dimanche 6 août 2017

Lutte féministe, droits des femmes

Hélé Béji : «Le voile détruit l'universel féminin» (21.08.2017)
"Opérations bikinis" en Algérie : le mirage de l'été ? (08.08.2017)
En Afghanistan, les femmes se battent pour avoir un nom avec le hashtag #WhereIsMyName (02.08.2017)
Céline Pina : « La leçon de liberté des Algériennes en bikini » (28.07.2017)
Droits des femmes et laïcité : deux combats inséparables (13.07.2017)

Hélé Béji : «Le voile détruit l'universel féminin» (21.08.2017)



Mis à jour le 21/08/2017 à 17h22 | Publié le 21/08/2017 à 17h11

INTERVIEW - Opposée au voile, la romancière Hélé Béji considère pourtant que son interdiction est contre-productive. Islamisme, burkinis, révolution : elle a accordé au  Figaro  un entretien sans tabous et tout en nuances.

Première Tunisienne agrégée de lettres modernes, l'écrivaine Hélé Béji anime depuis des années la scène intellectuelle tunisienne. Dans son livre «Islam Pride», écrit avant la révolution tunisienne de 2011, elle évoquait déjà le retour du voile dans les pays musulmans. Cette féministe et libérale de la «génération Bourguiba» entend penser l'articulation entre tradition et modernité, qui seule peut nous sauver des démons de l'obscurantisme.

LE FIGARO. - Des Algériennes se sont mobilisées récemment pour pouvoir porter le bikini à la plage. La liberté vestimentaire est-elle en régression dans les pays du Maghreb?

Hélé BÉJI. - J'ai toujours porté le bikini. En Tunisie, dans les années 1960, nous portions toutes des mini bikinis vichy à la Brigitte Bardot, nos poitrines serrées dans des balconnets froncés. Nous allions dans la rue en short. Jusqu'à l'émergence de l'islam politique actif, on ne se posait pas la question de la nudité. Si on nous avait dit qu'un jour ce serait un combat d'aller se baigner en bikini, on se serait esclaffées. Aujourd'hui, sur les plages, les bikinis n'ont pas disparu, mais nous devons supporter la présence de ce nouveau monstre marin nommé «burkini». Quel désastre! Pourtant, le mouvement d'émancipation féminine était allé très loin avec les lois d'avant-garde de l'indépendance.

Comment expliquez-vous ce retour du religieux?

Peut-être parce que les promesses de bonheur de l'indépendance n'ont pas été tenues et ont fini dans la désillusion? Le poids social de la religion s'est alourdi dans les années 1980. Mais au niveau politique, l'État poursuivait son modernisme autoritaire. Ce volontarisme était sans concession. Il favorisait les libertés privées féminines, tandis qu'il brimait les libertés publiques. Ce despotisme séculier, laïciste, occidentaliste, avait permis aux femmes de s'affranchir dans tous les domaines. On pouvait se baigner en bikini, ne pas jeûner pendant le ramadan, n'exercer aucun culte, exprimer son incroyance, oublier sa foi. Mais il était défendu de critiquer le pouvoir. À un moment, ces libertés privées ont buté sur un obstacle: l'absence de libertés publiques. Peu à peu les droits des femmes se sont élargis aux revendications des droits de l'homme. C'est là que survient la révolution de 2011.

«On a vu une Révolution non religieuse être récupérée par les courants salafistes. Le voile a fait une percée fulgurante dans la rue, l'administration, les bancs de l'Assemblée...»

Révolution qui a fini par voir triompher les islamistes…
Oui, l'extension de la démocratie, dans des pays où le peuple est encore pieux et conservateur, a ouvert la représentation politique à l'idéologie religieuse. On s'y attendait. La révolution a diversifié la demande politique à toute la «société civile». Mais la société civile n'est pas une panacée. Il n'y a pas de «société civile» naturellement bonne, vertueuse, éclairée. Elle est également dangereuse, sectaire, obscurantiste. La société est tout aussi incivile que civile. En quelques semaines, on a vu une Révolution non religieuse être récupérée par les courants salafistes. Le voile a fait une percée fulgurante dans la rue, l'administration, les bancs de l'Assemblée, les universités, les écoles, les plages. Un zèle théocratique a envahi les quartiers, condamnant de jeunes athées à la prison. Amina, la Femen tunisienne, a été arrêtée pour avoir dénudé sa poitrine sur Facebook. Son geste a eu le mérite de montrer que l'oppression ne se terminait pas avec la révolution.

Comment avez-vous ressenti ce retour du voile?

