mardi 11 juillet 2017

Kenya

Présidentielle au Kenya : l'opposition dénonce «une mascarade» (11.08.2017)
Kenya : Un policier tué par les Chebab (03.08.2017)

A une semaine des élections, un assassinat plonge le Kenya dans l’inquiétude (02.08.2017)
Kenya : la maison du vice-président attaquée par des hommes armés (29.07.2017)
De l’enfer d’être une femme en politique au Kenya (20.07.2017)
Kenya: condamnés à la prison à vie pour l'agression d'une femme "provocante" (19.07.2017)
Kenya: 5 morts pour libérer une otage (13.07.2017)
Au Kenya, sérieuses inquiétudes sur la tenue des élections générales du 8 août (10.07.2017)
Kenya : neuf personnes tuées par des shebab (08.07.2017)
« Dida », le petit candidat musulman qui se rêve président du Kenya (27.06.2017)

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Présidentielle au Kenya: l'opposition dénonce «une mascarade» (11.08.2017)

  • Par Juliette Mickiewicz
  • Publié le 11/08/2017 à 19:54
Selon toute probabilité, le président sortant Uhuru Kenyatta devrait être réélu pour un mandat de cinq ans. Mais avant même la proclamation officielle, l'opposition évoque des fraudes massives et affirme que son candidat a gagné le scrutin.

Le Kenya attendait toujours, vendredi soir, les résultats définitifs de l'élection présidentielle. Les chiffres provisoires, diffusés jeudi, donnaient une large victoire au président sortant Uhuru Kenyatta, avec près de 55 %, sur Raila Odinga.

Les missions d'observations électorales ont estimé que le scrutin s'est déroulé dans de bonnes conditions et n'ont relevé aucune irrégularité. Mais avant même la proclamation officielle, le candidat défait Raila Odinga a contesté ces résultats et affirmé à plusieurs reprises, sans apporter de preuve, qu'ils étaient faux.

Son parti l'a déclaré vainqueur du scrutin jeudi en disant se baser sur des résultats transmis par «une source secrète», et a qualifié la proclamation du vainqueur de la présidentielle de «mascarade». Affirmant qu'il s'en remettait au «peuple», le parti a écarté l'idée de porter ses griefs en justice. «Pour nous, aller en justice n'est pas une alternative. Nous sommes passés par là dans le passé. Ce n'est pas une option», a déclaré James Orengo, un des principaux leaders de la coalition du candidat de l'opposition. «A chaque fois qu'une élection a été volée, le peuple kényan s'est levé pour faire en sorte que des changements interviennent afin de faire du Kenya un meilleur endroit».

«Un désastre»

L'opposition reproche notamment à la commission électorale de s'apprêter à proclamer le vainqueur de la présidentielle de mardi sans prendre le temps d'accéder à sa demande de vérifier l'ensemble des résultats et d'avoir accès à ses serveurs informatiques. «Je pense que tout ça relève d'une mascarade totale, c'est un désastre», a ajouté James Orengo.

En 2013, Raila Odinga, qui avait rejeté l'élection de Uhuru Kenyatta dès le premier tour avec quelque 800.000 voix d'avance, s'était tourné vers la Cour suprême, qui avait finalement validé les résultats. En 2007, la contestation du résultat d'un précédent scrutin présidentiel par Raila Odinga avait plongé le Kenya dans un conflit ethnique meurtrier.

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Kenya : Un policier tué par les Chebab (03.08.2017)

  • Par Le Figaro.fr avec Reuters
  • Mis à jour le 03/08/2017 à 13:41
  • Publié le 03/08/2017 à 13:32 
Des islamistes du groupe insurgé somalien Al Chebab ont attaqué aujourd'hui un poste de police du nord du Kenya et abattu un agent, à quelques jours des élections générales du 8 août.

Les assaillants ont atteint par des tirs de roquettes deux véhicules dans la localité de Lafey, près de la frontière somalienne, avant que les policiers ne repoussent l'attaque, a déclaré un responsable des forces de l'ordre.

Les Kényans doivent élire mardi leur président ainsi que les députés, les sénateurs et aussi des responsables locaux. Le président sortant, Uhuru Kenyatta, brigue un second mandat.

Les islamistes des Chebab lancent fréquemment des attaques en territoire kényan pour tenter de contraindre l'armée kenyane de se retirer de Somalie, où elle participe au contingent de l'Amisom, la force de l'Union africaine déployée pour défendre le pouvoir en place à Mogadiscio.

