lundi 17 juillet 2017

Attentat de Londres : « N’ayons pas peur de nommer l’islam radical » (Gilles William Goldnadel)

PUBLIÉ PAR GILLES WILLIAM GOLDNADEL LE 6 JUIN 2017

À quoi bon? Il est des jours où l’on se demande pourquoi rabâcher, remâcher, ressasser les mêmes choses. Prenez le dernier attentat sur le London Bridge. Dans quelques jours, beaucoup d’eau aura passé sous les ponts endeuillés. Un clou chasse l’autre sur la croix des martyrs trop vite oubliés de l’islam radical.

À telle enseigne, qu’ainsi que je le notais dans une précédente chronique, par la grâce de l’idéologie de l’occultation-diversion, les questions qui la fâchent n’ont pas été posées durant la campagne électorale, nonobstant le nombre des martyrs de France d’un terrorisme qui continuait de la frapper implacablement.






Jeune, moderne, séduisant, optimiste, notre Obama blanc à la poigne ferme et au sourire éclatant a suspendu tout sens critique d’un monde médiatique qui lui tend un miroir complaisant.








Également à quoi bon prendre encore à témoin l’opinion des doutes que m’inspire chaque jour un peu plus le regard vide que porte notre nouveau président de la république sur les questions de l’islam radical et de l’immigration massive forcée?
Pour l’heure, Emmanuel Macron semble avoir trouvé la martingale idéale.
Jeune, moderne, séduisant, optimiste, notre Obama blanc à la poigne ferme et au sourire éclatant a suspendu tout sens critique d’un monde médiatique qui lui tend un miroir complaisant.
Il peut tout se permettre, même défier le politiquement correct. Il navigue par beau temps sous pavillon de complaisance journalistique. Lui peut ramener de la pêche au gros du Comorien, la lourde plaisanterie n’est strictement interdite qu’à la Marine nationale .






Dans l’univers médiatique éthéré, l’essence ethnique et l’orientation sexuelle apparaissent désormais plus essentielles que l’orientation politique.








Son seul rival en la matière pourrait ressembler au prochain premier ministre irlandais. Certaines gazettes hexagonales ont annoncé la désignation de Leo Varadkar uniquement en précisant ses qualités de métis et homosexuel. J’aurais pourtant préféré savoir à quel parti il appartenait. Mais dans l’univers médiatique éthéré, l’essence ethnique et l’orientation sexuelle apparaissent désormais plus essentielles que l’orientation politique.
À quoi bon donc tenter de résister à l’irrésistible légèreté de l’être médiatique qui gouverne aujourd’hui en majesté?
Parce que la réalité de plomb des balles, la réalité cloutée des bombes, la réalité d’acier des couteaux dans la plaie des malheureux nous impose malgré tout ce devoir impérieux.
Quand bien même faudrait-il désespérer à pouvoir enfoncer dans la tête façonnée des esprits décérébrés quelques dures vérités.
Oui, je doute fortement et de plus en plus de la capacité et même de la volonté d’Emmanuel Macron d’affronter de face l’hydre terroriste.
Oui, je pense que ce dimanche l’esprit de Winston Churchill planait davantage au-dessus de la Tamise tandis que le fantôme de Charlie le gentil s’amusait à flotter au-dessus de la Seine parisienne.
Pendant que la première ministre britannique n’hésitait pas à mettre en cause: «l’idéologie malfaisante de l’islamisme radical» et «l’excès de tolérance» à son endroit, notre président Macron se contentait des phrases gentiment creuses dont il a la magie, en évoquant classiquement «une tragédie» donc il se gardait bien de révéler l’identité de l’auteur prolifique.






Theresa May n’hésite pas à mettre en cause : «l’idéologie malfaisante de l’islamisme radical » et « l’excès de tolérance» à son endroit.








Comment pouvoir espérer, dans ce cas, voir la partie la plus modérée de l’Islam se démarquer franchement de sa frange radicale, si au sommet de l’État nul ne lui indique ni le nom ni l’adresse?
Mais quand le nouveau chef de l’État s’essaye à expliquer les causes du phénomène-toujours sans le nommer-c’est pire encore. Ainsi le 29 mai: «les terroristes prospèrent sur la misère. Lutter contre le terrorisme… C’est promouvoir l’éducation, s’engager pour le développement.».
Nous sommes ainsi au cœur du syndrome de la victimisation de ce terrorisme sans nom. Au cœur de la maladie psychologique occidentale moderne. D’abord pour ce qu’elle dit d’inexact: Ben Laden était un milliardaire. Les auteurs du 11 septembre étaient des fils de famille saoudiens. Coulibaly revenait avec sa fiancée de villégiature à St Domingue. L’égorgeur du prêtre Hamel était issu d’une famille cultivée et n’était pas un cas social. Ensuite et surtout pour ce qu’elle ne dit pas de la haine islamique radicale pour les juifs et les chrétiens et de la haine pathologique pour les blancs, les Occidentaux , les Français , tous évidemment racistes et post-pétainistes, évidemment coupables de crimes coloniaux contre l’humanité ; bacille de la haine cultivé dans les éprouvettes des laboratoires masochistes islamo-gauchistes européens .
Tant qu’on n’appréhende pas le phénomène, faute d’être peut-être immunisé soi-même, tant qu’on n’ose pas le décrire ni même le nommer, il n’y a aucune chance d’espérer le vaincre.
Churchill pendant des années fut la risée des médias, des intellectuels et des politiciens londoniens. Son discours antinazi était considéré comme haineux, belliqueux et insultant pour le peuple allemand. On lui préférait, et de loin, l’esthétisme et l’optimisme d’un Bertrand Russell qui prônait le désarmement et la confiance.
De doux effluves russelliens flottent au-dessus de Paris. Pas seulement à l’Élysée. Une secrétaire d’État à l’égalité entre les hommes et les femmes nie l’existence de l’antisémitisme dans les quartiers. Une radio d’État ne se donne même pas la peine de signaler une pétition d’intellectuels prestigieux en faveur d’une dame juive assassinée par un islamiste antisémite. Des intellectuels déploient des trésors d’imagination conceptuelle pour excuser l’organisation d’une manifestation féministe «racisée» interdite aux hommes blancs.






Tout, absolument tout est permis, sauf dire du mal de l’islam radical. L’esprit critique est aboli.