Dans mon livre Islam Pride, écrit avant la révolution, j'expliquais ma sidération devant le retour d'une servitude que je croyais abolie. J'étais ébranlée. Mon rejet était violent. Trop pour que je ne m'interroge pas. J'ai voulu faire un travail sur ma peur. Je me suis rappelé l'humanisme de Montaigne: «Chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage.» J'ai évité d'appeler «barbare» le voile, mais au fond de moi, mon émotion est la même, colère et pitié mêlées. Le voile détruit l'universel féminin. Désormais le monde féminin se sépare entre les voilées et les autres. Cette inimitié tranche avec la solidarité historique des femmes. En écrivant, j'ai voulu surmonter cette barrière, cette béance qui ouvre la «guerre civile» entre les femmes. Mais je ne me soumets pas non plus à sa fatalité. Je dis qu'un jour elles se dévoileront, mais pas par la force. Le discours de la laïcité n'est plus efficace face au voile, car ce sont les libertés de conscience instaurées par la laïcité qui le permettent.

«Elles sont les suffragettes du voile», écrivez-vous. Pour vous, loin d'être un archaïsme, le voile serait donc un produit de la modernité?

«(Le voile est) un symbole revendiqué et non subi, à la fois rebelle et mimétique, comme un phénomène de mode, excentrique et grégaire, une façon intime et spectaculaire de s'approprier son époque»
Oui, le voile n'est pas un acte de pure soumission, mais d'affirmation de soi, ultra-individualiste, le «droit des individus à être eux-mêmes», quelle que soit l'absurdité de leur conduite. S'il n'était qu'un symptôme de domination ancien, il serait plus facile à combattre. Mais c'est un symbole revendiqué et non subi, à la fois rebelle et mimétique, comme un phénomène de mode, excentrique et grégaire, une façon intime et spectaculaire de s'approprier son époque. C'est le costume puritain d'un autre féminisme, qui exhibe ses prédilections intimes, sexuelles ou mystiques. C'est un «coming-out» religieux, un «islam pride».

En m'intéressant à ces filles derrière leur voile, j'y décèle aussi une grande peur du monde extérieur, de la pression au travail, de la rudesse de la concurrence, de la solitude morale, de la disparition de la famille. On ne peut isoler le voile de l'échec des idéologies progressistes. Il est l'expression la plus visible d'une faillite du monde musulman dans l'accomplissement politique et moral de soi. C'est un phénomène qui dit quelque chose sur l'impuissance des États modernes face aux nouveaux maux engendrés par la modernité, aux nouveaux désespoirs liés à la misère sexuelle, la fin du foyer protecteur, le célibat forcé, l'échec amoureux, les familles monoparentales, les enfants à moitié orphelins, la destruction des liens humains, la toxicomanie, le culte de la performance, le stress de l'entreprise, etc. Les démocraties voient renaître une quête de restauration, la sanctification de la famille comme valeur refuge. Voilà ce que dit ce désir «d'islam» dans les sociétés avancées. La religion focalise en elle tous ces manques.

Vous écrivez aussi que «le voile est une cendre noire jetée sur la lumière de la tradition», y a-t-il une vertu de la tradition?

La tradition n'est pas seulement obscurantisme. Elle est à distinguer de la religion. C'est aussi une narration pleine de civilité, de douceur, de délicatesse, de souci de l'autre, auxquels le temps moderne ne fait plus place. Malgré sa grande pacification des guerres intestines sanglantes, la démocratie a échoué à créer un humanisme entre l'ancien et le nouveau, elle a détruit les antiques usages de civilité, sédimentés par des siècles de transmission. La gratuité, l'élan humain, la spontanéité, le sentiment, la grâce de la relation sont remplacés par un juridisme impersonnel qui réglemente toutes nos conduites, dans une société de moins en moins chaleureuse. Le «communautarisme» n'est pas communautaire, c'est une réaction à l'excès individualiste, un rejet de la solitude absolue. L'islam, notamment pour ces jeunes filles, est peut-être un moyen de recréer du lien. La soumission qu'il offre est une lassitude de la liberté. L'obscurantisme est fixation sur l'origine, mais la tradition est une esthétique délestée de l'uniformité religieuse. L'obscurantisme fait croire à un âge d'or qui n'a jamais existé, une utopie de pureté, qu'on veut restaurer par des moyens cyniques et inhumains. On transforme la tradition en monstre. En fait, l'idéologie religieuse qu'on l'appelle salafisme ou islamisme déshumanise plus rapidement la tradition que toutes les transgressions du monde moderne.

Comment jugez-vous la législation de la France sur le voile?