A une semaine des élections, un assassinat plonge le Kenya dans l’inquiétude (02.08.2017)


Le 8 août, le pays sera appelé à élire son président et ses députés. Mais l’un des plus hauts dirigeants de la commission électorale indépendante vient d’être tué.

Par Bruno Meyerfeld (contributeur Le Monde Afrique, Nairobi)

LE MONDE Le 02.08.2017 à 06h33 • Mis à jour le 02.08.2017 à 09h18
Christopher Msando, membre de la commission électorale kényane, (ici, photographié le 6 juillet) a été torturé et assassiné.
À la morgue de Nairobi, lundi 31 juillet dans l’après-midi, il y avait plus de tristesse encore qu’à l’habitude. Des pleurs. Des cris. Mais aussi des employés en costume cravate au visage décomposé. Des journalistes nerveux, enchaînant les directs. Et quelques électeurs inquiets, venus chercher des réponses.

Le Kenya est sous le choc, le souffle coupé depuis l’annonce de l’assassinat d’un des plus hauts dirigeants de la commission électorale indépendante (IEBC) du pays, Chris Msando, une semaine seulement avant les élections générales prévues mardi 8 août.

« Nous ne nous laisserons pas intimider »

Son corps sans vie, retrouvé dans un buisson boueux près de Nairobi, avait été transporté vers la capitale samedi par la police. Supplicié, les mains tailladées, l’avant-bras cassé en deux, accompagné du cadavre dénudé d’une jeune femme. « Il n’y a aucun doute : il a été torturé et assassiné », a tranché le président de l’IEBC, Wafula Chebukati, submergé par l’émotion.

Que s’est-il passé ? Que savait Msando ? Est-ce une bavure de la police ? Un complot pour faire dérailler le scrutin ? Un énième assassinat politique ? Et pourquoi donc la police a-t-elle mis plus de deux longues journées avant d’annoncer le décès ? À Nairobi, personne ne sait. Ou, plutôt, personne ne veut savoir. Car chacun craint déjà le pire.

Il n’en a pas fallu davantage à l’opposition, menée par Raila Odinga et unie au sein de la Super Alliance Nationale (NASA), pour voir dans le meurtre sordide un assassinat politique. « Nous ne nous laisserons pas intimider », ont déclaré lundi ses ténors dans une conférence de presse, voyant dans l’affaire « une tentative pour planter un poignard dans le cœur des élections à venir et dans le cœur de la démocratie kényane », orchestrée par « quelques individus souhaitant s’accrocher au pouvoir ».

Kenya : la maison du vice-président attaquée par des hommes armés (29.07.2017)


Par AFP — 29 juillet 2017 à 15:34 (mis à jour à 15:59) 

La maison du vice-président kényan William Ruto a été attaquée par des hommes armés samedi dans la région d’Eldoret, dans le nord-ouest du Kenya, à dix jours d’élections générales qui s’annoncent serrées et tendues.

William Ruto et sa famille ne se trouvaient pas chez eux au moment de l’attaque, dont les motivations sont inconnues et lors de laquelle un policier d’élite chargé de la sécurité a été grièvement blessé, ont indiqué à l’AFP un haut responsable de la sécurité et un policier sous couvert de l’anonymat.

«Des hommes armés ont lancé une attaque, tiré sur un policier et volé son arme», a déclaré à l’AFP le responsable de la sécurité. Des forces de sécurité «importantes» ont été déployées et ont pénétré dans l’immense propriété, qui compte plusieurs bâtiments. Ces forces ont entendu un coup de feu après leur arrivée et tentent de déterminer si un ou plusieurs assaillants se trouvent toujours sur les lieux. «Une opération sécuritaire est en cours», a précisé la source policière.

William Ruto est le colistier du président Uhuru Kenyatta pour les élections générales du 8 août, dix ans après les pires violences électorales de l’histoire du Kenya indépendant (1 100 morts). La vallée du Rift, dans laquelle se trouve la région d’Eldoret, avait été une des régions les plus affectées par ces violences fin 2007-début 2008.

Lors des élections d’août, qui s’annonce serrées alors que la tension électorale est déjà très haute, MM. Kenyatta et Ruto tenteront d’obtenir un second mandat face au candidat de l’opposition, Raila Odinga, et son colistier, Kalonzo Musyoka.

De l’enfer d’être une femme en politique au Kenya (20.07.2017)

Pour les candidates aux prochaines élections générales du 8 août, impossible de faire campagne sans être constamment harcelées, injuriées, violentées.