Ainsi, la mixité et le métissage sont imposés partout au nom du vivre ensemble, sauf lorsqu’ils sont interdits pour cause d’émancipation. Des journaux dignes du Bondy blog relativisent le sort des agressions de femmes dans le quartier de la Chapelle. La maire de Paris comme des féministes de gauche ne sont pas en reste de propositions concrètes comme organiser des promenades exploratoires ou élargir les trottoirs. Tout, absolument tout est permis, sauf dire du mal de l’islam radical. L’esprit critique est aboli. Descartes est interdit.
À quoi bon alors? Parce qu’il n’y a d’autre choix que de regarder le mal en face. Même si un diable idéologique madré poursuit sa mauvaise farce.
Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. 
Publié avec l’aimable autorisation du Figaro Vox.

















EN DIRECT - Londres : après l'attaque, des renforts policiers pour rassurer les musulmans
Par Etienne Jacob , Edouard de Mareschal Mis à jour le 19/06/2017 à 13:12 Publié le 19/06/2017 à 04:43
Le quartier de Finsbury Park est bouclé ce lundi matin.

Un véhicule a fauché plusieurs piétons à la sortie d'une mosquée près de Finsbury Park, dans la nuit. Une personne est morte, dix autres sont blessées. Le conducteur, immobilisé par des personnes sur place, a été arrêté.

EN COURS : Mis à jour à 13:12
à 13:59
May promet de combattre le terrorisme

La première ministre britannique Theresa May promet de combattre le terrorisme "quel que soit le responsable". "C'était une attaque contre les musulmans près de leur lieu de culte", a dit Theresa May avant d'ajouter: "Notre détermination à contrecarrer (les actes de terrorisme, ndlr) sera la même quel que soit leur responsable".
à 13:01
Le point à la mi-journée

A la mi-journée, voici ce que l'on sait de l'attaque à la camionnette bélier qui a fait un mort et dix blessés dans la nuit de dimanche à lundi au nord de Londres.

o Un acte qualifié de terroriste par la police
Un homme à bord d'une camionnette blanche fonce sur une foule de fidèles musulmans qui sortaient peu après minuit de la mosquée de Finsbury Park, dans le nord de Londres, après la prière de rupture du jeune de ramadan. L'assaillant est maîtrisé par des personnes sur place, immobilisé puis arrêté par la police. La police traite l'attaque comme un "acte terroriste", précise la ministre de l'Intérieur Amber Rudd.La première ministre Theresa May a convoqué une réunion d'urgence dans la matinée.

o L'assaillant est un homme de 48 ans
Maîtrisé par les passants puis arrêté par la police, l'assaillant a été amené à l'hôpital où il doit subir des examens pour évaluer sa santé mentale. Contrairement à des témoignages qui faisaient état de trois hommes dans le van, la police a démenti l'existence d'autres suspects. Elle a également fait état d'aucune blessure par arme blanche. Selon plusieurs témoignages, l'homme aurait agi sur des motivations anti-musulmanes. En sortant du camion, il aurait hurlé : "Tous les musulmans ! Je veux tuer tous les musulmans !"

o Le bilan :un mort et 10 blessés
Le bilan définitif fait état d'un mort et de 10 blessés, tous musulmans. Huit ont été hospitalisés, et deux ont été traités sur place pour des blessures bénignes. Cependant, la personne décédée était déjà l'objet de soins sur place avant l'attaque, selon un responsable anti-terroriste. La police doit établir si le décès est lié à l'attaque.

o Le maire de Londres participera à une prière à la mosquée de Finsbury Park
Sadiq Khan a condamné l'attaque qu'il a immédiatement qualifiée de "terroriste". Le maire de Londres s'est rendu dans la matinée sur les lieux de l'attaque, qui est intervenue dans la circonscription dont il est député. Il a par ailleurs annoncé qu'il participerait dans le courant de la journée à une prière à la mosquée de Finsbury Park.
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 Sky News  @SkyNews
London Mayor @SadiqKhan has condemned the #FinsburyPark terror attack
12:38 - 19 Jun 2017
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o La mosquée de Finbury Park, ancien repaire de radicaux
Située dans le nord de la capitale, près de l'Emirates Stadium d'Arsenal, Finsbury Park peut accueillir 1800 fidèles, sur ses cinq étages. Connue comme le fief du «Londonistan» islamiste au début des années 2000, elle s'est entièrement refondée en 2005 sous une nouvelle administration.
» De notre correspondant à Londres : Finsbury Park, ancien fief du «Londonistan» désormais ouvert au dialogue interreligieux

o Montée des actes racistes à Londres
Selon son maire Sadiq Khan, les actes anti-musulmans ont été multipliés par cinq depuis l'attentat du 3 juin sur le London Bridge. Dans le même temps, les actes racistes auraient augmenté de 40%.

o La Grande Bretagne frappée par trois attentats islamistes en trois mois
La Grande Bretagne a connu trois attentats islamistes en moins de trois mois. Dans la nuit du 3 au 4 juin, trois assaillants à bord d'une camionnette ont foncé sur la foule sur le London Bridge, puis poignardé plusieurs passants à Borough Market, tuant 8 personnes, avant d'être abattus par la police. Le 22 mai à Manchester, un attentat-suicide avait fait 22 morts et une centaine de blessés à la sortie d'un concert de la pop-star américaine Ariana Grande. Le 22 mars, Khalid Masood, Britannique de 52 ans converti à l'islam et connu des services de police, avait fauché des piétons en lançant sa voiture de location sur le trottoir du pont de Westminster dans le centre de Londres, avant de poignarder à mort un policier devant le Parlement, faisant 5 morts.
à 12:29
Jeremy Corbin participera à la prière à la mosquée de Finsbury Park

Le leader travailliste s'est rendu sur le lieu de l'attentat, qui se trouve dans la circonscription dont il est député.
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 Laura Silver  @laurafleur
Police updating Corbyn on #FinsburyParkattack – Corbyn also appears to be speaking to locals behind cordon.
12:17 - 19 Jun 2017
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Il a par ailleurs annoncé qu'il assisterait à une prière à la mosquée de Finsbury Park plus tard dans la journée. "Je suis choqué par cette attaque horrible et cruelle à Finsbury Park, qui est traitée comme un acte de terreur", écrit-il dans un communiqué.

"Je présente mes condoléances aux familles et aux amis de l'homme qui est mort, et nos pensées vont aux personnes qui ont été blessées, ainsi qu'à leurs familles et à leurs amis", poursuit-il.

Jeremy Corbin précise qu'il a rencontré les représentants de la communauté musulmane à la Muslim Welfare House, aux côtés de Richard Watts qui est à la tête du conseil d'Islington, la cheffe exécutive du conseil Lesley Seary, et de la police métropolitaine. "Richard et moi assisterons à la prière à la mosquée de Finsbury Park dans le courant de la journée", annonce-t-il.
à 11:42
La camionnette a été louée à l'ouest de Cardiff

La camionnette qui a servi de bélier porte le sigle de Pontyclun Van Hire, une société de location basée dans une zone industrielle située à l'ouest de Cardiff, selon The Guardian.

