samedi 29 juillet 2017

Macron président (2017-2022)

Macron fait du terrorisme islamiste l'ennemi numéro un (29.08.2017)
Macron qualifie le régime de Maduro au Venezuela de «dictature» (29.08.2017)
Wikileaks publie 71.000 emails de la campagne Macron (31.07.2017)
Macron : le «modèle suédois», une «source d'inspiration» (31.07.2017)
Pourquoi Rihanna est-elle reçue par Emmanuel Macron ? (25.07.2017)
La leçon de communication du général Pierre de Villiers à Emmanuel Macron (21.07.2017)
Le FMI salue les réformes "ambitieuses" et "courageuses" de Macron (17.07.2017)
Attentat de Nice: Macron "comprend la colère" contre l'Etat (14.07.2017)
Armées : Dupont-Aignan juge "indigne" le rappel à l'ordre de Macron (14.07.2017)
Elisabeth Lévy : « Macron nous rappelle qu'entre le sublime et le ridicule, la frontière est ténue » (13.07.2017)

Macron fait du terrorisme islamiste l'ennemi numéro un (29.08.2017)



Mis à jour le 29/08/2017 à 19h07 | Publié le 29/08/2017 à 19h05

Dans un discours à l'Élysée devant les ambassadeurs, le président français a dévoilé les grandes orientations de sa politique étrangère.

C'était son premier grand discours de politique étrangère depuis qu'il est arrivé à l'Élysée. Devant près de 170 ambassadeurs réunis à l'Élysée pour cette traditionnelle grande messe de la rentrée diplomatique, le président français a longuement développé sa vision du monde mais aussi la place que doit y occuper un grand pays comme la France. Il veut qu'elle se «transforme», qu'elle «tienne son rang dans un ordre mondial profondément bousculé» et soit «capable de se faire entendre». Membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, puissance nucléaire, la France doit exercer son rôle de contrepoids quand il le faut et porter des initiatives visant à refonder l'ordre mondial avec ses alliés, quand elle le peut, en favorisant l'émergence de nouveaux formats multilatéraux.

Emmanuel Macron a fait de la lutte contre le «terrorisme islamiste» la priorité de sa politique étrangère. C'est une des choses qui le différencient de ses prédécesseurs, Emmanuel Macron appelle un chat un chat. Depuis qu'il est arrivé à l'Élysée, les tabous, les idéologies et les ambiguïtés du politiquement correct ont déserté le palais et donné un souffle de fraîcheur à ses discours et à ses initiatives, nationales et internationales. Dans la bouche d'Emmanuel Macron, donc, le président vénézuélien Nicolás Maduro est un «dictateur» et le terrorisme qui prend pour cible la France et ses alliés européens est un «terrorisme islamiste». «Oui, j'assume parfaitement l'emploi de cet adjectif… Car rien ne serait plus absurde que de nier le lien entre les actes terroristes que nous vivons et une lecture à la fois fondamentaliste et politique d'un certain islam. L'angélisme n'est pas de mise à cet égard», affirme le président. Aucun responsable français, avant lui, ne l'avait sans doute aussi clairement dit.

La sécurité des Français

C'est parce que la sécurité des Français est «la raison d'être de la diplomatie française» que Paris est engagé militairement dans la lutte contre les groupes djihadistes dans la bande sahélo-saharienne, en Libye et au Levant, dans les guerres d'Irak et de Syrie. Le président sera très attendu dans les mois qui viennent sur les sujets libyens et syriens. Sur le premier dossier, lié au terrorisme mais aussi à la crise des migrants, son initiative a forcé, en juillet, un accord de réconciliation politique entre les deux frères ennemis libyens, le général Haftar et Fayez al-Sarraj.

Un mois plus tôt, Emmanuel Macron avait officialisé le glissement de la politique syrienne de la France en affirmant que Paris ne faisait plus du départ du président Bachar el-Assad une condition préalable aux négociations. «Daech est notre ennemi. Le retour de la paix et de la stabilisation en Irak et en Syrie sont une priorité vitale pour la France. Nous devons gagner la paix et changer de méthode», a confirmé le président. Ce fut l'une des principales annonces de son discours aux ambassadeurs: il a annoncé la réunion d'un groupe de contact sur la Syrie en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, à New York le mois prochain. Cette initiative, qui vise à redonner du souffle à la solution diplomatique mais aussi à replacer la France, qui en avait été chassée, au cœur du processus, réunira le P5 - les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU - et les principaux acteurs régionaux. C'est la France qui devrait jouer le rôle d'interface avec l'Iran.

Cette politique fondée sur le réalisme, qui a pour but de redonner à une France «indépendante» son rang dans le monde et n'hésite pas à créer des rapports de force quand il le faut, vis-à-vis, par exemple, de Vladimir Poutine, de Donald Trump ou des dirigeants polonais, Emmanuel Macron l'applique, depuis qu'il est à l'Élysée, à tous les grands sujets de politique internationale. «Je veux que la France propose des solutions et des initiatives quand il y a de nouvelles crises», a-t-il affirmé hier, répétant une nouvelle fois qu'une diplomatie se doit de parler à tout le monde. C'est la raison pour laquelle, entre l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite, qui se livrent une guerre d'influence au Levant, «on ne doit pas choisir un camp ou l'autre».