Par Bruno Meyerfeld (contributeur Le Monde Afrique, Nairobi)

LE MONDE Le 20.07.2017 à 17h52 • Mis à jour le 21.07.2017 à 06h54

Esther Passaris, femme d’affaires kényane et candidate à la députation aux élections générales du 8 août 2017.

Nous sommes en direct sur la chaîne KTN. Le show du soir est l’un des plus populaires de toute la télévision kényane. En ce 16 novembre 2016, l’avocat Miguna Miguna débat avec la femme d’affaires Esther Passaris. Tous deux lorgnent sur le poste de gouverneur de Nairobi. Mais, rapidement, la confrontation dérape. Miguna insulte sans retenue sa contradictrice : « Femme sans aucune intégrité », « Bimbo mondaine cherchant la renommée juste pour trouver des milliardaires pouvant prendre soin d’elle ». A la pause, hors antenne, le torrent d’injures ne tarit pas : « Esther est tellement belle : tout le monde veut la violer ! », lance Miguna, sourire aux lèvres, visiblement fier de lui.

La scène, filmée par un téléphone portable et diffusée sur les réseaux sociaux, avait alors soulevé une vague d’indignation au Kenya, où des élections générales doivent avoir lieu le 8 août. Mais ce qui pourrait apparaître comme un dérapage répugnant est en réalité la norme dans un pays devenu un véritable enfer pour les femmes en politique. Six mois après l’incident, rien n’a changé, estime Esther Passaris. « C’est toujours très violent pour les femmes. J’ai l’impression que ces insultes ne cesseront jamais », confie-t-elle.

Discréditer et humilier

Pour les candidates, la marche vers le pouvoir est un chemin de croix. Impossible de faire campagne sans être constamment harcelée, injuriée, violentée. A Nyeri (centre), une aspirante députée a expliqué au quotidien Daily Nation être accueillie dans ses déplacements par des hordes de mâles hurlant des insultes entrecoupées de gémissements sexuels, n’hésitant pas à l’embrasser, à la gifler, à lui toucher les seins ou les fesses. Voire à la déshabiller de force.

Ces techniques d’intimidation sont des plus courantes et ne doivent rien au hasard. Organisées délibérément par les candidats masculins, elles visent à discréditer et à humilier leurs adversaires. Nombre de candidates disent ainsi recevoir régulièrement chantage et menaces de mort envoyés directement par texto ou lancées à l’oral par ds compétiteurs qui ne cherchent même pas à se cacher.

Lire aussi :   Au Kenya, sérieuses inquiétudes sur la tenue des élections générales du 8 août

Des mots aux actes, il n’y a qu’un pas. Ainsi, à Nyanza (ouest), une députée sortante a-t-elle vu son garde du corps assassiné et sa maison incendiée le jour de sa victoire aux primaires de son parti. Plusieurs autres femmes disent également avoir été attaquées à coups de machette ou de barre de fer par des bandes armées envoyées par leurs concurrents. Quelques-unes ont fini à l’hôpital. Certaines, face à la passivité de la police, ont renoncé à être candidates.

Qui imaginerait qu’il s’agit ici du pays de Wangari Maathaï, première Africaine à recevoir en 2004 le prix Nobel de la paix et icône mondiale du droit des femmes ? Le Kenya, autoproclamé Etat le plus progressiste de la région, ne compte en réalité que 19,5 % de députées à l’Assemblée nationale, soit 68 femmes pour 350 sièges. Un chiffre qui place Nairobi loin derrière ses voisins régionaux, à commencer par le Rwanda, champion du monde, avec 61 % de députées à la Chambre basse, mais aussi l’Ethiopie (38 %), le Burundi (36 %), l’Ouganda (34 %) et même le Soudan du Sud (28 %) et la Somalie (24 %), pourtant plongés dans la guerre civile.

Des institutions patriarcales

Ce 19,5 % est un chiffre trompeur. « L’immense majorité des députées siège seulement grâce aux quotas mis en place par la Constitution », rappelle Yolande Bouka, chercheuse à l’université de Denver. La Constitution garantit en effet une cinquantaine de sièges aux femmes. Sur les 68 députées de l’Assemblée, seules 16 ont été élues en compétition avec les hommes. ». Hors quota, la part des femmes tombe à 5,5 %.

