lundi 17 juillet 2017

Philippines

Philippines: plus d'autonomie aux musulmans (17.07.2017)
Après un an au pouvoir, le président flingueur des Philippines reste populaire (30/06/2017)

Philippines: plus d'autonomie aux musulmans (17.07.2017)
Mis à jour le 17/07/2017 à 14:57


Le président philippin Rodrigo Duterte a promis, aujourd'hui, plus d'autonomie à la minorité musulmane, dans le but de couper l'herbe sous le pied aux rebelles jihadistes qui ont pris le contrôle d'une ville dans le sud de l'archipel.


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Duterte s'est engagé à soumettre au vote du Parlement un projet de loi fondamentale dit de Bangsamoro rédigé en commun par des responsables du gouvernement et le principal groupe rebelle musulman, le Milf (Front de libération islamique Moro).

Le Milf a signé en 2014 avec le prédécesseur de Duterte, Benigno Aquino, des accords visant à établir une paix durable dans la région. Il renonçait à ses ambitions séparatistes en échange de l'autonomie du sud de l'archipel, région largement musulmane dans un pays catholique à 80%. Mais le Parlement a refusé de voter la loi "fondamentale" visant à créer une région autonome.
Peu après, des factions dissidentes avaient prêté allégeance au groupe Etat islamique (EI). L'attaque sur la ville de Marawi, dans l'état méridional du Mindanao, le 23 mai, est une de leurs premières actions d'ampleur. Elle a déclenché l'instauration de la loi martiale dans la région où les affrontements ont déjà fait 500 morts.

"C'est un pas en avant significatif dans notre quête visant à mettre fin à des siècles de haine, méfiance et injustice qui ont un coût et un impact sur des millions de vies de Philippins", a déclaré le président Duterte dans un discours devant les dirigeants du Milf et des responsables du gouvernement.
La négociatrice de la paix côté gouvernement, Irene Santiago, a affirmé espérer que la loi soit soumise au Parlement dans le délai d'un an.

Le sud du pays est considéré par les cinq millions de musulmans philippins (sur 100 millions d'habitants) comme leur terre ancestrale. La rébellion a démarré dans les années 70 et coûté quelque 150.000 vies, devenant ainsi une des plus longues et des plus meurtrières en Asie.

Une région autonome dans l'île méridionale de Mindanao a été partiellement mise en place après la signature en 1996 d'un accord entre un groupe rebelle rival du Milf, le MNLF (le Front national de libération Moro). Mais cet accord n'avait pas mis fin à la violence ni à la rebellion.

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Après un an au pouvoir, le président flingueur des Philippines reste populaire  (30/06/2017)
Par Anne-Laure Frémont , AFP agence  Publié le 30/06/2017 à 11:20

VIDÉOS - Le président Rodrigo Duterte célèbre ce vendredi sa première année au pouvoir à des sommets de popularité. Retour sur cinq faits marquants de ce début de mandat aux multiples controverses.

Un massacre au nom de la lutte contre la drogue

3 171. C'est le nombre de personnes que la police dit avoir tuées dans le cadre de la campagne du président pour éradiquer le trafic de stupéfiants. Rodrigo Duterte a fait de cette «guerre contre la drogue» sa priorité, promettant d'éradiquer le problème en six mois, et allant même jusqu'à dire qu'il serait «heureux de massacrer» des millions de toxicomanes. Ses opposants l'accusent d'encourager n'importe qui à commettre des meurtres de masse : des meurtriers inconnus ont abattu 2.098 personnes en rapport avec la drogue. Parallèlement, la police enquête sur 8.200 personnes tuées sans mobile connu. Les victimes se multiplient, mais le trafic de drogue existe toujours.


Un avocat philippin a déposé en avril une plainte auprès de la Cour pénale internationale (CPI) visant le président Duterte et 11 autres hauts responsables, qu'il accuse de crimes contre l'humanité.

Brouillage de piste diplomatique

En septembre dernier, il insultait l'ancien président américain Barack Obama. Depuis son arrivée au pouvoir, Duterte semble vouloir prendre ses distances avec l'allié américain et réchauffer les relations avec Pékin, considérablement détériorées sous son prédécesseur en raison des revendications territoriales concurrentes de Manille et Pékin en mer de Chine méridionale. «Le truc politique et culturel a changé et l'Amérique a perdu. Je me suis réaligné sur votre mouvance idéologique (celle de la Chine) et je vais peut-être me rendre aussi en Russie pour parler au (président Vladimir) Poutine et lui dire qu'on est trois contre le reste du monde : la Chine, les Philippines et la Russie. C'est la seule voie», a-t-il déclaré à Pékin l'an dernier.

Mais dans les faits, Duterte n'a pas mis à exécution sa menace de rompre la coopération militaire avec l'Amérique. Et les relations se sont réchauffées avec l'arrivée de Donald Trump au pouvoir. Ce dernier a invité le président philippin Rodrigo Duterte à se rendre à Washington, lors d'uneconversation téléphonique «très amicale».

Un franc-parler qui dérape... souvent

À l'étranger, le président Duterte est surtout «connu» pour ses déclarations percutantes, parfois insultantes, voire au-delà. «Hitler a massacré trois millions de Juifs. Bon, il y a trois millions de drogués (aux Philippines). Je serais heureux de les massacrer», a-t-il par exemple déclaré en septembre dernier pour défendre sa guerre contre la drogue. Ce parallèle a suscité un tollé et le président philippin a présenté ses excuses «au peuple juif».

Dans une autre vidéo, on le voit en septembre dernier faire un doigt d'honneur à l'attention de l'Union européenne, dont il ne supporte pas les critiques vis-à-vis de ses méthodes expéditives.

Le défi de la menace islamiste

Jusqu'à récemment, la guerre contre la drogue était la priorité du président Duterte. Mais le 23 mai dernier, des djihadistes brandissant le drapeau noir de Daech ont mis à sac plusieurs quartiers de la ville méridionale de Marawi. Duterte a immédiatement déclaré la loi martiale à travers toute la région de Mindanao, qui représente le tiers sud des Philippines et où vivent 20 millions de personnes. Il a accusé les djihadistes de vouloir y décréter un «califat».

En dépit d'une campagne intensive de bombardements aériens soutenue par les États-Unis, l'armée n'a pas réussi à déloger les djihadistes. Les combats ont fait plus de 400 morts, selon le gouvernement, et ne semblent pas près de s'arrêter.

Une popularité qui atteint des sommets

Malgré sa politique violente et ses grossièretés, il incarne toujours l'anti-establishment et jouit pour cela d'une forte popularité. 75% des Philippins se disent satisfaits de la présidence Duterte, selon un dernier sondage national mené par un institut de recherche indépendant. Autre signe de sa popularité, la «super majorité» dont il dispose à la chambre basse du Congrès, où sur 296 sièges, sept seulement sont occupés par l'opposition. Mais comme le souligne un représentant de l'opposition, Edcel Lagman, les promesses de «changement» ne se sont pas traduites dans les faits, et «sa super majorité» pourrait un jour voler en éclats.

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