Redémarrer le moteur franco-allemand

La partie européenne de son discours, très investie comme toujours par ce président qui a fait campagne sur la nécessité de redonner un destin et une attractivité à l'UE en faisant redémarrer le moteur franco-allemand, était davantage connue, puisqu'elle avait été mise en pratique à de nombreuses reprises au cours de l'été, notamment à l'occasion de son dernier déplacement en Europe orientale. Mais elle n'en était pas moins déterminée. Emmanuel Macron a répété que la France ferait, après les élections législatives en Allemagne, une dizaine de propositions à ses partenaires européens. «Le lieu où construire les outils de notre puissance, le lieu de notre souveraineté aujourd'hui, c'est l'Europe», a-t-il affirmé. Une Europe qu'il désire «refondée», à «plusieurs formats» et tirée par «une avant-garde» de pays qui voudront «aller plus loin» dans la convergence de leurs économies et de leurs politiques.

La vision du monde d'Emmanuel Macron, qui vise à lutter contre le terrorisme, à retrouver l'énergie vitale de l'Europe, à lutter contre les replis protectionnistes et contre la prolifération nucléaire, tout en s'adossant à un renforcement économique au niveau national, veut aussi s'investir dans la lutte contre le réchauffement climatique. Depuis le retrait des États-Unis de l'accord de Paris sur le climat, le président français tente de faire revenir Donald Trump sur sa décision. Il a annoncé un nouveau sommet international sur le climat, qui se tiendra à Paris le 12 décembre prochain.

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Isabelle Lasserre   Journaliste 166 abonnés Suivre
Grand reporter au service étranger du Figaro

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Macron qualifie le régime de Maduro au Venezuela de «dictature» (29.08.2017)

Par Le figaro.fr et AFP agenceMis à jour le 29/08/2017 à 16h25 | Publié le 29/08/2017 à 14h04

VIDÉO - Devant les ambassadeurs français réunis à Paris, le président de la République a marqué son opposition au régime de Maduro, qu'il a qualifié de «dictature». Il a également estimé que les Français ne comprenaient pas la «complaisance» de certains vis-à-vis du régime.

Lors de son discours de politique étrangère devant les ambassadeurs français réunis à Paris, le président Emmanuel Macron a qualifié mardi de «dictature» le régime du président Nicolas Maduro au Venezuela . «Nos concitoyens ne comprennent pas comment certains ont pu être aussi complaisants avec le régime qui est en train de se mettre en place au Venezuela. Une dictature qui tente de se survivre au prix d'une détresse humanitaire sans précédent, alors même que les ressources de ce pays restent considérables», a lancé le président français. Depuis plusieurs mois, les cadres de la France insoumise sont accusés de complaisance à l'égard de la répression menée par le président Nicolas Maduro.

130 morts dans les manifestations

Le Venezuela est plongé depuis des mois dans une profonde crise économique, politique et institutionnelle. Son président, Nicolas Maduro, très impopulaire selon les sondages, est confronté à des manifestations régulières de l'opposition qui réclame sa démission. Près de 130 personnes ont été tuées en quatre mois de manifestations contre le gouvernement. Élue fin juillet dans le sang et contestée par une grande partie de la communauté internationale, une Assemblée Constituante issue du chavisme, le courant au pouvoir, s'est attribuée l'essentiel des pouvoirs du Parlement, dominé par l'opposition.


Le président américain Donald Trump a imposé vendredi de nouvelles sanctions au Venezuela - les premières frappant le pays en tant que tel- visant à restreindre l'accès aux capitaux étrangers dont il a un besoin crucial pour éviter un défaut de paiement. Le texte prévoit en particulier l'interdiction d'acheter de nouvelles obligations émises par le gouvernement du Venezuela ou la compagnie pétrolière nationale PDVSA.«Ces mesures ont été soigneusement calibrées pour priver la dictature Maduro d'une source cruciale de financement», a souligné la Maison Blanche. Le Venezuela a dénoncé la «pire agression» qui soit contre le peuple. De son côté, le ministère russe des Affaires étrangères a accusé lundi les États-Unis de vouloir «aggraver les tensions» au Venezuela avec l'adoption de nouvelles sanctions contre le gouvernement de Nicolas Maduro.

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Wikileaks publie 71.000 emails de la campagne Macron (31.07.2017)

  • Par Le Figaro.fr avec AFP
  • Mis à jour le 31/07/2017 à 19:33
  • Publié le 31/07/2017 à 19:29
Wikileaks a annoncé aujourd'hui avoir publié 71.000 courriels de messageries électroniques piratées juste avant le second tour de la présidentielle de responsables du parti d'Emmanuel Macron, la République en marche, qui "va en informer la justice".

Dans un communiqué, Wikileaks affirme avoir pu confirmer l'authenticité seulement de 21.000 courriels (surnommés "MacronLeaks"), mais estime que "la majorité écrasante du reste des emails est authentique".

Ces courriels avaient été diffusés sur internet juste avant le second tour de l'élection présidentielle, mais jusqu'à présent ils étaient difficilement lisibles. Le site a ajouté un moteur de recherche pour les rendre plus facilement accessibles.

Dans un communiqué, la République en marche souligne que, "d'après nos premières investigations, ces documents seraient les mêmes que ceux issus de l'opération de piratage organisée le 5 mai".

"Sous couvert de nouveauté, Wikileaks ne fait que reprendre à son compte l'opération de déstabilisation organisée au mois de mai", déplore le parti.

La République en marche appelle "à la vigilance sur la nature de ces publications. L'opération de piratage s'était traduite par la diffusion de nombreux faux s'ajoutant aux documents authentiques relevant du fonctionnement interne du mouvement".