«Si on interdit le burkini sur les plages, on risque de démultiplier le voile dans les banlieues, en signe de réaction»
Le problème est le suivant: je perdrais ma dignité si on me forçait à mettre un mouchoir sur la tête, et la fille voilée croirait perdre la sienne si on la forçait à l'enlever. Aucune ne peut obliger l'autre à faire ce qu'elle réprouve. La dignité est le sentiment le plus secret, le plus profond du cœur humain. Donc je préfère raisonner en termes d'efficacité plutôt que de principes. Une législation qui interdirait complètement le voile peut être justifiée au regard de la lutte historique d'émancipation des femmes, mais elle n'est pas efficace: elle manque son but, voire même est contre-productive. Bien sûr, je préférerais ne pas voir de filles en burqa ou burkini, cela me révolte, me heurte, me bouleverse, mais je ne crois pas que l'interdiction soit la bonne solution. Si on interdit le burkini sur les plages, on risque de démultiplier le voile dans les banlieues, en signe de réaction. En revanche, je suis absolument pour la loi qui interdit le voile à l'école, car ce sont des mineures, qu'il faut soustraire au diktat de l'embrigadement des familles ou du quartier. Voiler une petite fille est une pratique attentatoire à l'enfance. L'État doit la protéger par tous les moyens, c'est indiscutable.

Beaucoup d'associations dénoncent dans l'opposition au voile une forme d'islamophobie. Que pensez-vous de cette notion?

Il faut pouvoir critiquer l'islam sans subir cet anathème. L'islamophobie s'est développée à la suite de meurtres de masse commis au nom de l'islam. On a le droit d'avoir peur de conduites criminelles se revendiquant d'une religion, de s'épouvanter de son message. C'est une angoisse salvatrice. Mais il faut savoir aussi que la société musulmane a un visage de douceur que ne connaît plus le monde moderne. En Tunisie, les habitudes de vie, les cérémonies sociales sont empreintes du vieil esprit de la cité médiévale, d'un islam profane fait de gestes, de politesse, d'urbanité, de respect des vieux et d'amour des enfants, de liens, du goût des autres, indépendamment du dogme religieux. Toute la question est de savoir si cette tradition sera plus forte, plus résistante, supérieure à l'empire idéologique de sa destruction.

Y a-t-il selon vous un problème au fond de l'islam qui sécrète la maladie de l'islamisme?

Les plus érudits des islamologues se sont cassés les dents sur cette question. On ne peut essentialiser une religion puisque toutes ont eu leur part d'atrocités dans l'histoire. On peut simplement tenter d'analyser le décalage temporel entre la psyché des peuples musulmans et celle des peuples occidentaux sortis de la religion. Le rapport des temps, anciens et nouveaux, n'a pas trouvé sa correspondance. Une partie de la population vit encore dans une société où la mort de Dieu est un non-sens, où la croyance se nourrit de l'imaginaire enfantin du paradis et de l'enfer. Le travail philosophique du doute ne s'y est pas accompli. En voulant accélérer ce processus, on provoque une grande violence. Il y a un anachronisme de la conscience islamique par rapport à la conscience moderne. Est-ce que cela vient de l'incapacité de l'islam à s'adapter à la modernité, ou de la modernité à ne plus savoir accueillir avec culture et intelligence les figures de l'ancien? Ou des deux?

Comment jugez-vous la situation politique en Tunisie?

La Tunisie a fait une percée majeure dans la constitution d'un État qui ne sera plus jamais la proie de l'islamisme radical. Le processus est irréversible, c'est comme la Révolution française. Avec cette différence que le choix du compromis, c'est-à-dire celui de n'avoir pas éradiqué par la force le succès politique des islamistes, de ne pas avoir adopté un discours violemment antireligieux comme l'a fait le premier nationalisme d'État, a été judicieux. La sagesse a prévalu sur l'idéologie dans les deux camps. En Tunisie, les islamistes ont eu le pouvoir pendant trois ans, par les urnes, et leur échec gouvernemental les a disqualifiés. Le peuple a découvert que la religion ne suffisait pas à résoudre les problèmes quotidiens des gens. Les islamistes ont compris que les Tunisiens aimaient trop la vie, le monde, l'esprit du temps, que leur histoire les avait nourris d'une forme d'épicurisme et de liberté qui ne se soumettrait jamais à l'oppression de la bêtise fanatique. Cet esprit d'avant-garde vient de s'illustrer par l'annonce du président Béji Caïd Essebsi d'une réforme du droit successoral, afin d'abolir l'inégalité entre garçons et filles en matière d'héritage. C'est un nouveau 13 août révolutionnaire, comme en 1956 !

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"Opérations bikinis" en Algérie : le mirage de l'été ? (08.08.2017)

La rédaction avec AFP | Le 08 août 2017

Courant juillet, nous avions relayé l'existence d'«opérations bikinis» en Algérie contre le harcèlement sexuel. Problème : aucun journaliste algérien ou étranger n'a pu constater la réalité de ces opérations.

