mardi 11 juillet 2017

Terroristes islamistes groupe Forsane Alizza, chef Mohamed Achamlane

Nouveaux ennuis judiciaires pour «l'émir» de Forsane Alizza (24.09.2015)
Ouverture du procès du groupuscule islamiste Forsane Alizza (28.06.2015)
Neuf ans de prison requis contre le chef de Forsane Alizza (19.06.2015)
Achamlane : «Prosternez-vous devant vos cochons!» (03.04.2012)

Mohamed Achamlane, leader de Forsane Alizza, réfute "toute intention terroriste" (31.03.2012)


Nouveaux ennuis judiciaires pour «l'émir» de Forsane Alizza (24.09.2015)


Par Guillaume Frouin  Publié le 24/09/2015 à 08:08

Nouveaux ennuis judiciaires pour «l'émir» de Forsane Alizza

Mohamed Achamlane, déjà condamné à neuf ans de prison pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste», est jugé jeudi pour fraude aux prestations sociales.

À Nantes,

Mohamed Achamlane n'en a pas fini avec la justice. Ce jeudi après-midi, «l'émir» et fondateur du groupuscule Forsane Alizza («Les Cavaliers de la Fierté») doit être jugé avec sa sœur et son épouse par le tribunal correctionnel de Nantes pour une «fraude aux prestations sociales» entre 2010 et 2012. Un délit mineur pour cet homme de 37 ans, au regard des neuf ans de prison dont il a écopé en juillet à Paris pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste» avec treize autres prévenus. Leur mouvement avait été dissout trois ans plus tôt par le ministère de l'Intérieur, pour avoir envisagé des actions violentes contre des «ennemis de l'islam». Une liste de commerces juifs à Paris et en proche banlieue avait notamment été retrouvée dans un dossier intitulé «Cibles». Mohamed Achamlane avait par ailleurs été condamné pour détention d'armes illégale, après la découverte chez lui de kalachnikovs démilitarisées.

Ce jeudi, «l'émir» de Forsane Alizza sera ainsi jugé, avec ses deux co-prévenues, pour avoir produit de fausses attestations de domicile afin de toucher indûment des allocations logement et le RSA. «Ils disaient habiter un appartement où ils ne vivaient pas», résume une source proche du dossier. «C'est vraiment le personnage qu'on vient juger, et non l'infraction», assure son avocat, Me Sami Khankan. Selon lui, les investigations des organismes sociaux n'ont d'ailleurs «rien d'un hasard». «Les contrôles ont eu lieu juste après la dissolution de Forsane Alizza», explique-t-il.



Ce procès n'est pas sans rappeler celui en 2011 de Liès Hebbadj. Ce commerçant de Rezé, autre commune du sud de l'agglomération de Nantes, s'était vu reprocher des fraudes aux allocations familiales après avoir médiatisé l'année précédente le procès-verbal adressé à son épouse, alors qu'elle conduisait sa voiture en niqab. Ce musulman avait aussi été accusé de «polygamie de fait». Les multiples procédures engagées à son encontre - dont une pour «viol aggravé» sur son ex-compagne - s'étaient finalement soldées par des non-lieux et des relaxes partielles.

Ouverture du procès du groupuscule islamiste Forsane Alizza (28.06.2015)

14 personnes comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris. Arrêtées en 2012, elles sont soupçonnées d'avoir préparé une vague d'attentats contre des commerces juifs.

En mars 2012, Mohamed Achamlane, chef du groupuscule islamiste Forsane Alizza, est interpellé avec 13 membres présumés de son organisation. Ce lundi 8 juin s'ouvre leur procès devant le tribunal correctionnel de Paris. Sur les écoutes téléphoniques, ils se réjouissaient des actes terroristes perpétrés à Toulouse par Mohamed Merah.

Les enquêteurs ont aussi découvert au domicile de l'homme un fichier nommé "cibles". Il comprenait une liste de dix commerces juifs, dont les enseignes Hyper Cacher.

"Un projet contre l'islamophobie"

Béranger Tourné défend Mohamed Achamlane. "Aujourd'hui, ce qu'on veut nous faire croire, c'est qu'en droit français et devant la justice française, pour condamner une association de malfaiteurs terroristes, il suffit de démontrer la potentialité d'une action et non plus de démontrer le projet", déclarait l'avocat en mars 2012.

Selon la police antiterroriste, Mohamed Achamlane, 37 ans, s'apprêtait bien à passer à l'acte. Des armes avaient été retrouvées à son domicile de Nantes et il avait promis "un bain de sang". Lui se défend et parle de projet légal engagé contre l'islamophobie.