Le parti d'Emmanuel Macron va "informer le procureur de la République de cette nouvelle publication dans le cadre de la plainte déjà déposée et en cours d'examen pour accès frauduleux, extraction frauduleuse de données, atteinte au secret des correspondances et usurpation d'identité".

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Macron: le «modèle suédois», une «source d'inspiration» (31.07.2017)


  • Par Le Figaro.fr avec AFP
  • Mis à jour le 31/07/2017 à 21:38
  • Publié le 31/07/2017 à 19:40
Le président français Emmanuel Macron a affirmé aujourd'hui qu'il voyait dans le "modèle suédois" une "véritable source d'inspiration" alors que la France a entamé une réforme de son marché du travail, en recevant le Premier ministre suédois Stefan Löfven à Paris.

"J'ai toujours considéré qu'il y avait dans ce que certains on pu appeler le modèle suédois une véritable source d'inspiration à plusieurs égards", a indiqué le chef de l'Etat français lors d'une déclaration commune, à l'issue de leur rencontre.

"La Suède a su faire évoluer son modèle social sans jamais le trahir et en conciliant un modèle de compétitivité et une vraie exigence de justice sociale", a-t-il fait valoir.

Emmanuel Macron a également souligné la "volonté de renforcer un agenda commun" avec Stockholm en "matière d'innovation et de lutte contre le réchauffement climatique".

Cet agenda doit faire l'objet d'une "feuille de route" qu'Emmanuel Macron entend signer "d'ici à la fin de l'année en Suède". Il s'y rendra une première fois dès le 17 novembre pour un sommet social européen réuni à Göteborg.

Le Premier ministre suédois s'est prononcé pour sa part en faveur d'une "coopération européenne forte et inclusive" en matière de sécurité et de défense, précisant que le sommet de Göteborg viserait à offrir "des bénéfices et des opportunités à tous les citoyens" européens.


À VOIR - La Suède et la France annoncent la création d'un partenariat pour l'innovation dans le domaine de l'environnement

Pourquoi Rihanna est-elle reçue par Emmanuel Macron ? (25.07.2017)

Par Camille Rivieccio — 25 juillet 2017 à 15:46

La chanteuse doit rencontrer le président de la République mercredi. L’objectif : récolter des fonds dans le cadre du Partenariat mondial pour l’éducation, dont elle est l’ambassadrice.

Emmanuel Macron jouerait-il les groupies ? Après Bono lundi, venu plaider pour son ONG One, qui lutte contre la pauvreté, le rendez-vous du Président avec Rihanna, inscrit à l’agenda élyséen, a de quoi rendre jaloux les Navys – surnoms donnés aux fans de l’artiste. A priori, il ne sera cependant pas question de musique. Derrière sa réputation provocante et ses tenues affriolantes, la star américaine est engagée depuis plusieurs années dans des actions philanthropiques, notamment dans l’éducation. Ces derniers mois, elle a publiquement interpellé sur Twitter les dirigeants de plusieurs nations du monde : le Canada, l’Argentine, l’Allemagne ou la France – en septembre déjà, elle s’était adressée à François Hollande.

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Rihanna @rihanna
🇫🇷 bonjour @EmmanuelMacron, will France commit to #FundEducation?
01:11 - 24 Jun 2017
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Sur le réseau social, elle appellait les chefs d’Etat à participer activement au financement de projets éducatifs dans 65 pays en développement, l’accent étant mis sur la scolarisation des filles, via le Global Partnership for Education (GPE) dont elle est l’ambassadrice mondiale.

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hey there @mauriciomacri, what's your plan for Argentina to commit to #FundEducation? 🇦🇷
00:38 - 24 Jun 2017
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Rihanna @rihanna
Germany, I'm checking in to see where we are on the commitment to #FundEducation w/ @GPforEducation? @regsprecher, I'm depending on you!😊 🇩🇪
01:30 - 24 Jun 2017
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Le mois dernier, l’artiste s’était rendue au Malawi pour rencontrer élèves et éducateurs.

Personnalité humanitaire de l’année

En 2016, Rihanna avait déjà réussi un tour de force grâce à sa notoriété. A l’approche du festival Global citizen, dont elle était la tête d’affiche, elle avait mobilisé ses fans pour inciter les gouvernements à augmenter leur participation au GPE. Un appel fructueux, puisque le Canada avait consenti à un investissement de 20 millions de dollars (17 millions d’euros), la France s’engageant à hauteur de 2 millions de dollars.

En février, la Barbadienne a reçu le prix de la personnalité humanitaire de l’année, remis par la prestigieuse université Harvard. Un prix qui vient côtoyer ses huit Grammy Awards, entre autres reconnaissances. Allen Counter, directeur de la fondation Harvard, a souligné les actions accomplies par la chanteuse. Et notamment la construction, dans l’hôpital Queen-Elizabeth de Bridgetown, à la Barbade, un centre d’oncologie et de médecine nucléaire pour diagnostiquer et traiter le cancer du sein. Elle est également la fondatrice de l’association Clara Lionel Foundation Scholarship (du nom de ses grands-parents), qui finance les études supérieures suivies aux Etats-Unis par les jeunes Caribéens.