à 10:51
Toutes les victimes sont musulmanes

La police antiterroriste confirme que l'événement est considéré comme une «attaque terroriste», et précise que toutes les victimes sont musulmanes. Elle confirme qu'il n'y a pas d'autre suspect que le conducteur du van. Elle dément l'existence de blessures à l'arme blanche.
«Des renforts policiers ont été déployés à travers Londres pour rassurer les membres de la communauté musulmane observant le ramadan», déclare Neil Basu, chef de l'antiterrorisme à la Metropolitan Police. «C'est une période extrêmement difficile pour Londres et les ressources de la police sont sous pression.»

à 10:32
Sadiq Khan : «Le terrorisme est le terrorisme, qu'il soit inspiré par l'islam ou pas», dit Sadiq Khan

Interrogé sur la BBC, le maire de Londres déclare que «le terrorisme est le terrorisme, qu'il soit inspiré par l'islam ou pas.»
«Londres a été durement frappée par trois attaques depuis celle du pont de Westminster et cinq autres ont été déjouées entre temps», poursuit-il. «Il n'y a plus de place pour la radicalisation dans les lieux de culte, mais les gens peuvent se radicaliser dans leur chambre sur Internet.»
à 10:23
«Pensées pour Londres», écrit Emmanuel Macron

Le président de la République, qui inaugure aujourd'hui le salon aéronautique du Bourget, écrit sur Twitter : «Pensées pour Londres et les victimes après cette nouvelle épreuve.»
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 Emmanuel Macron  @EmmanuelMacron
Pensées pour Londres et les victimes après cette nouvelle épreuve.
09:45 - 19 Jun 2017
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à 10:12
Le bilan est passé à un mort et dix blessés

L'attaque au camion bélier a fait un mort et dix blessés dans la nuit de samedi à dimanche à Londres. «Un homme a été prononcé mort sur les lieux» de l'attaque et «huit blessés ont été conduits dans trois hôpitaux différents», indique la police. Par ailleurs, deux autres personnes légèrement blessées ont été soignées sur place.
à 09:59
À ce stade, la police ne fait pas état d'autres suspects

Juste après l'attaque, deux témoins ont affirmé avoir vu trois personnes -dont le conducteur- sortir de la camionnette. Une affirmation contredite par la police métropolitaine de Londres : «À ce premier stade de l'enquête, il n'y a pas d'autres suspects, cependant l'enquête continue», peut-on lire sur le compte Twitter de la police métropolitaine de Londres.
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 Metropolitan Police  @metpoliceuk
Re #SevenSisters Rd #Finsburypark incident - At this early stage there are no other suspects, however the investigation continues.
08:48 - 19 Jun 2017
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Le conducteur de la camionnette est le seul suspect de l'attaque qui a fait un mort et 10 blessés dans la nuit de dimanche à lundi à la sortie d'une mosquée près de Finsbury Park.Il a été maîtrisé par la foule avant d'être interpellé par la police.
à 09:15
Le maire de Londres déplore une «attaque terroriste»

«La police métropolitaine répond actuellement à une horrible attaque terroriste contre des personnes innocentes à Finsbury Park», a écrit le maire dans un communiqué publié sur Twitter.

«Mes pensées et mes prières vont vers tous ceux qui sont affectés», a-t-il poursuivi.
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 Sadiq Khan  @SadiqKhan
Thoughts & prayers with all those affected by the horrific terrorist attack on innocent people in #FinsburyPark. https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1555540234498758&id=275283499191111 …
07:43 - 19 Jun 2017
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«Alors que cela apparaît être une attaque contre une communauté particulière, comme lors des terribles attaques de Manchester, de Westminster et du London Bridge, il s'agit d'une attaque commise contre nos valeurs communes de tolérance, de liberté et de respect», a-t-il estimé.
à 09:10
Une vidéo montre plusieurs blessés juste après l'attaque

Un témoin a filmé la scène de confusion dans les instants qui ont suivi l'attaque, alors que les premiers secours n'étaient pas encore sur place. Plusieurs blessés sont au sol. Une personne reçoit un massage cardiaque.

à 08:36
Des témoins évoquent une attaque anti-musulmane

En sortant de son véhicule après avoir renversé une dizaine de personnes, le conducteur aurait crié qu'il voulait «tuer tous les musulmans», selon deux témoins cités par le Times.

à 07:11
Theresa May va présider une réunion d'urgence

La première ministre britannique va présider une réunion de crise après l'attaque près de la mosquée de Finsbury Park. «Toutes mes pensées vont vers les victimes, leurs proches et les services d'urgence sur place», a dit Theresa May, dont le manque d'empathie avait été dénoncé à la suite de l'incendie qui a ravagé la semaine dernière une tour d'habitation de Londres.
à 07:05
La police antiterroriste saisie, «potentielle» attaque terroriste

Comme l'évoquait précédemment le Guardian, la police antiterroriste britannique a été saisie et a ouvert une enquête. Selon Theresa May, les forces de l'ordre traitent cet incident comme une «potentielle attaque terroriste».
à 06:58
Le conducteur de la camionnette, un homme de 48 ans

Selon un communiqué de la police, le conducteur de la camionnette a été arrêté. Il s'agit d'un homme de 48 ans. Il a été emmené à l'hôpital par mesure de précaution et sera bientôt mis en détention. Une évaluation sur sa santé mentale aura lieu «en temps voulu», précisent les forces de l'ordre. «Aucun autre suspect n'a été identifié sur les lieux», a-t-on précisé.


à 06:56
Nouveau bilan : un mort, et huit blessés, selon la police


La police a confirmé la mort d'une personne sur les lieux. Huit autres personnes ont été blessées et transportées dans trois hôpitaux distincts. Deux d'entre elles ont été traitées sur les lieux pour des blessures mineures.

La police a précisé qu'il n'y avait, à ce stade, pas de rapports faisant état de personnes qui auraient été poignardées, comme évoqué précédemment.
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 Metropolitan Police  @metpoliceuk
LATEST on #SevenSisters Road #FinsburyPark incident. One person has died. Counter Terrorism Command investigating. http://ow.ly/9lDR30cH7Zq
06:52 - 19 Jun 2017
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à 06:48
Le Conseil des musulmans appelle à «renforcer» la sécurité à l'extérieur des mosquées


Le Conseil des musulmans britannique (MCB), a dénoncé ce lundi matin une «violente manifestation de l'islamophobie», évoquant un acte «intentionnel». Cette organisation représentative des musulmans a également appelé les autorités à «renforcer la sécurité à l'extérieur des mosquées».
à 06:43
Le quartier bouclé


Après l'attaque, la police a coupé la circulation autour des lieux du drame et dressé un cordon de sécurité.