Neuf ans de prison requis contre le chef de Forsane Alizza (19.06.2015)
Mis à jour le 19/06/2015 à 22:03


Mohamed Achamlane, en janvier 2012. Crédits photo : FRED DUFOUR/AFP

L'accusation a également demandé aux juges de déclarer coupables les quatorze autres membres du groupe, officiellement fondé pour lutter contre «l'islamophobie».

Depuis le début de son procès, il nie tout projet violent. Une peine de neuf ans de prison ferme a toutefois été requise vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris contre Mohamed Achamlane, chef du groupe islamiste Forsane Alizza (les «Cavaliers de la Fierté» en arabe), soupçonné d'avoir préparé des attentats en France. Le parquet a demandé que cette peine soit assortie d'une période de sûreté des deux tiers.

L'accusation a également demandé aux juges de déclarer coupables les quatorze autres membres du groupe, avec des peines allant de huit ans de prison ferme à un an et demi avec sursis, en fonction de leur degré d'implication. La date du jugement ne sera fixée qu'en début de semaine prochaine, une fois achevées les plaidoiries de la défense.

«Un groupuscule structuré autour du djihad armé»

Le groupe Forsane Alizza avait été dissous en 2012 par le gouvernement, puis ses membres interpellés en raison de craintes de «passage à l'acte». Au premier jour de son procès, le 8 juin dernier, Mohamed Achamlane, 37 ans, s'était revendiqué d'un islam «décomplexé» mais avait démenti toute intention violente, fustigeant les «pseudo-projets» évoqués par les enquêteurs. «Je suis l'émir d'un groupe qui est considéré comme islamiste et je ne cache absolument rien», avait déclaré le Nantais, assumant une provocation volontaire mais rejetant toute «inspiration terroriste». Son groupe créé en 2010 pour, selon lui, enrayer l'islamophobie en répondant «coups pour coups» à certains sites identitaires, avait au contraire pour objectif de «canaliser l'énergie» de jeunes musulmans pouvant être tentés par la violence.

Mais Forsane Alizza est soupçonné d'avoir cherché des cibles d'actions potentiellement violentes parmi des «ennemis de l'islam». Des soupçons matérialisés par la saisie de nombreuses armes en perquisition et l'organisation d'«entraînements à connotation guerrière» (paintball notamment), selon l'accusation. Dans son réquisitoire, le procureur Ludovic Lestel a ainsi dénoncé «un groupuscule structuré autour du djihad armé». «Tout cela va bien au-delà de la simple défense de la communauté musulmane», a-t-il déclaré, estimant que «la volonté intrinsèque du groupe était de mener le jihad armé sur le territoire» français.

Une liste de commerces juifs à Paris et en proche banlieue, parmi lesquels plusieurs Hypercachers, semblables à celui où quatre personnes ont été tuées le 9 janvier dernier à Paris, a également été découverte sur un fichier intitulé «cibles» appartenant à Mohamed Achamlane. A l'audience, l'émir du groupe s'est toutefois défendu d'avoir ciblé des magasins juifs, indiquant avoir téléchargé cette liste sur un site prônant le boycott d'Israël. Ces commerces étaient tout simplement des «cibles de boycott», a-t-il affirmé.

L'arrestation des membres de Forsane Alizza en mars 2012 avait eu lieu quelques jours après les tueries de militaires français et d'enfants juifs par l'islamiste Mohamed Merah dans le sud-ouest de la France, qui avaient provoqué un choc dans le pays.

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Achamlane : «Prosternez-vous devant vos cochons!» (03.04.2012)

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/04/03/01016-20120403ARTFIG00738-achamlane-prosternez-vous-devant-vos-cochons.php

Par Jean-Marc Leclerc , Christophe Cornevin Mis à jour le 04/04/2012 à 14:07 Publié le 03/04/2012 à 21:43

Le chef de file de Forsane Alizza a posté de nombreuses vidéos prosélytes sur Internet (ici, le 9 avril 2011).
Le chef de file de Forsane Alizza a posté de nombreuses vidéos prosélytes sur Internet (ici, le 9 avril 2011).

Mohammed Achamlane, le chef de file du groupuscule Forsane Alizza, était un habitué des discours haineux sur Internet.

«Guéant, Sarkozy, toute cette clique nauséabonde, quelle puanteur! Quand on voit vos visages, vous nous écœurez d'une force! L'enfer vous est réservé, inch Allah! Vous allez entendre les crépitements du feu sous vos pieds! Attendez, patientez, hamdoulillah. Tranquille…»

Des propos de cette nature, Mohammed Achamlane, le chef de file du groupuscule Forsane Alizza, aujourd'hui incarcéré, en a posté tant et tant sur Internet que même après son arrestation, et bien que son site ait été partiellement désactivé, il continue, à sa façon, de prêcher sur la Toile.

