samedi 15 juillet 2017

Harcèlement des femmes

Remig :
Imaginez une religion qui dit :
- Les noirs ne pourront pas aller au cimetière voir leur parents ou amis décédés, seuls les blancs le pourront
- Les noirs doivent respect et obéissance aux blancs
- Les noirs n'ont pas le droit de vote
- Les noirs ne peuvent pas avoir un compte en banque
- Le noirs ne peuvent pas conduire
- Les noirs portent un voile dans les lieux publics
- On ne mélange surtout pas les noirs et les blancs: les blancs d'un côté et les noirs de l'autre
- Les noirs à la maison et aux taches ménagères, seuls les blancs peuvent travailler
- Les noirs ne peuvent pas se baigner sans porter un vêtement qui les couvrent complètement, les blancs eux font ce qu'ils veulent
Qui ne s'insurgerait pas devant un tel extrémisme ? N'est ce pas une atteinte à la liberté ?
Cette religion existe et elle est pratiquée régulièrement en France, elle s'appelle l'Islam ou même l'Islam modéré. Personne ne s'insurge des atteintes à la liberté, alors que la seule différence, c'est que ce ne sont pas les noirs et les blancs qui sont concernées, mais les femmes et les hommes !
Légiférons et interdisons le port du voile dans la rue et les lieux publics ! Après chacun fait ce qu'il veut : La religion quelle qu'elle soit doit rester du domaine privé.
Ceux qui s'inquiètent de la stigmatisation de l'Islam par de tels propos feraient mieux de s'inquiéter de la stigmatisation de la femme par l'Islam.
14/02/2015 à 11h04

En Algérie, ces femmes militent pour pouvoir enfin se baigner sans être harcelées sexuellement (13.07.2017)

En Algérie, ces femmes militent pour pouvoir enfin se baigner sans être harcelées sexuellement (13.07.2017)


Par Floriane Valdayron
Publié le 13/07/2017 à 16:15

Aller sur la plage peut être un calvaire quand on est Algérienne. C'est pour cela qu'un groupe de près de 3 200 femmes a vu le jour il y a deux semaines sur Facebook, à Annaba. Objectif : se baigner en nombre pour ne plus craindre les regards. En toile de fond, un harcèlement sexuel et moral inhérent à un conservatisme culturel prépondérant.

"J'ai toujours refusé de restreindre mes libertés à cause de certains hommes, mais beaucoup de femmes n'ont pas ce 'courage'". Lorsqu'elle va à la plage, Randa est mal à l'aise. Pourtant, malgré les regards insistants, les remarques et les insultes, la jeune Algérienne de 22 ans n'hésite pas à porter son maillot de bain deux pièces. "Je suis victime de harcèlement sexuel depuis que j'ai des formes féminines. Je sais que c'est universel mais j'ai l'impression que ça sévit plus chez nous", raconte cette habitante d'Annaba, une ville côtière du nord-est de l'Algérie comptant près de 258 000 habitants.

"Ici, nous devons composer avec le harcèlement, que ça touche à nos tenues vestimentaires ou aux lieux que nous fréquentons. C'est extrêmement frustrant". Il y a une dizaine de jours, la bônoise a été ajoutée par sa voisine à un groupe "secret" – dont nous ne citerons donc pas le nom – sur Facebook. Créée le 1er juillet, la page a rassemblé 1 500 femmes en une semaine. Elle en compte désormais près de 3 200, vivant toutes à Annaba. Objectif : leur permettre de se baigner sans être gênées, et de la manière dont elles l'entendent.

Aller à la plage en nombre pour lutter contre le harcèlement

Le fonctionnement est simple. L'administratrice du groupe propose des dates, les membres choisissent celle qui les arrange le plus via un sondage, puis elles se donnent rendez-vous dans la semaine, à une plage de la ville. Deux sorties ont déjà été organisées, le 5 et le 8 juillet, et une autre a lieu ce jeudi 13. Randa a participé à la première. "C'était très agréable car on se sentait bien, à l'aise, épanouies au milieu de beaucoup de femmes. On se sentait supérieures numériquement donc c'était très rassurant", raconte la bônoise. Si les premières sorties ne comptaient que quelques dizaines de membres, 100 sont déjà attendues pour la prochaine.