Une situation affligeante, d’autant que « les femmes élues grâce aux quotas ne disposent pas des mêmes droits que les autres représentants élus “normalement”, poursuit Yolande Bouka. Par exemple, elles n’ont accès pas au Fonds de développement de la circonscription [équivalent de la réserve parlementaire]. De fait, la majorité des députées sont des élues de second rang. »

Lire aussi :   Au Kenya, une série d’attentats pourrait compromettre la réélection du président Kenyatta

« Pour être kényane et s’engager en politique, il faut être Superwoman ! », tente d’en rire l’écrivaine Nanjala Nyabola. La raison, estime-t-elle, est à chercher du côté des institutions patriarcales du pays. « Au Kenya, les candidats aux élections sont d’abord sélectionnés par les conseils traditionnels des anciens de chaque tribu, toujours dirigés par des hommes. Ils sont plus importants que les partis politiques et désignent rarement des femmes », note-t-elle.

Conséquence : « Les femmes sont historiquement considérées comme des intruses venues se battre sur un terrain politique réservé aux hommes », explique Yolande Bouka. Le facteur financier est également déterminant. Car la politique coûte cher au Kenya : affiches, meetings ou pots-de-vin… il faut tout payer soi-même. Or, selon le Global Gender Gap Report, le revenu des Kényanes est d’un tiers inférieur à celui des hommes. Celles-ci ont par ailleurs un accès limité à la terre ou au crédit bancaire. Impossible d’être candidate sans l’appui financier, et donc sans l’accord de son conjoint.

En contradiction totale avec la Constitution

L’environnement médiatique n’est pas moins hostile. « Les journalistes voient encore les femmes comme des objets de beauté !, enrage Pamela Mburia, consultante en communication politique. On ne leur pose que des questions sur leur mariage, leur style vestimentaire, leurs enfants… Les journalistes publient des photos de leurs jambes en première page, leur font des remarques sexistes. On ne les prend jamais au sérieux. »

Le scrutin à venir sera-t-il l’occasion d’un nouveau départ ? Cette année, deux à quatre femmes pourraient être élues gouverneure de comté : une première. Ainsi, à Kirinyaga (centre), ce sont même deux candidates qui partent favorites pour le poste : l’ex-ministre Anne Waiguru et l’ancienne candidate à la présidentielle, Martha Karua. Plus au sud, à Bomet (Rift), Joyce Laboso, vice-présidente de l’Assemblée nationale, est également bien placée pour l’emporter.

Lire aussi :   Au Kenya, « les journalistes renoncent à écrire sur certains sujets de peur d’être pris pour cible »

Mais ces quelques noms cachent une réalité plus sombre. Ainsi, à la différence de la plupart des élections précédentes, aucune femme ne participe à la course à la présidentielle de 2017. Selon des chiffres rendus publics récemment par deux anciennes parlementaires, le nombre de candidates à un poste électif aurait par ailleurs chuté depuis 2013 : elles seraient à peine 140 cette année contre… 2 367 hommes.

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L’ancienne ministre de la justice (2005-2009) Martha Karua fut candidate à la présidentielle en 2013.
La part des élues n’est donc pas près d’augmenter à l’Assemblée nationale kényane, et ce en contradiction totale avec la Constitution. Depuis 2010, celle-ci stipule en effet qu’aucun « genre » ne doit accaparer plus des deux tiers des sièges du Parlement. Mais, en sept ans, les députés n’ont jamais cru utile d’adopter une loi permettant l’application concrète de la norme suprême du pays.

Les magistrats ont pourtant prévenu : une simple pétition suffirait pour qu’à peine élue la future Assemblée soit déclarée inconstitutionnelle et immédiatement dissoute. Une situation à laquelle ne croit malheureusement pas Nanjala Nyabola. « Les députés trouveront bien une solution pour passer par-dessus la loi, comme toujours… soupire l’écrivaine. Le Kenya n’est pas prêt d’avoir une femme présidente. »

Kenya: condamnés pour l'agression d'une femme "provocante" (19.07.2017)


Par Le Figaro.fr avec AFPMis à jour le 19/07/2017 à 16:35 Publié le 19/07/2017 à 16:31

La justice kényane a condamné aujourd'hui trois hommes à la prison à vie pour avoir déshabillé et agressé sexuellement une femme qu'ils trouvaient vêtue de manière trop provocante.

Le jugement clôt une affaire qui avait fait descendre un millier de personnes dans les rues de Nairobi en 2014 en vêtements moulants pour dénoncer les agressions contre les femmes après la diffusion d'une vidéo de l'attaque.