Dans la torpeur du mois de juillet, des «opérations bikinis» contre le harcèlement sexuel en Algérie sont venues agiter, entre autres, les médias français. Nombre de titres, dont notre site, ont relayé ces prétendus rassemblements de femmes vêtues de maillots de bain pour dénoncer les comportements des hommes sur les plages, et l'extrémisme. «C'est un fantasme des médias étrangers, français en particulier, pour meubler l'été après le feuilleton du burkini» en 2016, analyse pour l'AFP Yamina Rahou, sociologue au Centre algérien de recherche en Anthropologie sociale et culturelle (CRASC). Tentative d'explications.

Y a-t-il eu des "baignades républicaines" ?

Kamel Medjdoub, chef du bureau de Béjaïa du quotidien El-Watan est formel : «Aucune 'baignade républicaine' n'a eu lieu» le lundi 7 août à Tichy, localité balnéaire de Kabylie située près de Béjaïa (250 km à l’est d’Alger). «C'était une journée ordinaire avec son lot de maillots ordinaires de toutes sortes», a-t-il assuré par téléphone à l'AFP.

Annoncée sur les réseaux sociaux, cette «baignade républicaine» était censée faire écho à de prétendues «opérations bikini». Celles-ci, relatent certains médias algériens, français, italiens ou britanniques, auraient été lancées en début d'été à Annaba (600 km d'Alger) pour imposer, par le nombre, les bikinis sur les plages locales. Problème : aucun journaliste algérien ou étranger n'a pu constater la réalité de ces opérations. Et pour rappel, le bikini n'est pas interdit sur les plages algériennes.

Comment est née la polémique ?

Tout est parti d'un article d'un journal local de la ville d'Annaba, Le Provincial, publié le 10 juillet et repris sur les réseaux sociaux puis dans les médias. Ledit article évoquait «un groupe de 2 876 femmes» qui «s'organise chaque semaine sur les réseaux sociaux pour protester de manière pacifique en se baignant en maillot de bain sur les plages de la ville». Protester contre quoi ? Une «campagne» islamiste sur Internet appelant à photographier les femmes en maillot et les publier en ligne.

Si le groupe Facebook «Quelle plage à Annaba ?» existe bien, il n'a pas été créé par militantisme probikini mais pour se rendre en groupe sur la plage afin de se protéger du harcèlement de certains hommes, a expliqué l'une de ses membres à l'AFP. L'auteure de l'article initial, Lilia Mechakra, a indiqué à l'AFP avoir «parlé d'un groupe de femmes de 3 000 membres, sans dire qu'elles allaient à la plage toutes ensemble». Selon elle, ses propos ont été déformés, puis le chiffre repris partout sans vérification.

Le harcèlement sur les plages, une réalité ?


Le groupe a été créé non en réaction à une campagne intégriste mais à l'attitude de nombreux hommes sur les plages, a insisté l'une de ses membres, Sarah, interrogée par l'AFP. Car si l'ampleur de la «campagne islamiste» consistant à photographier les femmes en maillot reste à évaluer, le harcèlement verbal des femmes sur les plages - ou dans les rues - d'Algérie, par des dragueurs grossiers ou des professeurs de morale, est une réalité.

En Afghanistan, les femmes se battent pour avoir un nom avec le hashtag #WhereIsMyName (02.08.2017)
Par Jenny Che

Publié le 02/08/2017 à 18:19

Des militantes ont lancé une campagne sur les réseaux sociaux invitant les femmes à réaffirmer leur propre identité. Première étape : s’approprier leurs noms à elles, et ne plus être “la femme”, “la mère” ou “la soeur” de quelqu’un.

En Afghanistan, dès qu’une femme sort de chez elle, elle perd son nom. Au lieu de l’appeler par son prénom ou son nom de famille, voire celui de son époux, on la désigne en fonction du "statut" des hommes qui l’entourent. Une femme, c’est ainsi toujours “la mère de”, “la femme de” ou encore “la soeur de".

Chez le médecin par exemple, on lui prescrit des médicaments sous le nom du mari afin d’éviter de lui demander le sien. Lorsqu'elle se marie, on met en avant les noms de son père et du fiancé sur les cartons d’invitation. Sur les tombeaux, on grave son statut familial et non pas le nom qu’elle porte depuis sa naissance. Car interpeller une femme en public en utilisant ce marqueur identitaire fondamental est considéré comme un affront à l’honneur de sa famille.

Ces pratiques s’inscrivent dans la société patriarcale afghane où l’on accorde peu d’importance à l’individualité des femmes. Mais les choses commencent à bouger. Depuis quelques semaines, comme l'a raconté le New York Times, une campagne réclamant l’usage des noms de femmes dans l’arène publique fait le tour des réseaux sociaux.

#WhereIsMyName

Lancée par de jeunes militantes, la campagne emploie le hashtag #WhereIsMyName (“Où est mon nom”) et cherche à faire rentrer les noms des femmes dans les documents officiels ainsi qu’à inciter les femmes à réaffirmer leur propre identité. “Les femmes sont considérées comme le deuxième sexe et la propriété des hommes, explique auprès de Marianne Bahar Sohaili, 30 ans, écrivaine et militante qui fait partie de la campagne. Nous essayons de prendre en main nos identités et de les libérer”.