Camille Rivieccio

La leçon de communication du général Pierre de Villiers à Emmanuel Macron (21.07.2017)


Publié le 21/07/2017 à 17h09

FIGAROVOX/TRIBUNE - En anticipant son départ et en affichant le soutien de ses hommes, Pierre de Villiers a pris de court Emmanuel Macron sur le terrain de la communication. Pour Arnaud Benedetti, Christophe Castaner a fait une erreur en relançant la polémique.

Arnaud Benedetti est professeur associé à l'Université Paris-Sorbonne, coauteur de Communiquer, c'est vivre (entretiens avec Dominique Wolton, éd. Cherche-Midi, 2016), et auteur deLa fin de la Com' (éditions du Cerf, 2017).

En communication le plus difficile consiste parfois à se faire oublier. La séquence post-démission du général de Villiers a ceci de paradoxal que sur ce terrain de la com' où il a jusqu'ici indéniablement démontré un réel savoir-faire, le pouvoir macronien semble en panne d'inspiration. Quelque chose semble s'être soudainement grippé, à l'instar d'un grimpeur virevoltant sur les cols du Tour de France et subitement en proie à une terrible défaillance. Coup sur coup, plusieurs éléments viennent corroborer ce constat d'un début de perte de main dont on ne sait s'il s'avérera durable ou passager.

Tout d'abord, les déclarations d'une rare sévérité de l'Hermès provençal d'Emmanuel Macron, le porte-parole du gouvernement, s'en prenant à la scénarisation supposée du départ de l'ancien chef d'État-major sous les applaudissements de ses frères d'armes. Non sans une grandeur teintée d'une forme de malice audacieuse, Pierre de Villiers a en effet prouvé qu'il savait manier, après l'humiliation subie, les images et les symboles. Il s'agit là d'un événement qui vise à montrer que bien que muette l'armée n'est pas dupe ; qu'elle a appris, elle aussi, depuis longtemps à communiquer et qu'à partir du moment où la gestion de l'image s'impose comme un moyen d'expression, silencieux mais signifiant, de ce quinquennat nouveau, il n'est pas fondamentalement surprenant que d'autres acteurs y recourent dans leur relation à l'opinion.

Certes d'aucuns s'étonneront de cette ostentation du soldat dans un pays où le primat du civil, à juste titre, fonde le pouvoir. Mais ce serait là oublier qu'il existe aussi un imaginaire gaullien rebelle qui continue de sourdre dans les plis de la mémoire nationale quand l'enjeu de la sécurité apparaît, a fortiori dans une époque de tensions, sous-estimé. Le trauma de Juin 40 opère comme le spectre au-dessus du royaume de Danemark. C'est cet arrière-fond mémoriel qu'a su avec panache réactiver le général de Villiers mais cette réactivation eut été inopérante si le jeune Président, par la brusquerie inattendue de sa parole, n'avait lui-même créé les conditions de ce retour très politique de l'armée après un demi-siècle de discrétion publique. Dans ce contexte relativement exceptionnel, les propos du secrétaire d'État Castaner mettant en cause la loyauté de l'ancien chef d'État-major, qualifié pour la circonstance de «poète revendicatif», loin de clore la crise viennent «réinfecter» la plaie, ouvrant la voie à une communication gouvernementale marquée maladroitement au fer rouge du ressentiment. Tout se passe comme si par une ruse de l'histoire le soldat, nonobstant les freins de son statut, parvenait à subvertir la com' jusque-là insolente du politique.

Le timing est bousculé quand le général « grille » la convocation élyséenne du vendredi et annonce son départ un mercredi.

Cette dernière, justement, perd de son énergie et de sa maîtrise, alors qu'elle était à l'orée de sa mandature le mouvement même du macronisme, le signe d'un prologue réussi, la promesse d'un renouvellement de l'écriture politique. Le timing est bousculé quand le général «grille» la convocation élyséenne du vendredi et annonce son départ un mercredi. Pris de cours le maître des horloges, au risque d'une boursouflure d'images, se fait aviateur, subliminal Tom Cruise, se précipite à Istres et annule in extremis sa participation matinale aux états généraux de l'alimentation. Temps médiatique qui reprend le dessus, temps politique qui sort du lit présidentiel, temps de crise qui rappelle que le surinvestissement symbolique du Prince, lorsqu'il ne s'accompagne pas de l'humilité du pénitent, ne suffit pas à apaiser ce soupçon de doute qui étreint désormais une bonne partie d'un espace public jusque-là attentivement bienveillant...

Ainsi se propage, brèche entrouverte dans l'irénisme jusque-là ambiant, une tonalité médiatiquement interrogative, parfois critique, souvent peu amène. L'offre éditoriale au cœur de l'été s'interroge. Elle s'interroge sur le silence de la ministre des armées, contrainte à venir s'exposer sur le plateau de TF1 au cours d'un exercice dont on mesure non sans peine qu'il fut une vallée de souffrances sémantiques. Elle s'interroge sur la capacité de l'hôte de l'Élysée à partager les eaux de l'autorité politique et de l'autoritarisme technocratique. Elle s'interroge inévitablement sur les conséquences d'une crise qui affecte non seulement le lien entre le pouvoir civil et les militaires mais sur les suites politiques de ce qui constitue une sortie de route communicationnelle. Elle s'interroge enfin sur ce que nous dit de sa psychologie profonde ce nouveau pouvoir après la déclaration à contretemps du porte-parole du gouvernement.