Il suffit de se rendre sur YouTube ou Dailymotion. L'internaute n'a que l'embarras du choix et pourra juger sur pièce de la tonalité du discours de ce prosélyte qui s'est donné pour surnom Abou Hamza, en hommage au chef décédé d'al-Qaida en Irak et d'un imam radical installé à Londres qui contribua à la formation idéologique de nombre de terroristes du 11 septembre 2001.

Dans l'une de ses vidéos, on entend Mohammed Achamlane déclarer, sur fond de chants guerriers: «Ici, je suis dans mon pays. Moi, je suis d'origine bretonne, hamdoulillah! Beaucoup de membres de Forsane Alizza sont français de souche, les yeux bleus…» Et d'ajouter à l'adresse des «mécréants»: «Prosternez-vous devant vos cochons, vous avez l'air d'aimer beaucoup ça! Y en a beaucoup en plus en Bretagne…»

«Nous serons de véritables moudjahidins»

Âgé de 35 ans, marié, père de deux enfants, cet émir autoproclamé vivait du RSA et des allocations, retranché dans un petit pavillon à Couëron, près de Nantes (Loire-Atlantique). Il s'était notamment distingué pour avoir publiquement brûlé le 6 août 2011 à Aulnay-sous-Bois un Code pénal en signe de protestation contre l'application de la loi interdisant le port du voile intégral.

C'est à son domicile que les policiers ont découvert, le 30 mars dernier, trois fusils d'assaut de type Kalachnikov, une grenade et un pistolet automatique Glock. Dans ses discours, Mohammed Achamlane traite les fonctionnaires de police ayant interpellé des femmes voilées de «chiens». Il prévient que «la violence dont les musulmans font l'objet chaque jour va se transformer en bain de sang si cela continue sur cette voie (…). Si Allah veut, nous serons de véritables moudjahidins».

Sur son site, on pouvait lire: «Il est urgent pour les musulmans d'avoir leur propre société avec une armée solide. Cette société ne peut s'appeler que le khilafat (sic).» Son groupement se préparait «physiquement pour d'éventuelles agressions». Il n'excluait pas d'appeler à la lutte armée, disait-il. Et cet activiste d'enfoncer le clou: «Si les gens ne comprennent pas que notre révolte va se traduire par des actes, il faut être complètement insensé.»

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Mohamed Achamlane, leader de Forsane Alizza, réfute "toute intention terroriste" (31.03.2012)

Il a été interpellé vendredi avec 16 autres islamistes radicaux en France. Selon son avocat, il dénonce une tentative de récupération médiatique et politique.

Mohamed Achamlane s'exprime, par la voix de son avocat. Le leader du groupe salafiste radical Forsane Alizza, interpellé vendredi avec 16 autres islamistes radicaux présumés en France, réfute "toute intention terroriste", dans un entretien de son conseil au quotidien Presse-Océan publié samedi 31 mars.

Mohamed Achamlane a été arrêté à son domicile de Bouguenais, au sud-ouest de Nantes (Loire-Atlantique), après plus de six heures de perquisition des hommes du Groupe d'intervention de la police nationale (GIPN).

Aucun "lien avec Mohamed Merah"

"Mon client réfute fermement avoir jamais participé de près ou de loin à une quelconque entreprise terroriste", affirme Benoît Poquet dans les colonnes du journal. Et il "conteste fermement avoir un quelconque lien avec Mohamed Merah", le tueur au scooter de Montauban et Toulouse.

En outre, Mohamed Achamlane "réfute tout amalgame et dénonce la tentative de récupération médiatique et politique, oportunément orchestrée en pleine période électorale", selon son avocat.

"Le règne de l'islam"

Quand il l'avait dissous en février 2012, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, avait accusé Forsane Alizza de vouloir former ses sympathisants à la lutte armée, de porter "atteinte aux principes républicains" et de vouloir "le règne de l'islam" en France.

Mohamed Achamlane, son leader, avait alors démenti toute dimension violente de son mouvement, surtout adepte des actions spectaculaires. Sur son site, depuis fermé, le groupuscule affirmait toutefois : "Notre organisation prend de l'ampleur et nous avons besoin de main d'œuvre fissabililah ("sur le chemin d'Allah"). Nous recherchons toutes sortes de compétences mais surtout des soldats !"




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