"Chez nous, être seule en bikini au milieu d'une dizaine d'hommes, ce n'est pas agréable", confie Randa. En venant en nombre, en se baignant à plusieurs, les femmes montrent qu'elles existent au même titre que les hommes. Car c'est de cela qu'il est question : se réapproprier l'espace public. "Si on ne fait pas ça, on risque d'être bannies des plages comme on l'est de certains cafés. La rue est envahie par les hommes", assure Randa. Les femmes, elles, se font de plus en plus discrètes, victimes de harcèlement sexuel et moral, "au quotidien".

Par mesure de sécurité, une des règles régissant le groupe Facebook est son caractère secret. Ainsi, les dates et lieux de rendez-vous ne sont connus que par les femmes qui en sont membres. Motif : éviter une riposte d'hommes désapprouvant l'initiative, qui pourraient venir aussi nombreux que les femmes. "Je ne pense pas que l'on en soit à l'agression physique. Mais, pour moi, le harcèlement moral et sexuel est une agression, et ce n'est pas normal de subir ça", déplore Randa.

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Une initiative qui fait débat sur les réseaux sociaux algériens

Le groupe est parvenu à maintenir ses informations confidentielles, bien qu'il fasse parler de lui sur les réseaux sociaux algériens. En cause : un article, publié dans Le Provincial ce lundi 10 juillet. La jeune femme qui l'a rédigé, Lilia, 24 ans, fait elle-même partie du groupe. C'est une anecdote qui s'est déroulée le week-end du 8 qui lui a donné envie de relater l'initiative.



Alors qu'elle est sur une plage payante à Skikda, à environ 80 km à l'ouest d'Annaba, une équipe de handball féminine arrive. Les joueuses sont en maillot de bain. Sur la plage, un homme s'énerve en les voyant et dit à sa femme, en burkini : "Viens, on rentre !". Elle tente de le convaincre de rester, mais il s'emporte et renverse les affaires posées sur la table à côté de lui. Lorsque son épouse lui demande de les ramasser, il lui répond : "Non. Le personnel ne me respecte pas en laissant entrer des filles nues sur la plage, donc je ne le respecte pas non plus".

Pour Lilia, c'en est trop. "C'est une plage où j'ai passé mon enfance. J'y ai toujours vu ma mère et mes tantes en maillot de bain, alors j'ai été choquée de voir que même ici il y avait un problème de mentalité. Je suis rentrée chez moi et j'ai écrit le papier". Rapidement, les choses sont devenues virales. Pour Lilia, les commentaires sur les réseaux sociaux reflètent bien une société scindée en deux parties. D'un côté, les jeunes qui trouvent normal qu'une femme se baigne en maillot de bain.

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De l'autre, les personnes conservatrices, qui passent à côté du message et militent contre le port du tissu polémique. "Des pages Facebook incitent à la haine, nous insultent et disent qu'on veut dénuder les femmes, en faire des objets. Au contraire, le but de l'article et de notre groupe est de dire 'baignez-vous comme vous voulez, pas forcément en maillot de bain'. C'est important que la plage reflète la richesse et la diversité de notre société", explique Lilia.


Les femmes en maillot de bain, dénoncées et "affichées" sur Facebook

Pas pour tous. Alors que le mois du Ramadan prend fin – le 24 juin –, des pages Facebook algériennes voient le jour. Elles appellent à boycotter le maillot de bain. Pire, elles incitent les hommes à photographier, dans l'espace public, les femmes qui en portent pour les "afficher" sur le réseau social. "Les autorités n'interviennent pas. Les pages ne sont pas réglementées, pas surveillées et ça se répercute à l'extérieur", dénonce Lilia.

La lutte contre le port du maillot de bain n'est pas réservée aux hommes. Des campagnes féminines fleurissent également sur les réseaux sociaux. Ici, il est écrit : #Je me baigne avec mon hijab, nous laissons la nudité aux animaux.

A juste titre. Des répercussions violentes ont notamment eu lieu pendant le "mois sacré", alors qu'une campagne sur les réseaux sociaux ciblait les femmes non voilées et celles qui sortaient seules le soir. Un article paru le 24 juin dans Le Provincial fait notamment état d'une agression commise le 22 juin au soir, contre une jeune femme, en plein centre-ville d'El-Bouni, une ville voisine d'Annaba. Après l'avoir insultée, trois hommes déchirent ses vêtements. Motif : sa jupe, "trop courte". La semaine précédente, une jeune fille, également en jupe, est fouettée par un motard avec un câble électrique.