La police a établi un cordon de sécurité.REUTERS/Neil Hall
à 06:39
L'association musulmane Cage dénonce «la hausse de l'islamophobie»


L'association musulmane de défense des droits de l'Homme, Cage, a pour sa part dénoncé «la hausse rampante de l'islamophobie», appelant au «calme».
à 06:38
L'organisation Ramadhan Foundation condamne une «attaque malveillante»


Mohammed Shafiq, à la tête de l'organisation musulmane Ramadhan Foundation, a condamné cette «attaque malveillante», dans un communiqué. «S'il est confirmé qu'il s'agit d'une attaque délibérée, alors elle doit être considérée comme un acte de terrorisme», a-t-il ajouté.
à 06:33
Corbyn «complètement sous le choc» après cette l'attaque


Le dirigeant de l'opposition travailliste britannique, Jeremy Corbyn, a assuré ce lundi matin qu'il était «complètement sous le choc» après cette attaque près d'une mosquée à Londres.
à 06:25
EN IMAGES - Les forces de l'ordre et les secours sur place


La police et les secours sont sur place afin de sécuriser la zone et de venir en aide aux victimes.

La police, sur les lieux de l'attaque.AFP PHOTO / Daniel LEAL-OLIVAS

De nombreuses ambulances sont intervenues sur place.REUTERS/Neil Hall
à 06:20
Le directeur de la mosquée adresse ses «pensées» et ses «prières» aux victimes

«Nos pensées et nos prières vont vers ceux qui ont été blessés et affectés par cette lâche attaque dans la zone de Finsbury Park», a déclaré le président de la mosquée de Finsbury Park, Mohammed Kozbar, déplorant «de nombreuses victimes».
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 Mohammed Kozbar @KozbarM
Our thoughts and prayers with those who got injured and effected by this cowardly attack in Finsbury Park area, many casualties in the floor
03:31 - 19 Jun 2017
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à 06:17
Les forces contre-terroristes britanniques viennent en aide à la police ordinaire

Selon le journal The Guardian, la police contre-terroriste est venue prêter main-forte à la police ordinaire pour examiner les circonstances de l'attaque.
à 06:13
Theresa May : «Mes pensées vont vers ceux qui ont été blessés dans cette attaque»


«Mes pensées vont vers ceux qui ont été blessés dans cette terrible attaque», a déclaré la première ministre britannique, Theresa May, qui est informée en temps réel de la situation. 
à 06:11
La mosquée de Finsbury Park, un ex-haut lieu des militants islamistes londoniens


La mosquée de Finsbury Park, située au nord de Londres, est l'une des plus importantes du pays. Elle était connue, au début des années 2000, pour être un haut lieu des militants islamistes de Londres. Ces derniers venaient écouter les prêches enflammés d'Abou Hamza : ce prêcheur égyptien, borgne et amputé des deux avant-bras, a été condamné à la prison à perpétuité en janvier 2015 aux États-Unis pour onze chefs d'inculpations liés à une prise d'otages et pour terrorisme.



En 2012, Abou Hamza avait été extradé aux États-Unis.
à 06:08
TÉMOIGNAGES - « J'ai entendu beaucoup de cris, des hurlements»


«De la fenêtre, j'ai entendu beaucoup de cris, des hurlements, du chaos dehors, tout le monde criait : "Une camionnette a fauché des gens, une camionnette a fauché des gens". Il y avait cette camionnette blanche à l'arrêt à côté de la mosquée de Finsbury Park qui avait apparemment foncé sur des personnes qui sortaient de la prière. Je n'ai pas vu l'assaillant lui-même, même s'il semble avoir été arrêté, mais j'ai vu la camionnette», a raconté à la BBC une jeune femme habitant près de la scène du drame.
à 06:07
TÉMOIGNAGES - «Nous avons vu beaucoup de personnes crier et beaucoup de blessés»


«Nous avons vu beaucoup de personnes crier et beaucoup de blessés», a déclaré à l'AFP David Robinson, 41 ans, un témoin arrivé sur les lieux après l'incident. «Il semble que la mosquée était la cible», a-t-il ajouté.

Un autre témoin, âgé de 19 ans, a dit avoir vu un «van blanc avec trois hommes à bord».


à 06:05
Les fidèles sortaient de la mosquée après l'Iftar


En pleine période de ramadan, les musulmans pratiquants se rendent à la mosquée après l'Iftar, la rupture du jeûne à la tombée de la nuit. Une prière a lieu aux alentours de minuit. Le ramadan se terminera le 24 juin prochain. Après l'attaque, des musulmans ont entamé des prières dans la rue, à proximité du lieu du drame, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les fidèles prient, après l'attaque près d'une mosquée à Londres.Yui Mok/PA via AP
à 06:03
Le véhicule aurait «intentionnellement» foncé sur les fidèles


Harun Khan, à la tête du Conseil des musulmans, a affirmé que le véhicule avait «intentionnellement» foncé sur les fidèles quittant la mosquée.
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 Harun Khan @harakha
Shocked and outraged to hear a van has intentionally run over worshippers leaving #Ramadan night prayers on Seven Sisters Road #FinsburyPark
03:08 - 19 Jun 2017
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à 06:02
L'incident s'est déroulé devant une mosquée


Selon le Conseil des musulmans (MCB), l'incident s'est déroulé devant une mosquée. «Nous avons été informés qu'une camionnette avait percuté des fidèles alors qu'ils quittaient la mosquée de Finsbury Park. Nos prières vont aux victimes», a tweeté cette organisation représentative des musulmans britanniques.
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 MCB  @MuslimCouncil
BREAKING: We have been informed that a van has run over worshippers as they left #FinsburyPark Mosque. Our prayers are with the victims. https://twitter.com/harakha/status/876592547753328640 …
03:18 - 19 Jun 2017
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à 06:01
Plusieurs personnes percutées, selon des témoins


Au moins dix personnes ont été percutées par le véhicule, selon des témoins à Sky News. On craindrait pour la vie de deux d'entre elles, d'après The Sun.
à 05:59
Les secours sur place