"Il est important de respecter la dignité d'une femme", a déclaré le juge Francis Andayi en prononçant la sentence.

L'agression avait eu lieu en septembre 2014 dans une station-service des environs de Nairobi. La victime avait été déshabillée de force et agressée sexuellement, son téléphone et son argent lui avaient été volés par la foule, le tout filmé et diffusé sur les réseaux sociaux.

Cette agression s'était inscrite dans une série visant des femmes et avait déclenché une campagne de protestation sous le mot d'ordre #MyDressMyChoice (je m'habille comme je veux).


Les trois agresseurs, Edward Gitau, Nicholas Mwangi et Meshak Mwangi, ont été théoriquement condamnés à la peine de mort mais celle-ci n'est plus appliquée au Kenya et ils devront passer le reste de leurs jours derrière les barreaux.

Kenya: 5 morts pour libérer une otage (13.07.2017)
Mis à jour le 13/07/2017 à 22:07

Des membres présumés des islamistes radicaux shebab ont brièvement enlevé ce jeudi une responsable du gouvernement kényan dans la région côtière de Lamu (est) et une opération pour la libérer s'est soldée par la mort de cinq personnes, a-t-on appris de sources sécuritaires.

Miriam El Maawy, qui dirige le département des travaux publics au sein du ministère kényan des Infrastructures, a été enlevée par des hommes armés sur une route vers 16H00 (13H00 GMT) et rapidement, une opération conjointe de la police et de l'armée a été lancée à sa rescousse, selon un haut responsable de la police kényane qui a souhaité garder l'anonymat. Le véhicule dans lequel les assaillants ont emmené Mme El Maawy serait sorti de route alors qu'il roulait à vive allure vers la frontière somalienne et une fusillade a éclaté entre les kidnappeurs et les forces de sécurité arrivées sur les lieux. Selon le haut responsable policier interrogé par l'AFP, quatre membres des forces de sécurité et le garde du corps de Mme El Maawy ont péri dans l'échange de coups de feu.

Le porte-parole de l'armée kényane Joseph Awuoth n'a de son côté pas souhaité donner de précisions sur le bilan ou les circonstances précises de l'attaque. Il a toutefois confirmé que Mme El Maawy avait été secourue. Cette dernière a été transportée par avion à Nairobi pour y être soignée mais on ignorait jeudi soir si elle souffrait de blessures liées à l'accident lui-même ou à la fusillade. "Nous avons des victimes mais je peux vous confirmer que Mme la Première secrétaire est sauve", a pour sa part déclaré le chef de la police pour la région de Lamu, Larry Kieng. Les shebab, un groupe islamiste somalien affilié à Al-Qaïda, ont multiplié ces dernières semaines les attaques dans la région de Lamu, dans lesquelles plus de 20 policiers et une dizaine de civils ont été tués depuis mai.


Cette recrudescence d'attaques intervient à moins d'un mois d'élections générales au Kenya, que les shebab prennent pour cible notamment en raison de son intervention militaire dans le sud de la Somalie lancée en 2011 aux côtés d'autres contingents d'Afrique de l'Est. Depuis ce déploiement destiné à éradiquer les shebab, le Kenya a été la cible de plusieurs attentats meurtriers, notamment ceux du centre commercial Westgate à Nairobi (septembre 2013 - 67 morts) et de l'université de Garissa (avril 2015 - 148 morts). En 2014, une vague d'attaques armées des shebab avait fait près de 100 morts dans la région de Lamu, entraînant l'effondrement de l'activité touristique dans cette région côtière.

Au Kenya, sérieuses inquiétudes sur la tenue des élections générales du 8 août (10.07.2017)
L’annulation surprise du contrat d’impression des bulletins de vote et le décès brutal du ministre de l’intérieur ont plongé le pays dans l’incertitude.

Par Bruno Meyerfeld (contributeur Le Monde Afrique, Nairobi)

LE MONDE Le 10.07.2017 à 14h34 • Mis à jour le 12.07.2017 à 09h38

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Le président du Kenya, Uhuru Kenyatta, en campagne électorale à Nairobi, le 26 juin 2017.
Est-il encore possible de maintenir les élections générales au Kenya, censées avoir lieu dans moins d’un mois ? La question se pose depuis ce week-end à Nairobi, car une série d’événements imprévus a plongé le pays dans l’incertitude quant à la tenue du scrutin du 8 août.