Pour cette militante, il s’agit d’interroger les femmes afghanes sur la question de l’effacement de leur identité, dans ce pays où le nom de la mère n’est même pas indiqué sur les actes de naissance. “On désigne une femme par rapport à son mari, son frère ou son enfant. Notre pépiniériste me désigne toujours par le nom de mon fils. Il m’appelle ‘la mère de Samuel’. En public, on nous appelle ‘celles aux cheveux noirs’, ‘les faibles’ ou ‘tante’, quel que soit notre âge”, poursuit Bahar Sohaili.

Cette culture, qui depuis longtemps relègue la femme au second rang et confie le pouvoir aux hommes, conduit de nombreuses femmes à garder le silence au lieu de dénoncer ces pratiques. Rien ne leur appartient, ni leur nom, ni leur corps, ni leurs actions au quotidien… Une photographe de Kaboul raconte à la Thomson Reuters Foundation la perte totale de contrôle des femmes au quotidien : “Quand je leur demande de les interviewer ou de les prendre en photo, elles me disent, ‘Attendez, je vais demander à mon mari, mon père ou mon frère s’ils me permettent de m’exprimer ou d’être photographiée'”, raconte Farzanah Wahidi.

"Il faut inciter le gouvernement à mettre le nom de la mère sur les nouvelles cartes d'identité"

La campagne s’étend sur les réseaux sociaux. Le chanteur afghan Farhad Darya a fait part de son choix de citer les noms des femmes de sa famille lors des concerts, malgré les attitudes favorisant le rôle des hommes, profondément enracinées dans la culture. “Souvent, devant une foule avec laquelle je ne partage pas de liens familiaux, je remarque le plissement des fronts des hommes qui me trouvent lâche pour avoir mentionné les noms de ma mère ou de mon épouse, a-t-il écrit sur Facebook. Ils me regardent comme si j’étais le plus grand lâche du monde, comme si je ne connaissais rien sur l’honneur et les traditions afghanes”.

"Tumulte gênant"

Les militantes souhaitent également mobiliser les acteurs de terrain, notamment au niveau des politiques. “Pour entrer dans le débat national, il faut inciter le gouvernement à mettre le nom de la mère sur les nouvelles cartes nationales d’identité électroniques, estime Bahar Sohaili. Ça permettra de briser le tabou qui pèse sur l’usage des noms des femmes."


Le gouvernement s’est immédiatement montré réticent face à ces nouvelles attentes. Une porte-parole de la Cour suprême à Kaboul a expliqué à la Thomson Reuters Foundation que “les gens de la culture afghane n'étaient pas prêts pour cette étape moderne. Ça pourrait générer un tumulte gênant”. Pour l’heure, le “tumulte” a seulement envahi les réseaux sociaux.



Céline Pina : « La leçon de liberté des Algériennes en bikini » (28.07.2017)


  • Par Céline Pina
  • Mis à jour le 28/07/2017 à 16:31
  • Publié le 28/07/2017 à 11:43

FIGAROVOX/TRIBUNE - En Algérie, de nombreuses femmes se réunissent pour réclamer la tolérance quant au fait de porter un bikini sur la plage. Céline Pina voit dans cette mobilisation un exemple pour toutes les femmes contraintes de cacher leur corps.

Ancienne élue locale, Céline Pina est essayiste et militante. Elle avait dénoncé en 2015 le salon de «la femme musulmane» de Pontoise et a récemment publié Silence Coupable (éditions Kero, 2016). Avec Fatiha Boutjalhat, elle est la fondatrice de Viv(r)e la République, mouvement citoyen laïque et républicain appelant à lutter contre tous les totalitarismes et pour la promotion de l'indispensable universalité de nos valeurs républicaines.

Lasses d'être harcelées et insultées pour le seul crime d'oser enfiler un bikini, à Annaba, en Algérie, sur la plage de Seraidi, des femmes s'organisent pour venir en groupe à la plage afin de porter un maillot-de-bain sans que cela ne les mette en danger. Ces femmes luttent ainsi contre une police des mœurs insidieuse qui se met en place, tandis que les autorités choisissent de détourner le regard. Ne pouvant être protégées par le pouvoir politique, elles n'ont que leur nombre et leur mobilisation pour tenter de faire accepter cette simple liberté.

Il faut dire que le mois de ramadan a donné lieu à une mobilisation militante sur les réseaux sociaux notamment, émanant des islamistes et des conservateurs, afin de diaboliser le bikini, vu comme une tenue occidentale, contraire aux valeurs de l'Islam et donc impure. Porter un maillot de bain devient «être dans le péché», «être nue» et pire vous vaut d'être mises au ban de l'humanité. C'est ainsi que pour délégitimer cette émancipation des femmes du carcan patriarcal et religieux, une campagne a été lancée avec pour slogan: «Je me baigne avec mon hijab, je laisse la nudité aux animaux».