Le service des ambulances de Londres a de son côté annoncé avoir «envoyé plusieurs équipes sur un incident sur Seven Sisters Road».
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 London Ambulance  @Ldn_Ambulance
We have a number of ambulance crews & specialist teams on scene at the incident on #SevenSisters Road #FinsburyPark http://bit.ly/2sFj90l
04:27 - 19 Jun 2017
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 London Ambulance  @Ldn_Ambulance
We have sent a number of resources to an incident in Seven Sisters Road. More information will follow when we have it.
02:57 - 19 Jun 2017
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à 05:58
L'incident a débuté aux alentours de minuit

«La police a été appelée juste après 00h20 après le signalement qu'un véhicule est entré en collision avec des piétons», a précisé la police dans un communiqué. «Il y a un certains nombre de blessés» et «une personne arrêtée», selon la même source.
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 Metropolitan Police  @metpoliceuk
Police are on the scene and are dealing with a major incident in Seven Sisters Road http://news.met.police.uk/news/incident-in-seven-sisters-road-247036 …
03:04 - 19 Jun 2017
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à 05:58
Bonjour à tous


Un véhicule - a priori une camionnette - a fauché plusieurs piétons dans le nord-est de Londres, dans la nuit de dimanche à lundi. L'attaque a fait «plusieurs blessés», selon la police qui a procédé à une arrestation.

» Londres : un véhicule fauche des piétons devant une mosquée


Londres : un mort et dix blessés dans une attaque à la voiture bélier
Par Etienne Jacob , AFP, Reuters Agences Mis à jour le 19/06/2017 à 13:15 Publié le 19/06/2017 à 03:49
Les forces de police, près du lieu de l'attaque.
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Un individu au volant d'une camionnette a foncé dans un groupe de musulmans qui sortaient de la mosquée de Finsbury Park après la prière de rupture du jeûne de ramadan dans la nuit de dimanche à lundi. La police doit établir si le décès d'une personne sur place est bien lié à l'attaque.
» Suivez notre live sur l'attaque de Londres, à Finsbury Park
o Un acte qualifié de terroriste par la police
Un homme à bord d'une camionnette blanche a foncé sur une foule de fidèles musulmans qui sortaient peu après minuit de la mosquée de Finsbury Park, dans le nord de Londres, après la prière de rupture du jeune de ramadan. L'assaillant est maîtrisé par des personnes sur place, immobilisé puis arrêté par la police. La police traite l'attaque comme un «acte terroriste», précise la ministre de l'Intérieur Amber Rudd. La première ministre Theresa May a convoqué une réunion d'urgence dans la matinée. Au terme de celle-ci, elle a notamment promis de combattre le terrorisme «quel que soit le responsable». Sadiq Khan, maire de la capitale britannique, a condamné l'attaque qu'il a immédiatement qualifiée de «terroriste».
o L'assaillant est un homme de 48 ans
Maîtrisé par les passants puis arrêté par la police, l'assaillant a été amené à l'hôpital où il doit subir des examens pour évaluer sa santé mentale. Contrairement à des témoignages qui faisaient état de trois hommes dans le van, la police a démenti l'existence d'autres suspects. Elle a également fait état d'aucune blessure par arme blanche. Selon plusieurs témoignages, l'homme aurait agi sur des motivations anti-musulmanes. En sortant du camion, il aurait hurlé: «Tous les musulmans! Je veux tuer tous les musulmans!»

o Le bilan: un mort et 10 blessés
Le bilan définitif fait état d'un mort et de 10 blessés, tous musulmans. Huit ont été hospitalisés, et deux ont été traités sur place pour des blessures bénignes. Cependant, la personne décédée était déjà l'objet de soins sur place avant l'attaque, selon un responsable anti-terroriste. La police doit établir si le décès est lié à l'attaque.
o Jeremy Corbyn participera à une prière à la mosquée de Finsbury Park
Le patron des travaillistes britanniques s'est rendu dans la matinée sur le lieu de l'attaque, qui est intervenue dans la circonscription dont il est député. Il a par ailleurs annoncé qu'il participerait dans le courant de la journée à une prière à la mosquée de Finsbury Park.
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London Mayor @SadiqKhan has condemned the #FinsburyPark terror attack
12:38 - 19 Jun 2017
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o La mosquée de Finsbury Park, ancien repaire de radicaux
Située dans le nord de la capitale, près de l'Emirates Stadium d'Arsenal, Finsbury Park peut accueillir 1800 fidèles, sur ses cinq étages. Connue comme le fief du «Londonistan» islamiste au début des années 2000, elle s'est entièrement refondée en 2005 sous une nouvelle administration.
» LIRE AUSSI - Finsbury Park, ancien fief du «Londonistan» désormais ouvert au dialogue interreligieux
o Montée des actes racistes à Londres
Selon son maire Sadiq Khan, les actes anti-musulmans ont été multipliés par cinq depuis l'attentat du 3 juin sur le London Bridge. Dans le même temps, les actes racistes auraient augmenté de 40%.
o La Grande Bretagne frappée par trois attentats islamistes en trois mois
La Grande Bretagne a connu trois attentats islamistes en moins de trois mois. Dans la nuit du 3 au 4 juin, trois assaillants à bord d'une camionnette ont foncé sur la foule sur le London Bridge, puis poignardé plusieurs passants à Borough Market, tuant 8 personnes, avant d'être abattus par la police. Le 22 mai à Manchester, un attentat-suicide avait fait 22 morts et une centaine de blessés à la sortie d'un concert de la pop-star américaine Ariana Grande. Le 22 mars, Khalid Masood, Britannique de 52 ans converti à l'islam et connu des services de police, avait fauché des piétons en lançant sa voiture de location sur le trottoir du pont de Westminster dans le centre de Londres, avant de poignarder à mort un policier devant le Parlement, faisant 5 morts.
Les secours, sur place.

