samedi 15 juillet 2017

Manuel Valls

Manuel Valls part en guerre contre les dérives de l'islam (13.02.2015)



Manuel Valls part en guerre contre les dérives de l'islam (13.02.2015)

Manuel Valls a annoncé jeudi devant le Sénat une série de consultations sur l'avenir de l'organisation du culte musulman en France.


Par François-Xavier Bourmaud
Publié le 13/02/2015 à 18h27
Le premier ministre entend lancer une concertation destinée à lutter contre l'influence des Frères musulmans et des salafistes en France.

Manuel Valls engage le combat contre les dérives de l'islam. Un mois après son discours devant l'Assemblée nationale, dans lequel il avait assuré que la France était en guerre «contre le terrorisme, le djihadisme et l'islamisme radical», le premier ministre a annoncé jeudi devant le Sénat une série de consultations sur l'avenir de l'organisation du culte musulman en France. Ces rencontres seront dirigées par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, également ministre des Cultes. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) y participera mais sera loin d'être en position de force. Douze ans après sa création, le constat de son échec est partagé jusqu'à la présidence de la République où François Hollande lui-même estimait la semaine dernière que cette instance n'avait «pas la capacité suffisante de faire prévaloir un certain nombre de règles, de principes, partout sur le territoire».

Par le nombre de sujets qu'elle aborde, la réorganisation de l'islam en France relève du casse-tête. Il y a d'abord la question du financement. Elle se cristallise sur la construction des mosquées, elle va en réalité bien au-delà. «Comment accepter que l'islam de France reçoive des financements d'un certain nombre de pays étrangers, quels qu'ils soient? C'est une première question qui doit être posée. Et si on la pose, eh bien cela veut dire qu'il faut prendre un certain nombre de mesures pour, demain, empêcher ces financements, notamment quand ils confortent un certain nombre de comportements», a fait valoir Manuel Valls. En France, des polémiques régulières surgissent sur le financement de lieux de culte par certains pays arabes, et notamment du Golfe.

Partant, se pose aussi la question des prêches proférés dans ces mosquées. Selon le premier ministre, il faut ainsi «s'inquiéter de l'influence des Frères musulmans, s'inquiéter de l'influence d'un certain nombre de groupes salafistes qui se retrouvent dans un certain nombre de quartiers». Or cette mouvance ultraorthodoxe a gagné du terrain dans les mosquées, jusqu'à contrôler aujourd'hui une centaine de lieux de culte sur 2300.

D'où la demande de François Hollande à son premier ministre de travailler sur la formation des imams. Le sujet est sensible dans les mosquées mais aussi dans les prisons où s'opère le basculement djihadiste. Aujourd'hui, 180 aumôniers musulmans «officiels» opèrent dans les lieux de rétention, un chiffre largement en deçà des besoins aux yeux des experts.

Problème, en dehors d'organisations méconnues ou opaques, le corps des imams n'a pas de représentation officielle. «Les musulmans ne cherchent pas une instance représentative - ça, c'est le vœu des autorités -, ils souhaiteraient une instance purement religieuse qui puisse rendre des avis et trouver des arguments pour répondre en toute légitimité à la radicalisation de certains jeunes», explique à l'AFP M'hammed Henniche, secrétaire général de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis. Pour le gouvernement, le chantier est immense. Il est aussi politique.

Certes Manuel Valls a appelé à ne pas faire de cette question «un enjeu électoral» susceptible d'alimenter les divisions du pays. Mais l'élan républicain né des attaques terroristes contre Charlie Hebdo et le supermarché Hyper Cacher a aussi eu son revers. Au PS, on dénonce un renforcement de l'islamophobie dont se nourrit le vote Front national. Il est apparu dans le Doubs à l'occasion d'une élection législative partielle lorsque la candidate du FN s'est qualifiée au premier tour et a échoué de peu au second. À droite comme à gauche, on redoute de voir les élections départementales puis régionales de cette année se traduire par une nouvelle poussée de l'extrême droite.

Or l'offensive du gouvernement contre l'islamisme radical demande du travail et du temps, ce que les électeurs ne sont pas forcément prêts à lui accorder. Au bout du compte, c'est toute la question de la compatibilité de l'islam avec la démocratie qui est posée. Il y a encore deux ans, le sujet avait provoqué une polémique à gauche, lorsque Manuel Valls avait soulevé la question à l'occasion d'un séminaire gouvernemental. «Il a franchi un cap hallucinant», avait alors déploré un ministre. L'exécutif n'en est plus là. Désormais, il tente de tracer une frontière républicaine entre l'islam «tolérant, universel, et bienveillant» défendu par Manuel Valls et l'islamisme radical pourfendu par le même.


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