Une police des mœurs insidieuse

Le port du bikini n'étant pas interdit en Algérie, c'est à l'autocensure que ces femmes sont invitées. En théorie, elles ont le choix ; en pratique, ce choix est un leurre. La femme qui veut simplement aller à la plage en maillot de bain perd son âme, elle est rabaissée au rang de bête. De telles allégations sont lourdes de violences futures et portent en elles un potentiel d'agression non négligeable. Après tout, l'homme qui se laisserait aller à ses bas instincts sur une femme réduite à l'état animal ne commet pas un crime. Puisque selon ses critères à lui, elle ne se respecte pas, elle sera donc, plus que lui, responsable de la violence qui lui est faite. La perversion du raisonnement, pour lamentable qu'elle puisse être, n'empêche pas la violence ravageuse de ses effets quand de telles logiques imprègnent les mentalités.

Et le problème dépasse la question du port du bikini. D'après l'interview donnée au journal algérien «le Provençal» par la fondatrice du groupe, qui pour sa sécurité se présente sous pseudonyme: «Maintenant que nous avons construit une communauté soudée, nous avons décidé de nous battre pour imposer nos robes et nos jupes dans les rues de la ville pendant toutes les saisons de l'année. Au XXIème siècle, même les algériennes ont le droit (…) de mettre en avant leur féminité sans culpabiliser».

L'injonction à la pudeur islamique comme outil de négation de la femme

Le combat de ces femmes pour leur émancipation commence par le corps et tandis qu'elles réclament le droit à être dans l'espace public sans cacher leur corps derrière un linceul symbolique ou sous des vêtements mettant en scène leur «pudeur», les néo-féministes françaises, dans la mouvance du Parti des indigènes de la république et de l'UOIF, ne connaissent qu'un combat à mener pour libérer les femmes: défendre le port du voile et se faire les relais de cette prétendue «pudeur islamique» qui n'est que le cache-sexe dérisoire de la négation de la femme.

Ces femmes en Algérie nous montrent l'ampleur de leur courage et témoignent, en creux, de l'enfer que devient le fait d'être femme dans des pays travaillés par le fondamentalisme religieux. Pendant ce temps, en France, montrer à quel point ce fondamentalisme fait vivre aux femmes un véritable calvaire et les met en danger, vous vaut les pires accusations de racisme. La gauche indigéniste, en se couchant devant les revendications de l'islam politique et les oukases du patriarcat, trahit et abandonne les plus faibles et les plus fragiles à une idéologie qui les réduits à être les objets de leur communauté et non des sujets libres, autonomes et désirants. Elle abandonne la cause des femmes et rentre dans la logique patriarcale et religieuse où la simple existence d'une différence entre les sexes suffit à justifier une hiérarchie entre eux.

Qui veut faire l'ange, fait la bête

L'aboutissement d'une telle palinodie est remarquablement incarné par le sémillant Justin Trudeau, premier ministre du Canada. Désireux de refondre complètement le Guide de citoyenneté, qui est remis à chaque individu voulant immigrer au Canada, il y a fait ôter un avertissement soulignant que certaines «pratiques culturelles barbares» telles que les crimes d'honneur et l'excision du clitoris étaient considérées comme des crimes au Canada. Non que ces pratiques aient été totalement éradiquées, elles connaissent plutôt un regain mal venu, mais parce qu'il estime que dire que lapider les femmes adultères, exciser les jeunes filles, commettre des crimes soi-disant «d'honneur» est barbare, pourrait être ressenti comme une offense par les musulmans. Or je crois que c'est la position même de Justin Trudeau sur ce dossier qui est offensante pour les musulmans.

Justin Trudeau fait preuve d'une condescendance qui n'est autre qu'une forme sophistiquée du mépris.

Une amie croyante à qui j'en parlais s'est étouffée de rage et de colère: «Mais pour qui nous prend-il? Ce n'est pas respecter l'autre que de penser qu'il est incapable de sortir de pratiques criminelles, ou de considérer que là où certains sont capables de grandir en civilisation, d'autres n'ont d'autres identités que l'obscurantisme et la barbarie. Et puis nous ne sommes pas tous soumis à la propagande wahhabite. Cela ne lui est pas venu à l'idée que pour certains et surtout pour certaines, nous pouvons désirer venir en occident pour partager les libertés qui y sont accordées? Pourquoi serions-nous voués à ne souhaiter que la régression?» En supprimant cette mention pour ne pas soi-disant offenser les musulmans, Justin Trudeau fait preuve d'une condescendance qui n'est autre qu'une forme sophistiquée du mépris. Pire même, pour donner des gages aux plus radicaux militants de l'Islam politique, il abîme l'image des migrants de confession musulmane et livre les femmes à l'oppression, pour peu qu'elle soit présentée sous un vernis culturel: c'est ainsi que dans le pays du multiculturalisme triomphant, l'excision n'est plus un acte barbare, mais une tradition devant laquelle on se doit de s'abstenir de tout jugement.