Londres : Finsbury Park, ancien fief du «Londonistan» désormais ouvert au dialogue interreligieux
Par Florentin Collomp  Publié le 19/06/2017 à 10:11
La mosquée de Finsbury Park, dans le nord-est de Londres.
La mosquée de Finsbury Park, cible d'une attaque terroriste dans la nuit de dimanche à lundi, est l'un des lieux de culte musulman emblématiques de Londres.
Située dans le nord de la capitale, près de l'Emirates Stadium d'Arsenal, Finsbury Park peut accueillir 1800 fidèles, sur ses cinq étages. Connue comme le fief du «Londonistan» islamiste au début des années 2000, elle s'est entièrement refondée en 2005 sous une nouvelle administration.
Inaugurée en 1994 par le prince Charles, la mosquée fait les gros titres de la presse en 2003 lorsqu'elle est fermée après un raid de la police. Les terroristes Zacarias Moussaoui et Richard Reid avaient fréquenté Finsbury Park, sous la houlette de l'imam Abu Hamza, proche d'al-Qaida. Il prône la stricte application de la charia et le djihad. Des entraînements au maniement d'armes auraient eu lieu dans l'enceinte même de la mosquée. Défiant la fermeture, Hamza, borgne et célèbre pour ses crochets à la place des mains, organise les prières dans la rue, sous haute surveillance policière. Il est arrêté en 2004. Et, après une longue bataille judiciaire, extradé aux États-Unis en 2012 où il a été condamné à la prison à vie.
En 2005, la mosquée rouvre sur de nouvelles bases. Le Conseil musulman de Grande-Bretagne nomme un nouveau conseil d'administration, de nouveaux imams chargés d'appliquer une vision modérée de l'islam. Le management de la mosquée coopère avec la communauté locale et la police antiterroriste pour identifier et dénoncé les suspects d'extrémisme. Mohammed Kozbar, président de Finsbury Park, prône le dialogue interreligieux. Il y a trois jours, il avait invité des politiciens, dont le député local Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste, des représentants chrétiens, juifs, et le chef de la police locale, au repas de rupture de jeûne du ramadan.

Londres, arrière-cour de l'extrémisme islamique


De notre correspondant à Londres, RÉMI GODEAU
Mis à jour le 15/10/2007 à 05:01 Publié le 05/02/2007 à 06:00

Des centaines de milliers de musulmans s'estiment victimes de l'amalgame fait entre l'islam et le terrorisme.

MURS de briques, fenêtres au charme tout administratif, minaret de béton... La mosquée centrale du nord de Londres ne paie pas de mine. Un panneau jaune vif avertit : « Attention : caméras de surveillance en action. » Poussés par le vent, les fidèles pénètrent dans le hall sans se soucier des objectifs. Dans l'entrée étroite, Ibrahim lit d'un œil distrait un tract contre le « terrorisme de Bush ». Avant de s'éclipser vers la salle de prière du premier étage, ce Nigérian de 30 ans sourit, montre son Coran et déclare, serein : « La vérité est là ».

À vrai dire, rien ne laisse entrevoir que ce lieu de culte - plus connu sous le nom de mosquée de Finsbury Park - a été jusqu'en janvier 2003 l'épicentre européen de l'islamisme le plus radical. C'est là, dans ces salles de prière aux moquettes éculées, que six ans durant l'imam borgne et manchot Abou Hamza a appelé « à saigner à mort » les ennemis d'Allah. C'est là, adresse de l'internationale djihadiste, que la police a découvert argent sale, faux papiers, armes et littérature terroriste. C'est là qu'ont prié trois des kamikazes des attentats londoniens du 7 juillet 2007. Et aussi Zacarias Moussaoui et Richard Reid, l'homme aux chaussures piégées.

Londonistan

Abdel Shaheed el-Ashaal refuse d'évoquer ces temps chahutés. Depuis 2005, il est le président des nouveaux administrateurs de la mosquée. Timbre doux et barbe courte, il a été désigné pour rabâcher : « On a oublié le passé ! » Et lorsqu'on lui demande s'il condamne les attentats-suicides, il se dresse : « Des actes criminels commis par des criminels. » Homme de la normalisation, Abdel Shaheed a su résister aux assauts des disciples d'Abou Hamza, un temps mobilisés pour reconquérir leur mosquée, le cœur du Londonistan.

Inventé par les services français, ce raccourci de Londres et d'Afghanistan désignait le petit monde des islamistes et des opposants aux régimes arabes qui avaient pignon sur rue dans la capitale anglaise. Pendant plus d'une décennie, sous le nez du gouvernement, Londres est ainsi devenu « le centre de promotion et de financement de l'extrémisme islamique en Europe, le hub des réseaux européens de la terreur », écrit Melanie Phillips dans un ouvrage intitulé Londonistan.

Avec les explosions meurtrières du 7 juillet 2005 (56 morts et plus de 700 blessés), cette impunité a cessé. Imams arrêtés, organisations dissoutes, comptes gelés, mosquées surveillées... Tony Blair a annoncé que les règles du jeu avaient changé. De fait, les trois ténors du Londonistan se sont tus. Arrêté en 2004, Abu Hamza a été condamné à sept ans de prison pour incitation au meurtre. Ex-leader du mouvement extrémiste al-Mouhadjiroun, Omar Bakri a été déclaré persona non grata depuis un voyage au Liban, en août 2005. Et l'ambassadeur d'al-Qaida en Europe, Abu Qatara, attend en prison d'être extradé.

Ce silence n'est toutefois qu'apparence. Le prosélytisme est désormais clandestin, l'appel au djihad secret. Chargé du suivi des lois antiterroristes, lord Alex Carlile estime qu'une vingtaine d'imams radicaux sévissent encore au Royaume-Uni. Dans la discrétion. « La mosquée a cessé d'être le terreau de la radicalisation car les prêches sont surveillés », assure Dominique Thomas, chercheur à l'École des hautes études en sciences sociales. D'autres lieux s'y sont substitués : salles de prière non répertoriées, campus, prisons, écoles coraniques à l'étranger, sites Internet...

Ce réseau informel alimenterait, selon le MI 5, environ 200 groupes, soit 1 600 suspects « en majorité britanniques et liés à al-Qaida ». La probabilité que des cellules dormantes attendent pour agir est très élevée, assure Robert Ayers, expert chez Chatham House : « Ni les attentats du 7 juillet 2005, ni l'opération ratée du 21 juillet ne nous ont appris qui, au final, a endoctriné, entraîné, financé et coordonné les kamikazes. On connaît les soldats, mais les généraux n'ont jamais été identifiés. Donc, les mécanismes doivent toujours exister.»