"J'ai peur que Lilia et les autres femmes soient agressées physiquement"

"Alors je vous laisse imaginer ce que les femmes risquent pour un bikini…", regrette le frère* de Lilia, âgé de 22 ans. Quand la jeune femme lui a parlé du groupe Facebook, son cadet s'est inquiété pour elle. "J'ai peur que Lilia et les autres femmes soient agressées physiquement, parce qu'ici la gent féminine est vue comme un bout de viande. Pour moi, une majorité des jeunes n'a pas le niveau pour avoir une réaction intelligente face à l'initiative du groupe", confie-t-il. Malgré ses craintes, il encourage la démarche. "Mais c'est un grand pas ! Je trouve ces femmes héroïques, surtout dans notre société actuelle. Les mentalités doivent évoluer".

Le frère de Lilia n'est pas le seul. Si aucun homme ne peut intégrer le groupe Facebook, ils sont nombreux à le soutenir. Musta, 26 ans, est journaliste et féministe. Pour lui, la religion sert surtout de prétexte à certains hommes pour se comporter de la sorte : "Les motivations religieuses n'ont aucun rapport avec leurs agissements, même si c'est le prétexte principal derrière lequel ils se cachent pour faire marcher leur propagande haineuse". Musta considère qu'il est nécessaire de multiplier les initiatives comme le groupe confidentiel. "La femme algérienne ne pourra s'émanciper qu'à travers des actes comme celui-ci".

S'il est encore trop tôt pour dresser un constat, les membres du groupe sont confiantes, satisfaites de leur mobilisation. "Ce sont les prémices d'un féminisme qui nous est propre, sourit Randa. J'ai confiance en la femme d'ici, qui veut se libérer, s'émanciper de la tradition et de la culture locale, qui nous relègue à un statut de mère au foyer, soumise et domestiquée. Il faut qu'on se donne les moyens de faire évoluer les mœurs."

*Le jeune homme a souhaité rester anonyme.

Comment faut-il réagir face à un harcèlement de rue ? (07.07.2017)
Par Floriane Valdayron
Publié le 07/07/2017 à 15:45


Toutes les femmes se sont un jour ou l'autre posé la question : faut-il réagir face à un comportement relevant du harcèlement dans l'espace public ? Martine Batt, professeure en psychologie à l’université de Lorraine et experte judiciaire auprès de la Cour d'appel de Nancy, nous donne quelques clés.
Comment définir précisément le harcèlement de rue ?

Martine Batt : Dans le harcèlement de rue, on observe un comportement subi et un comportement agi, forcément violent. Cette violence passe par un regard, des mots, un sifflement, des sous-entendus, de l'humiliation. Le harceleur cherche à atteindre la dignité et l'intimité de sa victime. Et justement, ce qu'on a de plus intime, c'est notre identité : le harceleur va donc chercher à attaquer sa cible sur un point qui la touche vraiment. La victime, elle, ne peut pas répondre à cette violence qui l'atteint car elle ne se trouve pas dans une relation d'égale à égal : le harceleur lui inflige quelque chose.

Quel est le profil type du harceleur ?

Ce sont souvent des personnalités froides, perverses, indifférentes aux autres. Leur mode opératoire est d'infliger un ensemble de violences à leur victime, qui ne peut se défendre. Elle devient un objet, le déversoir d'une agressivité.

Quelles sont ses motivations ?

Le harceleur éprouve du plaisir quand il voit qu'il fait réagir sa victime, qu'il l'atteint. Il vibre quand elle éprouve un sentiment d'insécurité, quand elle est démunie.

Faut-il lui répondre ?

En répondant, on réagit d'égale à égal et on entre dans la relation : cela peut en effet freiner le harceleur car il se trouve alors plongé dans une confrontation. Ceci dit, il faut garder à l'esprit qu'en répondant, on va au combat. Et dans un combat, il y a un gagnant et un perdant. Il est donc dangereux d'affronter un harceleur de rue car il a déjà l'habitude de transgresser en public et on ne sait pas jusqu'où il peut aller.

Quel est le meilleur comportement à adopter ?