Or ces mutilations qui pèsent sur les femmes ont un but très précis: les cantonner à une fonction de reproductions et nier leur sexualité et pour s'assurer le contrôle des ventres. La femme n'est ainsi respectable qu'en devenant mère et en se cantonnant à sa fonction biologique. C'est ainsi que se met en œuvre la trilogie primitive de la domination: privation de libertés, privation de l'accès au savoir et privation d'accès à toute fonction d'autorité. Et plus ce système archaïque et répressif vomit la femme, plus il vénère la mère. Ces mères qui deviennent souvent le plus sûr verrou de la transmission du pouvoir patriarcal et qui jouent un rôle prépondérant dans l'aliénation des filles. En reprenant le pouvoir sur leur corps, en réclamant le droit à la féminité, les baigneuses algériennes nous montrent ce qu'est une vraie lutte féministe. Hélas, si ces bains collectifs deviennent un happening politique et féministe, c'est avant tout parce qu'elles ne peuvent pas compter sur le pouvoir politique pour défendre l'égalité entre les sexes.

Les inégalités femmes-hommes à la base de toutes les discriminations

Car s'il y a bien un point qui nous réunit, de part et d'autre de la Méditerranée, c'est le fait que les politiques n'ont pas suffisamment conscience de l'importance du problème de l'inégalité femmes-hommes. Il faut relire l'anthropologue Françoise Héritier: cette inégalité est à la base de toutes les discriminations, de tous les racismes, elle est la source à laquelle ils puisent leur justification. Tant que certains hommes refuseront l'égalité en droit aux femmes, alors l'idée que la différence doit se traduire en hiérarchie et en domination trouvera toujours une justification. Elle est d'abord sexuelle, puis elle sera ethnique, confessionnelle, sociale… et on pourra toujours compter sur le surplomb religieux pour la fournir.

Bien sûr toutes ces femmes qui se battent pour simplement pouvoir aller en maillot-de-bain à la plage ne traduisent pas leur révolte en revendication politique consciente, mais elle est pourtant là. Et nous devrions nous inspirer d'elles et rappeler à nos représentants la force du message contenu dans cette réappropriation de l'espace public par les femmes d'Annaba, car les forces politico-religieuses qui ont fait régresser les libertés et ne leur permettent plus d'exercer leurs droits sans se mettre à plusieurs pour se protéger, sont aussi à l'œuvre chez nous.

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Droits des femmes et laïcité : deux combats inséparables (13.07.2017)


Publié le 13/07/2017 à 12:50
Djemila Benhabib

Ecrivaine et militante politique québécoise d'origine algérienne.

Le collectif Femmes sans voile d’Aubervilliers s’est mobilisé récemment, le 10 juillet, pour célébrer la Journée mondiale des femmes sans voiles. Cette initiative destinée à raviver la solidarité avec des femmes musulmanes contraintes de se couvrir de la tête au pied dans plusieurs pays nous invite également à faire notre propre examen de conscience. S’agissant des voiles, qu’en est-il chez nous? Encore heureux que des femmes soient nombreuses à résister en Iran, en Arabie saoudite ou en Afghanistan, à cette oppression des corps qui augure une autre oppression, cette fois-ci plus large, celle des sociétés dans leur ensemble. Il suffit, d’ailleurs, de s’attarder à leur statut pour mesurer l’état de la démocratie. En effet, la condition des femmes nous renseigne sur les forces en présence, les blocages politiques et les tensions sociales existantes. Car l’imposition des voiles s'accompagne, trop souvent, de l’interdiction de penser, de créer, de chanter, de danser, de dire, d’écrire ou d’exercer du sport. Et que dire de leur liberté de conscience?

Sur le terrain du contrôle de la tête, du corps et de la sexualité des femmes, les régressions sont nombreuses. Dans nos démocraties, le harcèlement de rue gagne du terrain, le voilement des filles prépubères est désormais une réalité et le voile intégral (bien que pour l’instant marginal) connaît une percée significative. Malheureusement, ces phénomènes existent sans qu’on y prête véritablement attention. Pourtant, il va bien falloir prendre le taureau par les cornes et poser des gestes concrets à moins de vouloir fermer les yeux sur ces tristes réalités. A moins que nous soyons carrément devenus indifférents au sort de nos semblables.