Propagande sur Internet

Des milliers de livres, de vidéos ou de cassettes audio circulent. Dans l'appartement d'un des accusés des attentats ratés du 21 juillet 2005, Scotland Yard a trouvé des DVD de sermons d'Abu Hamza et de décapitations d'otages. Sur Channel 4, un récent documentaire a révélé qu'en plein centre de Londres, la librairie de la mosquée de Regent's Park proposait des enregistrements du prédicateur radical Sheikh Feiz. Le Figaro s'est procuré sans difficulté deux de ces vidéos. Dans la première, intitulée Signes du Moment, Sheikh Feiz imite le grognement du cochon pour ridiculiser les juifs. Dans l'autre, tirée de Séries de la mort, il profère que « le point culminant, le pinacle, la crête, le point le plus haut est le djihad » et exhorte les enfants à mourir pour Allah : « Mettez dans leur cœur doux et tendre le zèle du djihad et l'amour du martyre. »

Autre canal de communication : Internet. Les islamistes anglais ont été les premiers à utiliser le Web comme caisse de résonance. Le MI 5 a pu constater qu'al-Qaida disposait d'une machine de propagande sophistiquée. Des images d'attaques perpétrées en Irak sont diffusées sur le Net dans la demi-heure. « Et, de manière effrayante, nous voyons le résultat ici : de jeunes adolescents sont préparés à devenir kamikazes », s'alarmait en novembre la directrice générale de l'agence de renseignement. Jusqu'à récemment, le site des Supporteurs de la charia défendait les attentats-suicides, « forme la plus noble du martyre ». Appels au meurtre, propos antisémites et autres célébrations des kamikazes ont aujourd'hui disparu - ou presque - des sites les plus fréquentés : la glorification du terrorisme est devenue un délit. Restent les commentaires très virulents de l'actualité.
Et les forums secrets. Celui des Disciples d'Ahlus Sunnah Wal Jama'ah Muntada regroupe 700 membres parmi les plus extrémistes. Pour s'y exprimer, il faut être coopté avant de se voir attribuer un code d'accès. Un activiste connu des plateaux télévisés, Anjem Choudary, s'est servi de cette tribune pour appeler, sous pseudonyme, au djihad en Somalie, selon le Sunday Times. « Les Éthiopiens, avec le soutien des croisés chrétiens et l'appui de l'illégitime Israël, ont violé le sang des musulmans en Somalie », écrit-il. Ancien porte-parole d'al-Mouhadjiroun, à présent interdit, cet avocat de 39 ans habitué des plateaux télévisés estime que les musulmans anglais sont « oppressés » et que les caricaturistes danois méritaient la peine de mort.

Ces discours ne touchent qu'une infime partie des deux millions de musulmans installés en Grande-Bretagne. Il ne faut pourtant pas minimiser leur impact. D'abord sur une minorité agissante : longtemps traité comme un illuminé par le MI 5, Abou Hamza est apparu comme un inspirateur de plusieurs kamikazes. Ensuite, sur un cercle plus large de pratiquants sensibles au contexte international. Conservateurs, les musulmans britanniques (en majorité originaires du Pakistan, un État qui s'est construit sur l'islam) « adhèrent depuis plus de vingt ans à un islam politique très engagé quand les musulmans français, pour la plupart issus du Maghreb, pratiquent l'islam d'une culture traditionnelle », note Dominique Thomas, de l'EHESS.

Prosélytisme radical

Une organisation s'est spécialisée dans la dénonciation systématique de la politique étrangère de Londres et de Washington en Afghanistan, en Irak, en Somalie, etc. Elle s'appelle Hizb ut-Tahrir, le Parti de la libération en arabe. S'il s'affiche comme non-violent, ce parti politique - interdit en Allemagne pour antisémitisme - est radical, si ce n'est subversif en ce sens qu'il prône le retour au califat par la révolution des consciences. Calé dans le fauteuil d'un luxueux hôtel londonien, Taji Mustafa, un de ses porte-parole, articule son discours avec aisance : « Pas besoin de suivre les prêches d'un imam pour se radicaliser : il suffit de regarder à la télévision les images de massacre et d'humiliation des musulmans en Irak. » Hizb ut-Tahrir joue sur du velours : promotion de l'identité musulmane et dénonciation de son viol par les Occidentaux.

Extrémistes islamiques, sympathisants d'organisations surpolitisées... Un troisième cercle est touché par le prosélytisme radical : les centaines de milliers de musulmans qui s'estiment victimes de l'amalgame fait entre l'islam et le terrorisme. Paradoxe, dans un pays où une municipalité renonce à utiliser le cochon dans sa communication pour ne pas choquer, où les policières de confession musulmane portent un voile assorti à l'uniforme classique, où le controversé Tariq Ramadan enseigne à Oxford, le fossé se creuse entre les jeunes musulmans et le reste de la société britannique. Pour Munira Mirza, auteur d'un rapport sur le sujet, le gouvernement mène une politique contreproductive : « En traitant la communauté musulmane comme un groupe homogène, il ignore la diversité des opinions, et les musulmans se sentent ignorés, exclus. » Pour les plus modérés, le tableau est désespérant, insiste le député conservateur Michael Gove : « Ils voient que les groupes religieux les plus provocateurs et conservateurs se taillent la part du lion auprès des politiques et des médias et s'interrogent sur le sérieux du gouvernement dans sa lutte contre l'extrémisme. »

Un exemple : le Conseil musulman de Grande-Bretagne. Censé être représentatif, le MCB a été dirigé par Iqbal Sacranie, un admirateur de Sheikh Yassin qui estimait que pour Salman Rushdie, auteur des Versets sataniques, « la mort, c'était peut-être encore trop aisé ». Un de ses membres imminents qualifiait Ben Laden de « combattant de la liberté » quelques semaines avant les attentats du 11 Septembre. Depuis, le ministère de l'Intérieur l'a appointé comme conseiller pour combattre l'extrémisme islamique.

De notre correspondant à Londres, RÉMI GODEAU


La Grande-Bretagne découvre les limites du communautarisme


ANALYSE - Ce système consistant à laisser des groupes religieux se développer en quasi-sociétés parallèles sur le sol britannique commence à susciter quelques doutes.

L'attentat-suicide de Manchester et la tuerie de Borough Market à Londres ont suscité quelques doutes en Grande-Bretagne quant à la grande indulgence britannique à l'égard du fondamentalisme musulman. Dimanche matin, Theresa May a laissé entendre que le modèle communautariste britannique pourrait ne pas être entièrement déconnecté des questions de sécurité et de l'essor du terrorisme islamique. «Même si nous avons fait des progrès importants au cours des dernières années, il y a, soyons francs, une trop grande tolérance envers l'extrémisme dans notre pays, a ...


Les réseaux du djihad implantés de longue date au Royaume-Uni


Les services de renseignements s'inquiétaient récemment de la porosité avec de potentielles filières francophones, depuis les attentats de Paris et de Bruxelles.
Londres et Birmingham abritent les principaux foyers d'islamisme au Royaume-Uni. Avec d'autres villes, comme Luton (nord de Londres), Manchester, Leeds ou Bradford, où vivent d'importantes populations musulmanes, mais aussi Cardiff, capitale du pays de Galles, ou Portsmouth (sud de l'Angleterre). Les services de renseignements s'inquiétaient récemment de la porosité avec de potentielles filières francophones, depuis les attentats de Paris et de Bruxelles.
Le «Londonistan» où l'islamisme était prêché au vu et au su de tous au début du siècle a été démantelé, remplacé par des cellules de moins en moins visibles. La prise de conscience a lieu au lendemain du 11 septembre 2001. Cette année-là, Scotland Yard crée une unité chargée de pénétrer les cercles islamistes, notamment dans les mosquées. Pendant plusieurs années, celle ...