Loin des héritages du mystérieux Pilhan, maître posthume de l'usage rare et géométrique de la narration médiatique, la séquence n'est plus produite par l'Élysée mais à nouveau par une mediasphere qui reprend non seulement son autonomie mais qui de fait réimpose son rythme au Président qui se croyait maître du temps, des mots et des hommes... Sans doute seul un militaire, stratège éprouvé par tant de terrains accidentés et périlleux, pouvait perturber ainsi un ordre des choses jusque-là subtilement huilé. L'histoire n'est jamais close!

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Le FMI salue les réformes "ambitieuses" et "courageuses" de Macron (17.07.2017)

Modifié le 17/07/2017 à 15:55 | Publié le 17/07/2017 à 15:55
http://www.ouest-france.fr/monde/organismes-internationaux/fmi/le-fmi-salue-les-reformes-ambitieuses-et-courageuses-de-macron-5140979

Le FMI salue ce lundi les réformes "ambitieuses" et "courageuses" annoncées par le président Emmanuel Macron et son gouvernement. L’institution financière revoit également à la hausse la prévision de croissance de la France.

Le Fonds Monétaire International a salué ce lundi les réformes annoncées par le président Emmanuel Macron et son gouvernement. Elles pourraient « fortement contribuer à résoudre les défis économiques » auxquels est confrontée la France « de longue date », comme les « déséquilibres budgétaires persistants », le « chômage élevé » et une « faible compétitivité extérieure », a assuré le FMI au terme de sa mission d’évaluation annuelle de l’économie française.

Le FMI juge favorablement la politique de réduction du déficit public

L’institution financière, habituellement avare d’éloges à l’égard de Paris, a également approuvé la volonté du gouvernement français de réduire le déficit public afin de tenir ses engagements et passer sous la barre des 3 % dès la fin de cette année.

« L’importance accordée à la réduction des dépenses publiques est appropriée pour permettre un rééquilibrage budgétaire graduel et un allègement de la pression fiscale », assure le FMI. « Pour que la stratégie soit crédible, de profondes réformes s’imposent à tous les niveaux des administrations publiques », insiste-t-il, convaincu que cet effort est « nécessaire dès le début ».

Le FMI relève sa prévision de croissance à 1,5 %

L’institution, dirigée par la Française Christine Lagarde, apporte également son soutien à la réforme du marché du travail, qu’elle juge « vaste et ambitieuse ». « Elle cherche à améliorer la flexibilité au niveau des entreprises, à réformer l’assurance-chômage et à renforcer les dispositifs d’apprentissage et de formation professionnelle », se félicite le Fonds. Selon lui, cette réforme « devrait aller de pair avec le maintien de la modération salariale ».

Quant aux réformes projetées dans les domaines de la fiscalité des entreprises, des revenus du capital et du travail, elles « devraient stimuler l’investissement et la croissance de l’emploi », affirme le FMI.« Le solide mandat politique et l’amélioration de la conjoncture économique offrent une opportunité exceptionnelle pour engager un tel paquet de réformes courageuses et complètes », assure le Fonds monétaire.


Le FMI a du coup relevé sa prévision de croissance de 0,1 point à 1,5 % cette année et assuré qu’elle devrait accélérer l’an prochain.

Armées : Dupont-Aignan juge "indigne" le rappel à l'ordre de Macron (14.07.2017)

Par Le Figaro.fr avec AFPMis à jour le 14/07/2017 à 18:59 Publié le 14/07/2017 à 18:27


Le député Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) a jugé "indigne, mesquin et vexatoire" le fait qu'Emmanuel Macron se soit "permis d'admonester publiquement" le chef d'Etat-major Pierre de Villiers, sur fonds de tensions budgétaires. "Le 13 juillet, M. Macron s'est permis d'admonester publiquement le chef d'Etat-major, le général de Villiers, qui avait eu l'audace de s'insurger contre les coupes d'au moins 850 millions d'euros dans le budget de la Défense", écrit aujourd'hui Dupont-Aignan dans un communiqué intitulé "Indigne, mesquin et vexatoire".

"Le général de Villiers, héros de la guerre du Kosovo, est pleinement dans son rôle quand il rappelle, devant la commission de la Défense, que 'beaucoup de jeunes sous-officiers n'arrivent même plus à se loger'", poursuit l'ancien candidat à la présidentielle. "M. Macron a rappelé le général à son rôle de réserve. Mais qu'a donc fait le général ? A-t-il convoqué une conférence de presse ? Nullement. A-t-il donné une interview fleuve à une presse à sensation ? Pas du tout. Il a simplement répondu aux questions de la commission de la Défense. D'ailleurs le président de cette commission (Jean-Jacques Bridey, NDLR), pourtant député LREM, a soutenu le général de Villiers dans sa démarche", écrit encore Dupont-Aignan.


"Si une personne a lamentablement manqué à son devoir de réserve, c'est bien le président Macron. Une fois de plus, par arrogance et suffisance, il s'est transformé en ce 14 juillet en petit +chef des armées+ qui humilie des hommes qui risquent leur vie pour la France", s'insurge le député de l'Essonne. "Je soutiens totalement le général de Villiers dans son action. Nos armées et nos soldats ont besoin de financement suffisant si la France souhaite gagner la guerre contre le terrorisme, préserver son indépendance nationale et son rang de grande puissance aux yeux du monde entier", conclut-il.