Vendredi 7 juillet, la Haute Cour de justice a annoncé l’annulation pure et simple d’un contrat passé entre la Commission électorale indépendante (IEBC) et une société de Dubaï, Al-Ghurair, portant sur l’impression des bulletins de vote. La Cour a estimé que l’IEBC n’avait pas suffisamment consulté l’ensemble des candidats avant d’attribuer ce juteux marché de plus de 20 millions d’euros.

Un processus périlleux

La décision est une victoire inespérée pour l’opposition, menée par Raila Odinga à la tête de la coalition Super alliance nationale (NASA). Celle-ci, craignant de possibles fraudes électorales, dénonçait depuis des semaines de supposées collusions entre la société d’impression de Dubaï et Uhuru Kenyatta, le président sortant qui brigue un nouveau mandat, ainsi que sa formation politique du parti Jubilee.

Le jugement est un camouflet pour la Commission électorale. « La décision de la Haute Cour n’est pas claire. Nous ne comprenons pas ce que les juges entendent par un supposé “manque de consultation”, déclare au Monde Andrew Limo, chargé de la communication de l’IEBC. Mais le calendrier est formel. Les bulletins doivent être imprimés le 18 juillet, pas plus tard. »


La Commission se montre confiante. « Reporter le scrutin est un scénario que nous n’envisageons pas pour le moment », assure M. Limo. Pourtant, en l’absence des précieux bulletins, impossible d’affirmer avec certitude que les Kényans pourront bien se rendre aux urnes. Samedi, l’IEBC a annoncé l’organisation d’une réunion de consultation avec l’ensemble des candidats à la présidentielle, et a déclaré faire appel en justice de la décision.

« Il faut deux à trois semaines minimum pour imprimer, vérifier et distribuer les millions de bulletins aux bureaux de vote du pays, note ainsi Nic Cheeseman, professeur à l’université de Birmingham et spécialiste du système électoral kényan. Les prochains jours seront donc cruciaux. Si la Commission électorale perd en appel, celle-ci n’aura plus le temps de sélectionner un autre imprimeur. Ce sera la fin de la présidentielle. Il n’y aura pas d’autre choix que de reporter le scrutin. »

Dimanche, Uhuru Kenyatta s’est montré inflexible, dénonçant une tentative d’« intimidation » de l’opposition et rejetant tout ajournement de l’élection. Mais à peine remis de la décision de la Haute Cour, les responsables politiques ont appris avec stupéfaction, samedi matin, le décès brutal du puissant ministre de l’intérieur, Joseph Nkaissery.


Autoritaire et respecté, cet ancien général, devenu ministre en 2014, était l’une des pièces maîtresses du dispositif de sécurité. « M. Nkaissery est arrivé à un moment très difficile, juste après l’attaque du Westgate de 2013 [67 morts] et alors que le Kenya était frappé par de nombreux attentats, rappelle Rachid Abdi, spécialiste de la Corne de l’Afrique et chercheur à l’International Crisis Group (ICG). Le fait qu’il n’y ait pas eu de nouvelle attaque de grande ampleur depuis deux ans, c’est grâce à lui. Sous son mandat, les forces de sécurité se sont professionnalisées, la coordination et les services de renseignement se sont grandement améliorés. »

« Ce décès prématuré vient aussi à un moment critique pour l’histoire du pays alors que nous approchons des élections générales », a déclaré samedi M. Kenyatta, qui a souhaité « rassurer tous les Kényans sur le fait que notre nation est en sécurité ». Dès samedi, sans attendre, le ministre de l’éducation, Fred Matiang’i, un fidèle du président, a récupéré le portefeuille.


Mais dix ans après les sanglantes violences post-électorales de 2007-2008, chacun craint de voir le Kenya sombrer à nouveau dans le chaos. « Il est de la responsabilité de tout un chacun de garantir le droit de voter en son âme et conscience, et de pouvoir le faire en sécurité », a averti, début juillet, Marietje Schaake, chef de la mission d’observation de l’Union européenne dans le pays pour le scrutin.

Kenya: neuf personnes tuées par des shebab (08.07.2017)
Par Le Figaro.fr avec AFPMis à jour le 08/07/2017 à 11:19 Publié le 08/07/2017 à 11:17

Au moins neuf personnes ont été tuées par des militants jihadistes shebab présumés dans deux villages du sud-est du Kenya proches de la frontière somalienne, ont annoncé samedi les forces de sécurité locales.