A Londres, un attentat contre les fidèles d’une mosquée symbole
— 19 juin 2017 à 20:06

Rassemblement de dignitaires religieux devant la mosquée de Finsbury Park, à Londres, lundi.
Rassemblement de dignitaires religieux devant la mosquée de Finsbury Park, à Londres, lundi. Photo Kevin Coombs. Reuters 
Une personne a été tuée et dix blessées dimanche soir par une camionnette à la sortie de leur lieu de culte, fief de l’islam radical devenu en 2005 centre de dialogue inter-religieux.

A Londres, un attentat contre les fidèles d’une mosquée symbole
A chaque fois, un nouveau symbole. Pour la troisième fois en trois mois, un quartier emblématique de Londres a été frappé par un acte terroriste. Après Westminster le 22 mars, cœur du pouvoir, puis London Bridge et Borough Market le 3 juin, hauts lieux du tourisme et de la fête, c’est Finsbury Park, un quartier populaire très mélangé ethniquement, qui a été attaqué. Le 22 mai, la jeunesse avait été frappée à Manchester lors d’un concert d’Ariana Grande. Cette fois, une seule communauté a été visée : toutes les victimes - un mort et dix blessés, dont deux graves - sont musulmanes.

Il est un peu plus de minuit dimanche soir. Devant la mosquée du centre Muslim Welfare House, de nombreux fidèles sont rassemblés. Ils viennent de rompre le jeûne du ramadan et sont sortis prendre l’air entre deux prières. Soudain, une camionnette blanche jaillit et fonce délibérément sur les passants. C’est l’affolement, le mode opératoire ressemble à s’y méprendre aux deux derniers attentats à Londres : un véhicule lancé à vive allure sur des piétons. Le conducteur, Darren Osborne, homme blanc de 47 ans et père de quatre enfants, sort de la voiture en criant, selon plusieurs témoins, «je veux tuer des musulmans !» La commissaire Cressida Dick, chef de Scotland Yard, le confirmera : «Il s’agit très clairement d’une attaque contre les musulmans.» Habitant de Cardiff, l’homme n’était pas armé et semble avoir agi seul.

Incidents racistes.
Lorsque la police arrive, très vite, l’agresseur est à terre, maîtrisé par les passants. L’imam de la mosquée, Mohammed Mahmoud, a appelé au calme et probablement empêché que le terroriste soit lynché. Ni la police ni la Première ministre n’ont perdu de temps pour qualifier l’attaque d’acte «terroriste». «Ceci nous rappelle que le terrorisme, l’extrémisme et la haine se présentent sous de multiples formes ; et notre détermination pour les arrêter doit être la même quels que soient les responsables», a déclaré Theresa May.

Les agressions ou actes islamophobes avaient déjà augmenté au lendemain de l’attentat de Manchester, mais depuis l’attentat du London Bridge, ils ont quintuplé, avait précisé Sadiq Khan, le maire, musulman, de Londres. Plus généralement, les incidents racistes ont augmenté de 40 % par rapport à la même période l’an dernier. La sécurité autour des mosquées et des lieux de culte va être renforcée.

May s’est rendue lundi à la mosquée de Finsbury, où elle a rencontré des représentants de tous les cultes. Ces derniers ont rappelé qu’«une attaque contre une religion est une attaque contre toutes les religions et les communautés». La première personnalité sur les lieux avait été le leader travailliste de l’opposition, Jeremy Corbyn, un voisin. Il est le député de la circonscription dans laquelle se trouve la célèbre mosquée de Finsbury Park.

En 2014, celle-ci recevait un prix prestigieux pour son engagement dans la communauté et ses efforts en termes de dialogue inter-religieux, sous la houlette de son secrétaire général, Mohammed Kozbar. Ce prix marquait un changement radical pour l’image de la mosquée, cœur dix ans plus tôt du «Londonistan», centre de la mouvance extrémiste islamiste de la capitale britannique. Construite sur cinq étages, la mosquée accueille environ 2 000 croyants. En 1994, elle est inaugurée par le prince Charles, avant de basculer rapidement en abri pour prêcheurs extrémistes. La mosquée est alors le théâtre des harangues hystériques d’Abu Hamza, devenu son imam en 1997. Le personnage d’origine égyptienne, borgne et les mains remplacées par des crochets après une explosion jamais vraiment expliquée, prône l’application stricte de la charia et soutient ouvertement Al-Qaeda. Les terroristes Zacaria Moussaoui, impliqué dans le 11 Septembre, et Richard Reid, arrêté en décembre 2001 alors qu’il s’apprêtait à faire exploser ses chaussures dans un avion, ont fréquenté les lieux et écouté Abu Hamza.

Explosion.
Suspendu de la mosquée en 2002, il continue à déverser ses prêches haineux dans la rue, sous prétexte de la liberté de parole. Une loi sur l’incitation au terrorisme et à la haine a été votée depuis pour empêcher ce genre d’excès. La mosquée est fermée en 2003. Hamza est arrêté en 2004 et, après une longue procédure judiciaire, extradé vers les Etats-Unis en 2012. Deux ans plus tard, il y est condamné à la prison à vie pour terrorisme.

La mosquée de Finsbury Park rouvre en 2005, dans un contexte totalement différent. Le 7 juillet, trois attentats simultanés dans Londres tuent 52 personnes et en blessent plus de 700 dans l’explosion de deux rames de métro et d’un bus. Les quatre terroristes, tués dans les explosions, étaient britanniques, radicalisés au Royaume-Uni.

Depuis, la mosquée s’est engagée fermement dans un dialogue inter-religieux et intercommunautaire en collaboration avec la police et les services sociaux pour repérer ou éviter tout radicalisme. Des événements mêlant les communautés se déroulent régulièrement entre ses murs. Samedi, une célébration particulière s’y déroulait : l’initiative nationale The Great Get Together («Rassemblons-nous»), lancée par Brendan Cox, veuf de la députée travailliste Jo Cox, assassinée il y a un an par un extrémiste fasciné par l’idéologie nazie.


Par Sonia Delesalle-Stolper. Correspondante à Londres






Islamisme et politique 15.10.2017

Kurz, le jeune loup de la droite autrichienne en route pour la Chancellerie (15.10.2017) L'ombre de Kadhafi plane toujours sur le cha...