Attentat de Nice: Macron "comprend la colère" contre l'Etat (14.07.2017)
Par Le Figaro.fr avec AFPMis à jour le 14/07/2017 à 19:22 Publié le 14/07/2017 à 19:11

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/07/14/97001-20170714FILWWW00190-attentat-de-nice-macron-comprend-la-colere-contre-l-etat.php

Emmanuel Macron "comprend la colère" ressentie contre l'Etat après l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice, et a promis que "tout sera[it] maintenu" dans l'aide aux victimes du terrorisme, lors de son allocution en hommage aux victimes de cette attaque. "Je ne tairai pas ici ce soir les reproches qui se sont fait jour après l'attaque. La colère de beaucoup s'est concentrée sur la puissance publique. Et j'ose vous le dire comme chef de l'Etat: je comprends cette colère", a déclaré M. Macron, avant de promettre que "tout sera maintenu" dans l'aide aux victimes.

Elisabeth Lévy : « Macron nous rappelle qu'entre le sublime et le ridicule, la frontière est ténue » (13.07.2017)
Par Alexandre Devecchio  Publié le 13/07/2017 à 20:49
Elisabeth Lévy : « Macron nous rappelle qu'entre le sublime et le ridicule, la frontière est ténue »


FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - A l'occasion de la sortie du dernier numéro de Causeur, Elisabeth Lévy revient sur les premières semaines de présidence d'Emmanuel Macron. Pour elle, avec le nouveau Président de la République, « les Français sont à la fois séduits et sceptiques ».