Ce qui pourrait le désamorcer, c'est une attitude d'indifférence. C'est la meilleure défense, quand on y arrive. Une femme qui tire sur sa jupe, ferme son manteau, remet en place les mèches de cheveux ou qui baisse la tête, manifeste : "J'ai été touchée, vous m'avez fait du mal". Et cela fait vibrer le harceleur. Il faut apprendre à paraître indifférente face à lui. Mais quand on a été harcelée, il faut aussi en parler le plus possible autour de soi et ne pas hésiter à aller voir la police.

Comment distinguer le "lourd inoffensif" du violeur potentiel ?

A mon avis, ce sont les mêmes puisqu'ils sont dans la transgression. C'est
vrai que l'un passera à l'acte plus facilement que l'autre mais, dans
tous les cas, l'alcool, la drogue et/ou un contexte particulier, comme
la nuit ou une rue déserte, favorisent le passage à l'action.

A quelles conséquences psychologiques sont sujettes les femmes harcelées ?

Les conséquences du harcèlement de rue sont terribles. Des femmes changent de comportement en évitant certaines rues, en s'habillant différemment, en portant moins de talons hauts… C'est une atteinte à la liberté de chacune. Sur le plan émotionnel, c'est un coup à la dignité, il provoque une blessure. Pendant des moments de vie où la féminité est en jeu, comme lorsqu'une femme est adolescente ou enceinte, cela peut causer des dégâts, de véritables douleurs psychologiques.

Peut-on s'y habituer ?

Non, il est faux de dire qu'à force, on s'endurcit, car on ne peut pas
s'habituer à être traitée comme un objet. Au contraire, le seuil de
tolérance psychologique diminue.

Pensez-vous qu'il faudrait "former" les femmes pour qu'elles soient prêtes à réagir face à un harceleur ?

Oui, et ce serait un moyen de se révolter, comme la journée de la jupe, pour
dire qu'on ne changera pas nos habitudes pour des harceleurs de rue. Il
faudrait enseigner aux femmes ce qu'est un comportement pervers
et leur apprendre à se défendre.

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La rue, zone de harcèlement (23.09.2012)
Par Magazine Marianne
Publié le 23/09/2012 à 17:00


La petite phrase l'insulte, de trop, la main baladeuse... combien de femmes on déjà fait l'expérience de ce qu'on appelle communément «harcèlement de rue» ? Contre la banalisation de ce phénomène, certaines se mobilisent au travers de livres, de documentaires, ou encore en organisant des ateliers dits d'autodéfense féminine...
« -T’as pas une clope ?
-Non, désolée.
-Alors qu’est-ce que tu fais dehors, tu fais la pute ?»

Ce dialogue, Laura, étudiante en Master de sociologie, l’a vécu un soir, alors qu’elle rentrait chez elle après avoir vu des amis. Anecdotique ? Non, l'enquête nationale sur les violences faites aux femmes datée de 2000 révèle que 13% des femmes de 20 à 59 ans déclarent avoir subit des injures ou des menaces dans l'espace public au cours des 12 derniers mois. Et ce chiffre passe à 25% lorsqu'il s'agit des femmes âgées de 20 à 24 ans.

Cette étude – la première sur le sujet – précise que les agressions verbales sont plus fréquentes dans les grandes villes, notamment en région parisienne, ce qui s’expliquerait, selon le document, par «l’usage plus généralisé des espaces publics et des transports en communs».

Cet été, un documentaire belge «Femmes de la rue», réalisé par une étudiante en cinéma, Sofie Peeters, a fait bouger les lignes… Pour son projet de fin d’étude, la jeune femme décide de dénoncer les injures dont elle est victime. Elle filme en caméra cachée un trajet qu’elle réalise au quotidien : une promenade ponctuée de sifflets, de commentaires déplacés et d’insultes

Face à ces agressions répétées, la Belgique a fini par légiférer. «Toute forme d'insulte est désormais punissable, qu'elle soit sexiste, raciste, homophobe ou autre», a expliqué Freddy Thielemans, le maire de Bruxelles. Si une personne est prise sur le fait, elle encourt jusqu’à 250 euros d’amende. Encore faut-il pouvoir interpeller une personne en flagrant délit d'insulte…

Depuis l’entrée en vigueur du texte, le 1er septembre 2012, quatre personnes ont été sanctionnées pour «comportement sexiste». Les premiers cas devraient faire jurisprudence. En dépit de l’avancée législative, certains restent néanmoins sceptiques. C’est le cas de Claudine Lienard, coordinatrice de projet à l'Université des femmes, qui a déclaré au quotidien belge Le Soir que, selon elle : «Il faut faire prendre conscience aux gens du contexte dans lequel leurs comportements s'expriment, qui est un contexte de patriarcat et de domination masculine». Ainsi, elle souhaite privilégier l’éducation, la prévention, plutôt qu’un système répressif difficilement applicable.

