mardi 20 février 2018

Lydia Guirous, Allah est grand, la République aussi (2014)

« Du voile de Creil… au djihad en Syrie… Nous avons perdu une bataille, oublié de descendre à la station République… »

Enfant de l'immigration, Lydia Guirous n'a pas eu de difficulté à s'intégrer. La France, elle l'aime. Trop peut-être ? Au point de déranger ceux qui voudraient qu'elle la rejette ?


À mi-chemin entre le manifeste et le témoignage, elle pointe la dangereuse dérive d'une France qui a honte de ses valeurs, de son histoire et abdique face à la montée du communautarisme et de l'islam radical.

Dans cet essai courageux, au travers d'anecdotes acérées, elle dénonce les atteintes portées aux droits des femmes, la radicalisation d'une partie de la jeunesse des quartiers populaires, le piège de la double culture et de la « diversité » , le jeu trouble des politiques, et leurs difficultés à faire respecter ce principe qui protège tous les enfants de la République : la laïcité.


Extrait du prologue
J'aime la chorba et la tête de veau, le boeuf bourguignon et le couscous, Matoub Lounès et Renaud. Ce livre est mon histoire, celui d'une jeune femme née en Kabylie, arrivée à Roubaix dans le nord de la France à l'âge de six ans pour fuir le terrorisme de la décennie noire en Algérie. Nous avions décidé de mener notre vie en France et de faire de la France notre pays. S'intégrer ? La question ne se posait pas. C'était une évidence, une volonté, un impératif. La France nous a accueillis à bras ouverts et aujourd'hui je doute que beaucoup d'autres pays le fassent avec autant de générosité. Du racisme, de la discrimination ? Oui il y en a eu, mais on m'a appris à l'ignorer pour avancer.

C'était en novembre 1989, nous arrivions en France, le mur de Berlin s'effondrait vingt-quatre heures après que nous avons posé nos valises... Le bicentenaire de la Révolution française était célébré et l'affaire du voile islamique de Creil faisait l'actualité... Vingt ans plus tard, c'est la burqa et le djihad qui occupent les esprits. Du voile à la burqa, cela sonne comme une défaite de la République face aux communautarismes. Nous avons perdu une bataille, oublié de descendre à la station République... Et les droits des femmes musulmanes et leur émancipation n'avancent pas.

Aujourd'hui, j'ai vingt-neuf ans et l'air me semble irrespirable. Ma France paraît être tombée dans un long coma. Attaquée, insultée, elle prend les coups sans réagir. Fini la générosité, la tolérance, la fraternité... Pire, la France serait raciste, discriminante, non méritocratique, et la laïcité serait de l'islamophobie... Car, aujourd'hui, on ne parle plus de racisme mais d'«islamophobie». De Roubaix, ville devenue la référence du communautarisme et du halal, j'ai vu ma France vaciller, s'oublier et abdiquer. La «communauté» maghrébine est manipulée et s'enlise dans le piège du repli identitaire. Ceux qui ont choisi la République sont violemment rejetés et insultés. Ils sont des «infidèles», des «traîtres», des «colla-beurs».

Dans le petit monde merveilleux des intégristes musulmans, être «colla-beur», surtout lorsqu'il s'agit d'une femme, est la pire des insultes. C'est bien pire que d'être une pute... C'est être une traîtresse qu'il faut punir et humilier en place publique comme cela a été tristement le cas à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour ces gens, toute personne d'origine maghrébine qui refuse le communautarisme et qui évolue avec un mode de vie français est un «collaborateur».

Aimer la France et la République est ainsi devenu dangereux dans certains quartiers. Une partie des enfants des quartiers difficiles est embrigadée dans l'obscurantisme et emprunte les chemins de l'islamisme radical, du djihad... et du rejet de la France. Ils ne se considèrent plus comme Français mais comme appartenant à la patrie des «Muslims», et au nom de l'amour de cette patrie virtuelle, ils sont prêts à partir au combat.


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