Les attaques menées, selon la police, par des shebab se sont déroulées dans les villages de Jima et Pandaguo, dans le comté de Lamu, théâtre fréquent des activités des jihadistes somaliens, affiliés à Al-Qaïda.


"Neuf personnes ont été tuées, certaines par balles, d'autres égorgées", a indiqué sous couvert d'anonymat un responsable de la police locale, en précisant que toutes les victimes étaient des civils, alors qu'habituellement les shebab visent des policiers ou des militaires.

Un haut responsable de la police nationale à Nairobi a confirmé l'incident: "c'est vrai, nous avons eu neuf morts dans l'attaque de ce matin", a indiqué l'officier sans autre détail.

En début de semaine, trois policiers avaient été tués dans l'attaque d'un poste de police à Lamu, attribuée par les autorités aux shebab.

Lors d'une intervention à la télévision à la suite du décès à l'hôpital du ministre de l'Intérieur Joseph Nkaissery, le président Uhuru Kenyatta a évoqué "un regrettable incident ce matin, que nous sommes en train d'évaluer".

En annonçant la nomination du ministre de l'Education Fred Matiangi en intérim au poste de l'Intérieur, le président Kenyatta a souligné qu'il n'y aurait pas de "vide du pouvoir concernant la sécurité" dans le pays.


Le président Kenyatta est candidat à sa propre succession lors d'un scrutin présidentiel prévu le 8 août.

« Dida », le petit candidat musulman qui se rêve président du Kenya (27.06.2017)

Dans un pays à majorité chrétienne, Mohammed Abduba Dida, d’origine somali, se présente au scrutin du 8 août comme le champion de tous les « exclus ».

Par Bruno Meyerfeld (contributeur Le Monde Afrique, Nairobi)


Affiche de campagne de Mohammed Abduba Dida, candidat musulman à la présidentielle kényanne.
La scène se déroule il y a quelques jours à peine, en plein ramadan. Il est 19 heures : l’heure de l’iftar a sonné sur Nairobi. A l’Intercontinental, hôtel chic du centre-ville, on a organisé une soirée de rupture du jeûne. Les chefs de clan somali à la barbe fournie sourient à des jeunes femmes en hijab coloré, tapent dans le dos d’hommes d’affaires en costume brillant. On rit. On blague entre deux coups de fourchette. Dans cette grande salle sans fenêtre, à la moquette couleur sable, le monde musulman kényan goûte à un entre-soi bien sucré.

Affiche de campagne de Mohammed Abduba Dida, candidat musulman à la présidentielle kényanne.

Lui, on l’a mis au premier rang. Bien en évidence. D’une main, il caresse sa barbiche. De l’autre, il salue ses amis, tendant sans restriction sa main baguée d’une pierre. Une oratrice l’interpelle depuis la tribune. « Cher candidat à la présidentielle ! » Salve d’applaudissements. Mohammed Abduba Dida n’en demandait pas tant.

Le peuple contre les élites

« Dida » est en campagne. Mais des huit challengers lancés dans la course à la State House, il est le seul musulman. Le seul aussi d’ethnie somali. Dans un pays à l’écrasante majorité chrétienne, sa candidature détonne. Il le sait. « Mais les Kényans peuvent créer la surprise, confie-t-il. Ils sont fatigués des fausses promesses. Ils veulent des gouvernants efficaces, peu importent leurs origines. »

En ce soir d’iftar, Dida savoure sa popularité en terrain connu. Mais pour le scrutin du 8 août, le « candidat musulman » se refuse à être le représentant de sa seule minorité – 11 % de la population, soit 4 à 5 millions de personnes, dont une bonne moitié de Somali. « La sécheresse, la...


Au Kenya, « les journalistes renoncent à écrire sur certains sujets de peur d’être pris pour cible » (30.05.2017)
Otsieno Namwaya, chercheur chez HRW, explique la dégradation de la liberté de la presse depuis l’accession au pouvoir, en 2013, d’Uhuru Kenyatta.

Propos recueillis par Bruno Meyerfeld (contributeur Le Monde Afrique, Nairobi)

LE MONDE Le 30.05.2017 à 09h04 • Mis à jour le 30.05.2017 à 09h45

Le président Uhuru Kenyatta lors d’un voyage en Somalie, le 22 février 2017.
Le président Uhuru Kenyatta lors d’un voyage en Somalie, le 22 février 2017.

La campagne est lancée. Dimanche 28 mai a été officiellement ouverte la campagne pour les élections générales au Kenya, prévues le 8 août : 19 millions d’électeurs sont appelés aux urnes afin de désigner leur président, leurs parlementaires, gouverneurs et représentants locaux.