En France, où il n’existe aucun cadre législatif abordant spécifiquement la question des provocations et du harcèlement dont les femmes peuvent être victimes dans la rue, les plus motivées tentent donc de trouver la parade. Laura fait partie de celles-ci. L’étudiante en sociologie s’est inscrite à un atelier d’autodéfense verbale féminine, organisé par Cécile, étudiante en informatique, Elsa, comédienne, et Emmanuelle, doctorante en sociologie. Le lieu de rassemblement : le bar parisien, La Mutinerie.

«C’est la première fois qu’on organise un tel atelier, précisent les trois jeunes femmes, on n’est pas prof’, ce sont des choses qui nous arrivent et on veut partager nos expériences». En vrai.

Car des «expériences», les femmes en partagent des centaines sur Twitter, via le mot clé #harcèlementderue. De nouveaux témoignages y sont d’ailleurs postés tous les jours.

Le but de l’atelier parisien est justement de donner des clés pour se défendre... Dans son manuel d’autodéfense Non, c’est non, la sociologue Irène Zeillinger affirme que la façon de réagir dépend notamment de la personnalité de chacune : «Chaque femme réagit aux problèmes sur la base de son vécu, de son éducation, de sa façon de percevoir le monde, de ses capacités physiques et intellectuelles, etc». A cela s’ajoute des facteurs dits «situationnels» tels que le type d’agression, le lieu et le moment de la journée.

Face au nombre de personnes inscrites sur l’événement Facebook, Cécile, Elsa et Emmanuelle ont décidé de faire deux sessions. «On ne s’attendait pas à ce qu’il y ait autant de monde, commente Emmanuelle, c’est à la fois une bonne et une mauvaise chose»...

Dans la petite salle, une vingtaine de participantes, des femmes, plutôt jeunes, sont installées sur des chaises disposées en cercle. Les organisatrices prennent la parole : «La plupart des gens pensent que les agressions de rues sont rares et que les agresseurs ne sont que quelques hommes frustrés. C'est faux, la majorité d’entre eux font partie de notre quotidien».

L’enquête nationale sur les violence faites aux femmes avait révélé que 16,7% des femmes déclaraient avoir souffert de «pressions psychologiques» au travail et 37% au sein de leur couple. Ainsi, les techniques abordées lors de l’atelier pourront servir dans la rue mais aussi auprès des amis, de la famille ou encore des collègues de travail.

Hop, tout le monde debout ! La séance démarre par un échauffement collectif pour travailler la posture. Les femmes marchent puis, au signal, s’arrêtent en prenant une position défensive. Attention à ne pas sourire, l’exercice est sérieux. Ensuite, place au travail sur la voix, qui doit être ferme... Quelques instants plus tard, vingt personnes s’époumonent simultanément : «Dégage !», «Lâche-moi», «Mais retourne dans ton trou !».

Les participantes sont ensuite divisées en deux groupes plus petits. Cécile en anime un, Emmanuelle, l’autre. Elles proposent des situations d’agressions typiques en demandant de les mimer. Une discussion collective s’ensuit où l’on commente la solution choisie et en propose d’autres. «Les trois phrases», intervention paradoxale ou encore la fuite : la plupart des astuces viennent du manuel d’Irène Zeillinger, LA référence en la matière.

La parole se libère, les jeunes femmes racontent des expériences personnelles. Regards insistants, insultes, attouchements… «On se rend compte qu’il s’agit souvent du même type d’agression», remarque Aurélie, l'une des participantes. Certaines ont déjà réussi à ce qu’un agresseur se ratatine sur place et leur présente des excuses. Une précieuse victoire pour elles.
 
Au bout de deux heures, vient le moment de faire le bilan de la séance. «On se sent vraiment moins seule», affirme Marcia. «On sait que ça arrive aussi aux autres mais ce n’est pas pareil d’être face à d’autres filles qui racontent des expériences similaires aux nôtres», ajoute Laura. Les filles disent également se sentir «plus confiantes». Reste à mettre l'apprentissage en pratique…


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