Élisabeth Lévy est journaliste et directrice de la rédaction de Causeur. Son dernier numéro s'intitule Tout va très bien, madame la marquise!
FIGAROVOX.- Le dernier numéro de Causeur s'intitule: «Tout va très bien, Madame la Marquise». Un titre bien évidemment ironique. Après une très longue année d'élection présidentielle, les Français n'ont-ils pas droit à un peu d'optimisme?
Elisabeth LÉVY.- Un nouveau droit de l'homme, le droit à l'optimisme! Si vous voulez vraiment inventer de nouveaux droits, à tout prendre, je préférerais le droit à la vérité, ou à la lucidité. Permettez-moi de vous rappeler que la chanson «Tout va très bien Madame la Marquise», qui date de 1935, est devenue le symbole de l'inconscience d'un monde qui danse sur un volcan. Cela dit, Gramsci parlait d'optimisme de la volonté - qu'il voulait allier au pessimisme de la raison: aujourd'hui, on sent plutôt une farouche (et un peu déraisonnable) volonté d'optimisme. Et cette humeur, contrairement à ce que pensent beaucoup, n'est pas une fabrication des médias, même si ceux-ci sont plutôt indulgents: par exemple, quand Macron fait du Chevènement en critiquant l'Europe et en rappelant la nécessité de protéger, ils applaudissent alors que, d'habitude, ce genre de propos leur semble être l'abomination de la désolation. Ni les affaires, qui obligent opportunément le pouvoir à en rabattre sur le côté «je lave plus blanc», ni les éructations mélenchonistes, ni l'arrogance des hipsters façon Castaner qui constituent la garde rapprochée de Macron, ni l'arnaque de «la société civile» qui cache une reprise en main de grande ampleur par les experts et les hauts fonctionnaires sous la haute surveillance d'une cohorte d'inspecteurs des Finances, ni la valse-hésitation sur la fiscalité ne semblent casser l'ambiance, comme si les Français voulaient une pause avant de reparler des sujets qui fâchent. En somme, ce sont eux qui demandent à leurs gouvernants de les traiter par la méthode du docteur Coué, au moins pour la pause estivale. Comme on le dit au début du film La Haine, alors que le personnage fait une chute de 50 étages: «Jusqu'ici, tout va bien». Or, nous ne sommes peut-être pas à la veille d'une guerre mondiale mais tout ne va pas très bien et à vouloir faire comme si, on se prépare surtout un atterrissage brutal.
Les Français semblent vouloir accorder à Macron le bénéfice du doute. N'est-ce pas naturel en somme? Causeur n'est-il pas un peu mauvais perdant?
Il n'est nullement question de remettre en cause la légitimité du président, auquel les Français ont, après l'avoir élu, accordé une très nette majorité. Quand Mélenchon, avec ses dix-huit députés, prétend représenter le peuple, nous devrions tous éclater de rire. Pour autant, devons-nous nous contenter de crier «Vive le Roi» et de célébrer la jeunesse et le talent de notre nouveau monarque? En réalité, au-delà de la volonté diffuse de repousser les questions douloureuses à la rentrée que j'ai évoquée, les Français sont en même temps séduits et sceptiques.
Commençons par l'actif. Tout d'abord, compte tenu de l'ampleur du jeu de massacre qui vient d'avoir lieu, il y en a pour tous les goûts: les uns applaudissent à la disparition de la gauche Najat, les autres à la débâcle de la droite Fillon. Ensuite, après la déprimante normalité hollandienne, le retour à une certaine verticalité du pouvoir est évidemment une bonne nouvelle. Qui ne se réjouirait de voir la France, à travers son président, de nouveau considérée sur la scène internationale? Que Macron soit celui qui renoue avec Poutine et qui reçoit Trump témoigne d'une plaisante indépendance d'esprit. Par ailleurs, son discours sur l'Europe me déçoit en bien comme on dit en Suisse. Quand le chef de l'État affirme que l'Allemagne «doit bouger, comme la France doit bouger», qu'il parle de «responsabilités partagées» expliquant à mots couverts que la prospérité de notre voisin est en partie construite sur le dos de ses partenaires, cela traduit une salutaire volonté de rééquilibrage du rapport de force. Reste bien sûr à savoir s'il obtiendra des résultats.
Alors que son prédécesseur gouvernait avec le revolver du Monde braqué sur sa tempe, il fait dire que sa pensée est trop complexe pour être livrée aux questions des journalistes.
En attendant, il y a un autre domaine où Macron veut rééquilibrer un rapport de forces, c'est entre pouvoir politique et médiatique. Alors que son prédécesseur gouvernait avec le revolver du Monde braqué sur sa tempe, il fait dire que sa pensée est trop complexe pour être livrée aux questions des journalistes - c'est assez gonflé et très amusant. Cela ne l'empêche pas, dit-on, de recevoir discrètement quelques heureux élus de la profession, mais après tout on a le droit de choisir ses amis. En tout cas, qu'il tienne la dragée haute aux journalistes est l'un des signes les plus encourageants de la verticalité revendiquée.
Vous voyez bien, Madame la marquise, que tout ne va pas si mal….
Minute papillon! Tout d'abord, les choses sérieuses viennent à peine de commencer. Mais nous sommes encore largement dans le domaine du discours. Or, la juxtaposition de propositions contradictoires qui est la marque du verbe macronien révèle une ambiguïté dont le président devra bien sortir, à un moment ou à un autre. Ainsi, dans son discours au Congrès, le 3 juillet, le président a-t-il, comme toujours, équitablement distribué les gracieusetés: une cuillère pour les réacs une cuillère pour les progressistes, une cuillère pour les souverainistes une cuillère pour les fédéralistes, une cuillère pour les colbertistes une cuillère pour les libres-échangistes, sans oublier les lieux communs, du genre «je suis pour la paix et pour la fraternité».
Il faut être un sacré mauvais coucheur pour résister à la promesse de «l'ouverture à des possibles qui nous rassemblent» ou refuser «un imaginaire puissant et désirable où chacun trouvera sa place». D'accord, ça ne veut rien dire. Mais ça sonne bien. Cela nous rappelle qu'entre le sublime et le ridicule, la frontière est ténue. Et le risque que la mise en scène de la geste macronienne vire au festival des postures n'est pas négligeable.
En attendant, quand vous reprochez au président de prôner une certaine efficacité économique, dans un pays bloqué où le mot «entreprendre» semblait être devenu un gros mot, vous êtes de mauvaise foi…
Mauvaise foi vous-même! Où êtes-vous allé chercher que nous sommes contre l'efficacité économique? Seulement, quand le président appelle de ses vœux une «société efficace», cela évoque plutôt un meilleur des mondes où tout marcherait, où rien, ni les gens ni les choses, ne serait déglingué. De quoi filer le bourdon, non? L'idéologie fondatrice du nouveau pouvoir, plus managériale que politique, n'est pas le libéralisme, même néo, mais le startupisme: «Si t'as pas fait ta start-up à 25 ans, t'as raté ta vie!».
Vous reprochez à Macron sa petite phrase sur «ceux qui ne sont rien». Il s'est excusé et a expliqué qu'il s'agissait uniquement d'une faute de langage. Allez-vous désormais traquer le moindre «dérapage» du président comme une certaine gauche s'en est fait la spécialité avec tous ceux qui ne sont pas de gauche?