L’opposant historique Raila Odinga affrontera le chef de l’Etat sortant Uhuru Kenyatta. Mais les défenseurs des droits humains sont inquiets. Deux ONG, Human Rights Watch (HRW) et ARTICLE 19, publient aujourd’hui un rapport préoccupant sur l’état de la liberté de la presse dans le pays. Intitulé « ‘Not Worth The Risk’: Threats To Free Expression Ahead of Kenya’s 2017 Elections » (« ‘Ça n’en vaut pas la peine’ : la liberté d’expression en danger à l’approche des élections de 2017 au Kenya »), ce texte d’une cinquantaine de pages détaille des cas gaves et nombreux d’intimidation, de harcèlement, d’agressions et de meurtres de journalistes commis au Kenya ces dernières années.

Basé à Nairobi, Otsieno Namwaya est chercheur auprès de HRW. Il pointe les menaces pesant sur les droits humains depuis 2013 et l’arrivée au pouvoir d’Uhuru Kenyatta.

Dans votre rapport, vous faites un constat très sombre de l’état de la liberté de la presse. Quels sont les résultats de votre enquête ?

Otsieno Namwaya A deux mois des élections, l’environnement est en effet extrêmement hostile pour les journalistes et les blogueurs kényans. Ceux qui enquêtent sur la lutte contre le terrorisme, la corruption ou la répartition des terres sont systématiquement menacés, qu’ils écrivent en anglais ou en kiswahili, qu’ils habitent en province ou à Nairobi.

Nous avons documenté des menaces de mort, des arrestations arbitraires et des tabassages en règle contre des journalistes, vraisemblablement ordonnés par les autorités publiques. Au moins deux ont été tués ces dernières années, tel John Kituyi, qui enquêtait sur les poursuites de la Cour pénale internationale [aujourd’hui abandonnées] à l’encontre du vice-président William Ruto. Il a été frappé par des hommes à moto, alors qu’il rentrait chez lui, à Eldoret [vallée du Rift], en 2015.

Nous avons aussi le cas d’une blogueuse anti-corruption de Nairobi, attaquée par un assaillant et qui a failli perdre son œil gauche. Ou le cas d’un reporter d’Eldoret, écrivant sur la répartition des terres : kidnappé, interrogé, menacé, drogué, il a été retrouvé inconscient à plus 40 km de chez lui deux jours plus tard.

Les responsables de ces violences sont-ils jugés et condamnés ?

Absolument pas. L’impunité est la règle. Aucun des cas mentionnés dans le rapport n’a fait l’objet d’une enquête sérieuse de la police. Les journalistes kényans renoncent aujourd’hui à écrire sur certains sujets de peur d’être pris pour cible.

Ainsi, dans le nord du Rift, un photographe, Denis Otieno, a été tué chez lui par des assaillants. Il était menacé après avoir pris des photos de policiers qui avaient tiré et tué sur un chauffeur de moto-taxi de la ville. La famille d’Otieno a porté plainte. Mais la police n’a interrogé personne et l’enquête n’a jamais vraiment débuté.


Quelle est la responsabilité du président Uhuru Kenyatta dans ces atteintes à la liberté de la presse ?

Elle est réelle, même si elle est partagée entre son gouvernement et les autorités locales. Le Kenya avait autrefois une presse relativement libre, surtout comparée aux régimes répressifs de la région comme l’Ethiopie ou le Rwanda. Mais, depuis le début du mandat de Kenyatta, le pays prend une direction très inquiétante. C’est un retour en arrière.

Le gouvernement actuel met une pression énorme sur les médias. Lorsqu’un sujet sensible sort dans la presse, celui-ci n’hésite pas à retirer des pages du journal la publicité publique afin de l’intimider. Et souvent, ça marche. L’autocensure se répand.

Plus généralement, sous le mandat de Kenyatta, la situation des droits humains s’est fortement détériorée avec des cas nombreux d’exactions de la police, d’assassinats extrajudiciaires, d’intimidation des ONG, rapportés notamment par HRW.


Pourtant, Kenyatta était l’un des invités d’honneur du G7 de Taormine, en Italie, et reçu par les leaders du monde entier comme un dirigeant respectable. Aujourd’hui, il est essentiel que les dirigeants étrangers mettent la pression sur Kenyatta afin qu’il garantisse le respect des droits de l’homme et d’élections transparentes.

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