord-africaines. Donc le débat est ouvert.»

Agression sexuelle: un directeur de recherche du CNRS révoqué (14.11.2017)
  • Par  Le Figaro.fr avec AFP 

  • Mis à jour le 14/11/2017 à 19:30 

  • Publié le 14/11/2017 à 19:21
Un directeur de recherche du CNRS, accusé d'agression et de harcèlement sexuel à Marseille, a été révoqué de la fonction publique, a indiqué aujourd'hui un responsable de la CGT.
L'homme, qui exerçait au sein d'un laboratoire rattaché à l'Institut hospitalo-universitaire d'infectiologie (IHU) de Marseille, a été révoqué le 19 octobre par le conseil disciplinaire du CNRS, selon la décision publiée au Bulletin officiel du CNRS et relayée notamment par le site d'informations locales Marsactu.
Deux femmes, une ingénieure d'étude et une étudiante en thèse, l'accusent pour l'une de l'avoir agressée en 2015 et pour l'autre de harcèlement depuis «plusieurs années», a précisé à l'AFP Cédric Bottero, co-secrétaire général CGT Ferc Sup de l'Université d'Aix-Marseille.
Dans sa décision, le CNRS évoque «des agissements de harcèlement sexuel» et «des faits d'attouchements sexuels» dans le cas d'une des deux femmes, une «jeune étudiante étrangère» placée sous la responsabilité du directeur de recherche en question. Il explique aussi qu'il a «tenu de manière répété des propos à connotation sexuelle, 'blagues à caractère sexuel, remarques sexistes', et adopté un comportement déplacé à l'égard de certains personnels du laboratoire», notamment féminin.
«Les fautes commises par M. X sont incompatibles avec les responsabilités qu'il exerce en qualité d'encadrant de stagiaires, doctorants et post-doctorants», conclut le président du CNRS Alain Fuchs dans cette décision. 
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