Sauf qu'il ne s'agit pas de propos de tables volés mais d'un discours public prononcé par le chef de l'État. Bien sûr, il serait tout aussi injuste de juger le président sur cette distinction entre «ceux qui réussissent» et «ceux qui ne sont rien» qu'il l'était de réduire Nicolas Sarkozy à son «Casse-toi pauvre con!». N'empêche, dans les deux cas, la gaffe révèle sans doute une part de vérité - plus attachante en l'occurrence chez Sarko que chez Macron.
Et quelle est cette part de vérité dans le cas de Macron?
Je ne parlerais pas, comme on l'a entendu en boucle chez les insoumis et assimilés, de mépris de classe, plutôt d'une compassion de dame patronnesse, non pas pour les pauvres mais pour tous ceux qui ne sont pas dans le vent. Emmanuel Macron n'admire pas tant les riches que les néo-entrepreneurs: le vieil argent, qu'il appelle rente, et la bourgeoisie old school n'est pas sa tasse de thé. Et sans doute a-t-il plus de considération pour un chômeur longue durée que pour un notaire - mais qui s'insurgerait contre la notairophobie? Bref, tout en se présentant régulièrement comme l'héritier de la grande histoire de France, Macron ne cesse de dire sa fierté d'être l'homme du coup de vent sur le vieux monde. Mais la plupart des gens y tiennent, à ce vieux monde, parce que c'est à celui-là qu'ils appartiennent. Le président va le découvrir, la France qui se soucie de la continuité historique, celle qui ne veut pas que l'on révolutionne les cadres symboliques et institutionnels qui ont fait son existence collective, celle dont on adore se payer la tête sur Canal + et France Inter n'a pas l'intention de disparaître. Ce qui, si la droite s'intéressait vraiment aux idées, devrait ouvrir un boulevard à un conservatisme populaire.
Vous reprochez à Macron d'oublier le terrorisme et l'angoisse identitaire. Ça ressemble à une obsession chez vous…
Nous reprochons effectivement au président de sous-estimer gravement les problèmes posés par l'avancée d'un islam radical qui, d'une part met à mal la cohésion française et d'autre part, nourrit la violence terroriste. Ce qui nous menace encore plus que la volonté d'emprise islamiste, c'est le déni qui nous rend incapables d'affronter les défis. Et si c'est une obsession, nous la partageons avec pas mal de nos concitoyens. À en croire, par exemple, un sondage publié dans Le JDD, la question de l'intégration de l'islam est une priorité pour 61 % des Français, loin devant les retraites (43 %), l'emploi (36 %) et le pouvoir d'achat (30 %). Alors oui, au risque de déclencher les habituels airs excédés et les mêmes pincements de nez de la gauche olfactive, je crois que la crise de l'intégration devrait être une priorité du pouvoir. Or, sur ce sujet, c'est silence radio ou presque. De même que sur l'assassinat, à Belleville, de Sarah Halimi par un de ses voisins, aux cris d'«Allah Ouakbar». Et si je suis démentie sur ce point par le discours qu'Emmanuel Macron prononcera à Nice, tant mieux! Reste que, plus largement, il est urgent de négocier un pacte entre l'islam de France et la République c'est-à-dire de définir la règle du jeu. Dire cela n'a rien de raciste. Pour qualifier les djihadistes qui détiennent une humanitaire française, le président a employé exactement les mêmes mots qu'à la Halle F: «Ils ne sont rien.» Cette récurrence révèle peut-être une autre facette de la «pensée Macron»: une propension à écarter de la photo les réalités déplaisantes. Quand le président affirme «on ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme si on n'a pas une action résolue contre le réchauffement climatique», il ressort la vieille antienne selon laquelle l'économie est la source de tous les maux et de toutes les solutions. L'homme macronien se nourrirait-il seulement de pain?
Le meilleur moyen de résoudre la crise de l'intégration et de retrouver un peu de fierté nationale, n'est-il pas de renouer avec un récit rassembleur? Avec l'idée que la France est un pays où tout est possible d'où qu'on vienne...
Sans doute faites-vous allusion à la volonté présidentielle, délivrée par le truchement de son compte Twitter, de faire de la France une «start-up nation», c'est-à-dire «une nation où chacun peut se dire qu'il pourra créer une start-up». Quel récit rassembleur en effet! Alors, désolée, il faut bien que quelqu'un parle pour les attardés qui voudraient surtout que la France reste une nation tout court et qui s'inquiètent de la voir se défaire. Comme le dit drôlement Alain Finkielkraut dans notre numéro, il faut réhabiliter Cassandre (qui avait, il faut le rappeler, sacrément raison d'inviter les Troyens à se méfier). C'est un peu le rôle de Causeur.
Vous consacrez également un dossier à «la destruction de Paris». Dans votre article, «Paris, capitale d'un futur indésirable», vous ironisez sur «le salmigondis municipal, citoyen et innovant». Et vous écrivez: «Et si une ville, justement, n'était pas une terre de paix mais une zone de conflits, de fractures, d'antagonismes?». Avec le chaos migratoire à porte de la Chapelle, vous devriez être servie…
Si Anne Hidalgo n'existait pas, Muray l'aurait inventée! Le chaos migratoire est précisément la preuve que la vie concrète, avec ses débordements, ses turpitudes et son allégresse, n'obéit pas aux rêves d'homme nouveau (é-e, comme on l'affiche désormais sur tous les documents de la mairie) des héritiers de Jack Lang qui dirigent l'Hôtel de Ville. Anne Hidalgo c'est les migrants + les JO. Elle a voulu faire la belle en jouant les Merkel devant les caméras, alors qu'elle n'a strictement aucune solution pour accueillir les migrants à Paris (question qui ne relève qu'à la marge de son ressort). Les bons sentiments ne suffisent pas, désolée. Et par ailleurs, il n'est question que de réinventer la ville, d'y transporter la nature, et d'y piétonniser des places où cent Nuit debout pourront s'épanouir. Et ceci sans jamais cesser de faire subir aux Parisiens et à tous les Franciliens un terrifiant tourbillon de festivités effectivement innovantes et citoyennes qui paralysent toute autre activité. On dirait que, pour Madame Hidalgo, ceux qui ne veulent pas rêver la ville de demain, mais souhaitent plus modestement pouvoir se déplacer dans celle d'aujourd'hui, par exemple pour y travailler, ne sont rien. Comme les opposants aux JO. Des rebuts de l'Histoire en marche..
Finalement, si vous deviez choisir, ne préférez-vous pas «le meilleur des mondes macronisé» au «Paris merveilleux» d'Anne Hidalgo?
Je crains, justement, de ne pas avoir à choisir et d'avoir les deux! Malgré l'animosité entre le président et le maire de Paris, le progressisme macronien n'est pas fondamentalement différent de celui d'Anne Hidalgo, rappelez-vous le show du président-tennisman sur la Seine pour défendre Paris 2024. Cependant, si je devais vraiment choisir entre vos deux versions de l'avenir radieux, je parierais sur la monarchique plutôt que sur la citoyenne. Les ambiguïtés de Macron seront peut-être la source de bonnes surprises, alors que rien n'arrêtera Anne Hidalgo dans l'entreprise de destruction des conditions de la vie concrète qu'elle mène sous l'étendard de la transformation. Rien, sinon bien sûr les électeurs. Jusque-là, les Parisiens qui aiment tant se dire rebelles se sont montrés étonnamment dociles face aux âneries inventées pour leur pourrir la vie. On saura lors des prochaines élections municipales si les néo-humains à roulettes regroupés sous la bannière d'Homo festivus ont réussi à mener à bien le Grand remplacement du peuple de Paris.
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