En France, plusieurs incidents survenus, ici et là, révèlent que la présence des femmes dans l’espace public reste un enjeu significatif. Baisser le regard, se camoufler dans des vêtements amples et couvrants, presser le pas ne les protègent pas des violences. Certes, le harcèlement de rue n’est pas un fléau comme en Égypte tel qu’illustré dans le film Les Femmes du Bus 678 mais la crispation à leur endroit est palpable. A La Chapelle, quelques femmes ont exprimé leur ras-le bol de se faire fusiller du regard, insulter, tripoter et elles ont été dénoncées par certains comme affabulatrices ou racistes. Des situations semblables ont été signalées dans d’autres villes comme Marseille et Lyon. Marlène Schiappa, la secrétaire d’État aux droits des femmes, a annoncé faire de la lutte contre le harcèlement de rue une “priorité gouvernementale”. Paradoxalement, cette dernière a ouvert la porte à une grande ambiguïté en déclarant que « l'égalité femmes-hommes doit tenir compte de la spécificité des territoires ». Ce qui suscite en nous de vives inquiétudes. L’égalité entre les femmes et les hommes sera-t-elle à géographie variable dans notre République?

Il y a quelques semaines à Saint-Denis, un homme a battu une femme en hurlant: « Toi, toi, la salope, la pute, la connasse ! », rapporte le journal de la ville qui écrit: « Fatima n’a pas le temps de réagir. L’homme lui décoche une droite. De toute sa hauteur, de tout son poids. Un coup de poing au visage, en pleine mâchoire ». Les coups ne viennent pas toujours d’hommes “enragés” titillés dans leur virilité. Certains politiciens développent des attitudes machistes allant dans ce sens. Il est même étonnant que quelques jours après cette terrible agression survenue sur la terrasse d’un restaurant du centre-ville, un conseiller municipal stigmatise sur les réseaux sociaux les femmes qui fument en public et qui portent des jupes.

Chose encore plus surprenante, cet élu du Front de gauche, Madjid Messaoudene, « délégué à l’Égalité femme/homme », affiche une grande hostilité à l’égard des femmes qui expriment des idées contraires aux siennes. Sa dernière cible en date est une principale de collège de sa ville contre laquelle il a porté plainte auprès du procureur pour une publication facebook prétendument diffamatoire à son endroit. C’est peu dire que les positions laïques et républicaines de la principale, Véronique Corazza, indisposent l’élu de gauche, bien connu pour son activisme racialiste et pro-islamiste au sein de la nébuleuse des Indigènes de la République. L’histoire a fait grand bruit et a même divisé le conseil municipal. La principale peut compter sur le soutien de nombreux citoyens de Saint-Denis, quelques élus, et plusieurs organisations laïques et féministes qui y voient une stratégie d’intimidation. La section locale du Parti socialiste a déploré cette situation. Le maire communiste quant à lui, ne voit dans les agissements de “son protégé” aucune entorse.

La volonté d’apaiser et de sécuriser les femmes dans l’espace public passe par le respect de la laïcité, surtout en cette époque marquée par un militantisme religieux agressif et prosélyte qui se niche dans le communautarisme et le détournement de la lutte contre le racisme. Rappelons-le encore une fois, la laïcité n'est ni un dogme ni une idéologie, ni une valeur ni une opinion. C'est un cadre philosophique, politique et juridique qui rend possible l'exercice de l'ensemble des libertés dont nous jouissons. La lutte contre le harcèlement de rue doit impérativement se faire en adéquation avec le respect de la laïcité. S'il veut vraiment réussir, le gouvernement doit mener ce combat-là sur ces deux fronts.

Signataires :
André Gomar pour l’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis ;
Annie Sugier, Ligue du Droit International des Femmes ;
Betty Lachgar, M.A.L.I. Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles ;
Céline Pina, Viv(r)e la République ;
Christian Gaudray, Président de l’UFAL (Union des familles laïques) ;
Damien Pernet, bureau national de l’UFAL ;
Djemila Benhabib, écrivaine ;
Françoise Laborde, PFDM « Pour les femmes dans les médias » ;
Françoise Morvan, Présidente de la CLEF – Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes ;
Henda Ayari, Les Libératrices ; 
Laurence Marchand Taillade, Observatoire de la laïcité du Val d'Oise ;
Jean-Pierre Sakoun pour le Comité Laïcité République ;
Martine Cerf, EGALE (Égalité- Laïcité-Europe) ;
Nadia Benmissi et Nadia Ould Kaci, Femmes sans voile d’Aubervilliers ;
Nadia el-Fani, cinéaste ;
Nasser Ramdane Ferradj, Collectif musulman-e laïque contre l'islamisme ;
Nathalie Martinez, metteur en scène ;
Rémi Richelet, Esprit Laïque ;
Roger Cordier, Comité 1905 Rhône-Alpes ;

Sémira Tlili, LaïcArt, Soad Baba-Aissa, A.M.E.L (Association pour la Mixité, l’Egalité et la Laïcité).

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